Critiques de films

[Critique] Red 2- Dean Parisot – Critique du film

Lorsque l’agent retraité de la CIA Franck Moses apprend la mort de son ancien collègue Marvin, il se rend à son enterrement avec sa compagne Sarah, sans se douter qu’il va au-devant de gros problèmes… Arrêté et interrogé par le FBI au sujet d’un mystérieux « Projet Nightshade », il ne doit son salut qu’à l’intervention de Marvin qui avait simulé sa mort. Ils se lancent alors dans une course poursuite à travers le monde pour découvrir le secret du « Projet Nightshade ».

Hollywood a depuis peu découvert un nouveau filon, « les vieux » ! Oui là où certains voyaient la fin d’une époque d’autres on vu le début d’une nouvelle. La porte a été magiquement enfoncée par «  The expendables » et d’autres ont pris le pas, mis le déambulateur de côté et ont fait un comeback. Red fait partie du lot et autant le premier film avait un charme désuet, autant le second continue de porter le flambeau avec un poil plus de mollesse que la moyenne. Le plaisir de retrouver aussi bien John Malkovitch, que Willis en train de faire les pitres est toujours aussi grand, mais c’est du côté de la réalisation que le bât blesse. Parfois à peine plus digne que celle d’un téléfilm, il devient du coup assez difficile de hisser le niveau plus haut que cela. On ne s’ennuie pas forcément et certaines performances sortent du lot, Byung-Hun Lee en particulier, mais le manque de folie de l’ensemble finit un peu de tuer le groove du bébé. En témoigne une course poursuite dans les rues de Paris qui rappelle les heures les plus sombres des séquences d’actions de Taxi. Mais, car il y a toujours un mais, on réussit à s’amuser un minimum. La faute à John Malkovich véritable cœur comique du film qui de par son cabotinage insensé, mais pas forcément inspiré porte à bout de bras le peu d’humour sans édulcorant restant dans le film.

Si l’on ne prend le film que sous l’angle du scénario, ce dernier sans être brillant s’avère honnête et plutôt dense. Suffisamment pour ne pas perdre de « puissance » en route, du moins en terme purement narratif. Car quand on en vient à la question de la mise en scène, le poids de l’âge commence à se faire sentir sur les rotules de ce film. Pachydermique et sans grande inspiration, Dean Parisot donne le sentiment d’être totalement en pilote automatique. Autant cela peut passer pour le casting à qui l’on pardonnera beaucoup, autant pour lui, la chose s’avère plus difficile. Du coup et même s’il demeure sympathique, le film se transforme lentement en un gigantesque objet filmique un poil inquiétant de par l’image qu’il renvoie d’Hollywood. Peu regardant sur la qualité des productions qu’elle engendre, les films nous arrivant n’ont bien souvent guère plus de consistances que la nourriture servie en fast-food. À force de dévaloriser la matière première, l’industrie du 7e art n’est-elle pas en passe de se tirer toute seule une balle dans le pied comme une grande ? C’est bien ce que l’on peut croire en voyant le film. Les acteurs en semblent eux aussi conscients, Bruce Willis en tête qui d’un film à l’autre fait désormais le minimum syndical. Fût une époque où il vendait du rêve, désormais, il pointe au pole emploi du cinéma d’action. Une occupation du 3e âge comme une autre dirons nous.

Mais au-delà de cet océan de nonchalance, il y malgré tout un moment de grâce dans ce film et ce dernier se nomme Byung-Hun Lee. Fort d’un parcours en Asie ayant fait de lui une véritable star, son export sur le monde du cinéma « occidental » n’a pour l’instant pas été rempli de succès, la plupart de ses apparitions se faisant dans des productions médiocres. Red 2 n’échappe pas à la règle et pourtant même au travers de ce produit de départ qui n’est pas du genre à le mettre vraiment en valeur, voici qu’il réussit à voler chacune des scènes où il se trouve. C’est peut-être le seul acteur qui utilise véritablement le peu d’éléments et de place que lui confère le script pour essayer de transformer le plomb en or. La mission est impossible, mais il s’en tire malgré avec les honneurs. En bout de course, sans jamais provoquer d’envie de se taper la tête contre les murs, Red 2 ne déchaine jamais non plus vraiment la passion. Un manque d’ambition un poil dommage en fin de course.

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