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[Critique] rec4- Jaume Balaguero- Critique du film

Tout commence lorsque Angela Vidal, l’unique survivante de l’infection, est évacuée du bâtiment. La situation qui semble être contrôlée, se voit pourtant secouée par l’arrivée du mal sous plusieurs formes…

Jaume Balaguero avec le premier REC avait réussi un tour de force, celui de créer un film nerveux, malsain, un vrai huit clos éprouvant pour les nerfs et malgré tout jouissif. Le 2e perdait la tension au profit d’un côté plus jeux vidéo très bourrin avant de sombrer dans une forme de comédie bâtarde avec le 3. Qu’en est-il du 4 dont je n’attendais pas forcément grande chose? Le résultat est un peu le cul entre deux chaises. Mixant en quelque sorte l’énergie du 1er et du 2 film , Rec 4 perd aussi malgré tout en surprises. Efficace, le film n’en est pas pour autant moins attendu. Si j’étais vache je dirais que c’est la meilleure adaptation d’un film de zombies qui soit par les scénaristes de la saga gaming de Resident Evil chez capcom. Cela donne une vague idée du bébé. Jaume Balaguero connaît son abécédaire du gore et de la tension sur le bout des doigts, mais là où l’immeuble et ses occupants amenaient dans le 1er film une certaine forme de réalisme renforçant l’adhésion du spectateur, il n’en est pas forcément de même ici avec ce casting de gueules faisant flirter ouvertement le film avec la grosse série B. C’est ce qu’est au final Rec 4 de Jaume Balaguero, une énorme série B qui s’assume et ne cherche pas forcément à aller plus loin.

REC4-poster

C’est du coup sa force et sa faiblesse. Sa force, car sous la direction de Jaume Balaguero, REC 4 est un divertissement en soit assez solide. On n’est pas surpris, mais il n’y a pas forcément tromperie sur la marchandise. L’ennui est que sur le fond, le film a fait un bond du côté de la production mécanique. Jaume Balaguero avec ce REC4 perd le côté viscéral que l’on avait tant aimé dans REC 1 et REC2. Ici, nous sommes plus proche d’une des nombreuses suites de Saw ou Destination finale. J’entends par là qu’il y a un cahier des charges à suivre, des scènes clés à établir et donner en pâture au public. C’est le jeu de l’automatisme, celui dans lequel certains très bons réalisateurs peuvent tomber quand ils découvrent en quelque sorte la poule aux oeufs d’or. Rec4 tombe dans cette catégorie et le risque que le spectateur se noie avec le scénario et ses rebondissements est assez fort. Mise en scène sur un budget que l’on imagine assez minime en comparaison de ce qu’aurait pu être la même production aux Etats-unis, le film n’a pas à rougir de ce qu’il offre. Mais là encore, l’aspect sous Resident Evil ibérique en énervera plus d’un. Le laboratoire sur le bateau, les trahisons et mort qui s’en suivent. Rien ne vous échappera dans le jeu des ressemblances et d’une certaine façon Jaume Balaguero s’en fout un peu. REC4 en terme de production s’aborde comme lorsque BESSON fait une suite a l’une de ses franchises. On prend les ingrédients de la formule précédente, on modifie un peu ou pas, on pioche à droite et à gauche si nécessaire, voir on s’autoplagie et l’on finit le tout sur une ouverture pour la suite en forme un peu de gros foutage de gueule.

REC4 n’est ni désagréable, ni mémorable. On passe le trajet d’un point à l’autre du film de Jaume Balaguero avec ce sentiment d’ultra puissance divine de savoir avant les héros ce qui va leur arriver. C’est particulier et laisse parfois l’impression d’être en possession du DLC gore des sims 4 sur un bateau. REC4 continue gentiment de s’enfoncer dans l’option plus roue libre qu’autre chose pris depuis le 3e film. Espérons que pour le 5 au contraire, le film reviendra vers l’énergie malsaine des deux premiers. Un divertissement passable au final, mais sans vraiment plus.

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