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[Critique] Pyramide- Grégory Levasseur- Critique du film

Certains trésors enfouis depuis des millénaires hantent ceux qui ont osé percer leurs secrets. Mais une équipe d’archéologues américains fait une découverte sans précédent lorsqu’ils retrouvent une nouvelle pyramide au cœur du désert égyptien. Alors qu’ils déchiffrent ses terribles secrets jusqu’ici enterrés,  ils comprennent qu’ils ne sont pas simplement piégés, ils sont traqués…

Par où pouvons-nous commencer pour parler de Pyramide de Grégory Levasseur. Humm peut être par le début…en appuyant sur le fait que Pyramide est un des films d’horreur les plus ridicules et paresseux prêt à envahir les écrans pour ce début d’année. Pyramide dresse un nouveau standard dans la fainéantise en matière de réalisation et surtout d’écriture. D’un côté comme de l’autre, on n’a du début à la fin l’impression que personne n’a la moindre volonté de faire un produit de qualité. Pyramide est mou, mal filmé, mal écrit et surtout au final terriblement générique. Oui, générique dans le sens que l’on se retrouve dans une configuration digne du cinéma d’horreur d’il y a 15/20 ans et provenant des vidéos-clubs. Ce genre de films où les personnages sont creux, vide de sens, et surtout sont capables de redevenir presque normal 15 secondes après que l’un d’entre eux se soit fait démembrer sous leurs yeux. Pyramide empile les clichés à tous les étages. Le tout avec une régularité absolument désarmante. Du coup on regarde la chose sans la moindre passion et l’on sursaute devant les rares cheaps scares présents dans le film. Pas à cause du fait qu’elles soient efficaces, non juste pour la simple raison qu’elles ont pour effet de nous tirer de notre profond sommeil.

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Faire un film avec comme base de départ l’exploration d’une pyramide et de la mythologie égyptienne n’est pas une mauvaise idée. Loin de là. Cela marche en littérature, voir même dans des séries tv ou encore dans le domaine du gaming avec Lara Croft. Du moment que l’on y met un peu d’attention, je ne vois pas où l’édifice pourrait s’écrouler…enfin ce genre de réalisme basique n’a visiblement pas effleurer l’esprit du binôme d’Alexandre Aja. Là où ce dernier compense ses carences narratives par un sens de la réalisation pas mauvais, Grégory Levasseur ne possède malheureusement pas une seule de ses qualités. C’est du moins ce qu’il démontre avec Pyramide. A t-il été la victime d’un cahier des charges pesant ou était-il juste en roue libre? Le mystère reste entier et le résultat consternant. Un huit-clos est un truc très casse gueule à accomplir, cela demande d’avoir des personnages forts sur lequel l’histoire va reposer et la tension se créer. Ici dès le départ, la distribution des cartes plombe l’ambiance, le nombre de protagonistes est réduit. L’approfondissement de leur histoire est minimaliste voir inexistante, ce sont des archétypes basiques remplissant les cases, l’hystérique, le comique, la fille a papa aventuriere qui veut faire ses preuves, le père qui veut protéger sa fille et le boyfriend un peu con. Cela n’ira jamais plus loin. Ils ne sont pas là pour que l’on s’intéresse à eux…ils sont là pour crever. Pyramide en devient du coup presque un snuff. On assiste à la lente agonie de personnages prise au piège d’un scénario dont quoi qu’il arrive ils ne réchapperont pas. Vu que tout le monde se fout d’eux.

Et après nous avoir mis dans les dents comme beaucoup d’autres avant lui, une première demi-heure qui ne sert à rien, pose l’ambiance, jette des fausses pistes, Pyramide tente de rentrer dans le vif du sujet. En se rendant compte une fois de plus qu’il ne sait pas forcément où il va et qu’il n’a pas non plus les moyens de ses ambitions. La pyramide était soi-disant gigantesque, mais les survivants en touche le fond en moins de 20 minutes. Et quand je dis touche le fond, le spectateur le titille du doigt avec eux. Pourquoi? Car lorsque l’on découvre que ladite pyramide est encore habitée par quelque chose et que l’on découvre la nature de ce pensionnaire, le désespoir nous prend à la gorge. Ou la fatigue cela dépend. Après avoir vaguement balancé des théories sur les extraterrestres, le film revient à sa mythologie de base et nous offre un grand méchant qui n’est autre…qu’un dieu égyptien: OSIRIS, flanqué de sa meute de chats/sphynxs tueurs. Oui, je vous entends vous taper la tête contre les murs. J’ai fait pareil. Mais ce n’est rien en comparaison de ce que le film vous réserve quand la fin arrive. Après avoir été victimes d’attaques à répétition par les chats d’Osiris, les survivants se retrouvent face à ce dernier. Je ne sais pas si beaucoup d’entre vous ont joué à Tomb Raider à l’époque du 1. Vous voyez comment les monstres étaient moches. Et bien prenez cela. Mettez-le dans un coin de votre tête, faites un mix niveau style avec du cadrage a la paranormale activity, grave digger et autres. Faites revenir, enlever 25% de beauté. Faites finir le rendu du tout par une société de SFX en Afghanistan et paf, vous avez le dernier acte du film. Mais si ce n’est pas assez pour vous n’ayez crainte, le réalisateur comme le scénariste de Pyramide rajoute tout ce qu’il faut de clichés pour rendre l’ensemble encore plus lourd.
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La vérité est que l’on pourrait passer des heures à définir et décrire l’immensité des défauts de Pyramide, mais je ne suis pas certain que l’on en verrait le fond. Pyramide n’a jamais eu l’intention d’être un bon film. Ni même d’être un film d’ailleurs. C’est au mieux, un galop d’essai pour Grégory Levasseur résultant dans un truc sans saveur ni consistance et au pire, c’est une sombre daube poussive et définitivement inintéressante. Il n’y a strictement rien à sauver dans ce film. Pas l’ombre d’un grain de sable. A fuir.

2 Comments

  • Reply
    Le réseau
    avril 14, 2015 at 10:56

    Petite erreur, c’est Anubis la bestiole finale (ou du moins ce que Levasseur essaye de nous faire avaler). L’on parle bien d’Osiris pendant toute la péloche mais ce n’est pas lui le bad guy.
    Ceci n’est absolument pas grave puisque le film se plante également niveau mythologie: Anubis est fusionné avec la « dévoreuse » ce n’est pas le cas dans le mythe où le dieu cynocéphale n’est qu’un des juges de l’âme, responsable de la pesée du coeur.

    • Reply
      Chandleyr
      avril 15, 2015 at 2:07

      @le réseau: je dormais à moitié…le scénario aura eu raison de mon audition.

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