Critiques de films

[Critique] R.I.P.D – Robert Schwentke- Critique du film

L’ennui avec R.I.P.D est qu’avant même sa sortie le film n’avait pas la moindre chance de survivre en salles, lâché par son distributeur ne montrant pas le film à la presse, massacré par les rares l’ayant vu et sorti en salles sans fanfares, le verdict lancé aux yeux du public était limpides : navet en approche ! Et pourtant si l’on sort du jeu de la critique, il faut reconnaître que le film en soit n’est pas mauvais, que la réalisation est certes sans véritable saveur, mais qu’elle fait le job ( à défaut de mieux) idem pour le duo Reynolds/Bridges qui s’amuse. Du moins, Bridges, car Reynolds conscient d’être en mode automatique ne fait pas beaucoup d’efforts. Alors d’où vient le problème allez vous me dire ? Du scénario pour être honnête. Pompant jusqu’à la dernière goutte la recette Men In Black, le film ne cherche pas une seconde à se détacher de l’ombre un peu pesante de ce film. Version chasseur de démons, là où Smith et Jones chassaient l’UFO, le film R.I.P.D distrait, mais ne surprend pas une seule seconde et c’est du coup sur ce point qu’il creuse sa tombe. Ses prédécesseurs ayant déjà savonné la planche, tenir debout devient difficile. Pire encore quand on s’inspire d’une saga au demeurant assez médiocre, il devient vite difficile sauf miracles de faire des étincelles. Et ce n’est pas le cas ici.

L’autre point noir du film est justement l’un des plus importants à ne pas rater dans un blockbuster de ce genre : les effets spéciaux. À la vue du budget du film et du calibre des acteurs en tête d’affiche, on s’étonne du peu d’entrain mis dans la finition de ces derniers. Le mot cheap est ce qui vous reviendra le plus souvent à l’esprit. L’attachement à une certaine forme de finition des choses dans ce domaine, montre que le réalisateur peaufine son bébé ou qu’à défaut la production fait ce qu’il faut pour « sauver » les meubles. Dans le cas présent, on ne saura jamais vraiment qui avait tort et à qui l’on doigt taper sur les doigts pour la livraison de ce film. Bébé qui en soit avait tout pour offrir du divertissement mémorable. Malheureusement en prenant le choix étrange de ne jamais s’éloigner du modèle, le film se retrouve pris entre deux feux, celui de l’ennui poli et de la copie d’élève appliqué. Reynolds et Bridge sauve le film en influant dans ce dernier une dose d’humour certes potache, mais suffisante pour lui permettre en partie de garder la tête hors de l’eau. Au-delà du spectre narratif de ces deux personnages malheureusement, les autres font avec les miettes qui restent. Victime principale de la chose Kevin Bacon réussit à malgré tout en partie s’en sortir en donnant naissance à une prestation « fine » mais complètement en roue libre sur la fin. Je ne dirais rien sur son personnage, mais vu l’importance de ce dernier on s’étonne qu’une telle nonchalance s’applique à la mise en place de son arc narratif. Feignant, voici le mot définissant le mieux le niveau d’écriture du film.

Que ce soit dans la validation de la mythologie entre le paradis, l’enfer , la brigade, comme les seconds rôles ou voir même les premiers…il n’existe pas d’efforts particuliers visibles pour sauver le film de l’oubli. Pourtant pris au premier degré le film n’est pas horriblement désagréable, mais c’est quand les neurones se remettent en marche que l’on se rend compte des milliards d’emprunts que le projet fait à droite et à gauche. R.I.P.D est symptomatique d’un Hollywood qui digne d’un serpent se mordant la queue ne sait plus vraiment quoi faire et paraît s’éloigner de plus en plus de son public. Claquant l’argent par les fenêtres de façons théâtrales pour se rendre compte quelques mois plus tard de l’erreur, les studios ou du moins certains des exécutifs y travaillant sont les pires ennemis que le cinéma puisse avoir. R.I.P.D ne méritait pas de se faire tuer comme ce fut le cas, mais malheureusement 24h après la découverte et même si cette dernière n’aura pas été désagréable, je doute qu’il ne vous reste grand-chose en tête de cette aventure au pays des chasseurs de morts récalcitrant. Un point assez dommage vu que tous les éléments étaient là pour faire quelque chose d’au minimum cool. Ryan Reynolds va peut-être enfin comprendre qu’il doit arrêter les films à partir de comics…cela ne lui réussit pas du tout au Box-office…

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