Critiques de films Films américains

[Critique] The Remaining- Critique du film

La dernière fois que j’avais eu la folie de regarder un film à consonance catho traitant de l’apocalypse sous l’angle du blockbuster, c’était Left Behind avec Nicholas Cage et c’était insupportable. Et bien vous savez quoi ? The remaining abordant le même sujet finit par se planter exactement dans les mêmes recoins et termine son parcours sur la mine déconfite du spectateur. Oui, dans un cas comme dans l’autre left behind et the remaining sont des films utilisant la mythologie catholique et les thématiques qui vont avec totalement au premier degré. Nous ne sommes pas devant des films, mais des outils de propagandes au pire ou des cours de catéchismes pathétiques au mieux. Il y a un élément que les deux films négligent…celui d’être tout simplement un film. L’aspect chrétien en étant pris d’un bout à l’autre au premier degré laisse de côté quiconque n’a pas d’intérêts pour la religion et ne fait que renforcer encore plus le malaise latent en bout de course. Celui qui prend forme quand on réalise le message sous-jacent du film : si tu n’es pas catholique, croyant…tu vas crever dans les plus atroces souffrances et ta seule délivrance est d’accepter ta mort… Gros malaise de fin.

Il n’y a pas un seul moment où « The remaining » fait l’effort de développer ses personnages, de sortir des clichés ou bien juste de mettre en place quelque chose d’un tant soit peu cinématographique. Tout n’est que mise à plat de la foi absente en Dieu des personnages restant sur Terre. Le tout dans un déluge de dialogues d’une niaiserie sans failles. Surfant sur un côté found footage, le film utilise sans la moindre once de génie des codes que l’on finit par connaître par cœur. Les scènes s’enfilent, les cadavres aussi, mais l’on reste hermétiques à tout cela, pour la simple raison que dès le début, on ne s’attache pas à eux. On se moque de ce qui peut leur arriver et juste plus simplement de leur existence. Ils sont creux, désincarnés et la minceur du script ne fait rien pour leur offrir un peu d’épaisseur. On se casse les dents sur The Remaining. Mais là encore le plus gros défaut de ce film est son message de fin qui met relativement mal à l’aise de par son traitement 1er degré que rien ne vient contrebalancer. Le film ne ment pas sur la finalité des choses, il n’est pas question des autres religions ou de quoi que ce soit s’en rapprochant. Ici, il n’existe qu’une seule voie de salut : croire en Dieu. Se convertir, accepter que l’on s’est perdu en route en ne croyant pas en lui et accepter de mourir l’esprit serein… Humm, même Left Behind qui était pourtant un navet sans failles ne commettait pas l’erreur d’oublier de mettre quelques vannes et contre-pieds pour désamorcer le fond catholique insupportable. Ici ce n’est pas le cas.

Film hybride et bizarre, Left Behind se cache sous le déguisement d’un film d’horreur déjà vu 100 fois et réalisé comme un mauvais téléfilm pour faire oublier ce qu’il est. Un cours de catéchisme un poil border line utilisant les outils Hollywoodiens à dispositions pour faire passer un message clairement puant et tout sauf tolérant. Des tonnes de blockbusters ou de grands classiques du cinéma d’horreur ont su jouer sur les bases du catholicisme pour le mixer avec le cinéma et créer des mythes ( L’exorciste, La malédiction…). Ces films avaient des points communs, celui d’être justement des films avant tout. La religion était un pilier de l’histoire, mais pas la totalité de l’édifice. Au final au-delà d’être juste profondément mauvais, The Remaining est un film assez puant dans sa mise en place des choses, le tout menant vers une finalité qui ne fait encore plus qu’enfoncer dans la merde la tête du spectateur qui aura eu le malheur de se perdre dans ce marécage à idées nauséeuses qu’est The Remaining. Et n’oublions le message de ce film : Si vous n’êtes pas chrétien, vous crèverez dans les pires souffrances. Amen !

1 Comment

  • Reply
    Marc
    janvier 25, 2015 at 9:54

    Je suis totallement d’accord avec ton commentaire. Certains films américains font la promotions leur armée, celui ci fait la promotion de la religion, même plus de l’église (de sa façon d’appliquer la religion). Mis à part ce côté assez énervant du début à la fin du film, le pire reste les personnages plats, sans aucun intérêt, et même les effets spéciaux ratés qui avec les dialogues font penser à un gros nanar moderne… sans le côté marrant…

  • Leave a Reply