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[Critique] The Purge Anarchy- Critique du film

Leo, un homme sombre et énigmatique, brigadier de police, est hanté par la disparition de son fils. S’armant d’un arsenal offensif et défensif, cet homme possédé est résolu à se purger de ses démons. Eva, une mère célibataire tentant tant bien que mal de joindre les deux bouts, et sa fille adolescente Cali vivent dans un quartier défavorisé et n’ont pas les moyens de s’offrir une bonne protection. Quand une poignée de «purgeurs» masqués pénètrent chez elles et les capturent, elles n’ont d’autre choix que de s’en remettre à leur libérateur fortuit, Leo. Au détriment de sa mission de vengeance «autorisée» contre celui qui a porté préjudice à sa famille, Leo, témoin de l’enlèvement d’Eva et Cali, ouvre le feu sur leurs agresseurs alors que Shane et Liz, un couple sur le point de se séparer, sont les victimes d’un acte de sabotage sur leur voiture à quelques minutes seulement du début de la Purge. Trouvant refuge dans le véhicule blindé que Leo a laissé ouvert pour porter secours à Eva et Cali, Shane et Liz s’allient alors à eux pour tenter de se défendre contre ceux qui ont la ferme intention d’exercer leur droit à la tuerie. Alors que ces cinq nouveaux alliés sont poursuivis à travers la ville, dans un sinistre jeu de «tue-moi ou je te tue» effaçant la frontière entre vengeance sponsorisée et justice humaine, tous sont amenés à remettre en question tout ce que leurs dirigeants leur ont toujours prôné.

The purge Anarchy partait de loin, après un premier volet certes orné d’un succès surprise en salle, mais loin de faire l’unanimité critique. Flirtant allègrement avec la dénonciation de la prolifération des armes et des excès que cela amène chez l’oncle Sam, ce second volet se veut dénonciateur. C’est peut-être son problème d’ailleurs. Nanti d’un budget assez faible, le film ne réussit jamais à avoir les moyens de ses ambitions. Sans pour autant être désagréable ni foncièrement raté, il met en place ou du moins étend les limites du 1er au-delà de ce que l’on attendait. Une attention louable qui malheureusement entraîne quelques frustrations sur la route. On nous promet la guerre, une ville à feu et à sang et celle que finit par traverser le groupe de victimes potentielles est dramatiquement déserte. On ne sent pas forcément la notion de peur planant sur eux et cela amoindrit l’impact de certaines scènes. Au final, la chose devient assez convenue et le scénario ne fait pas forcément grand-chose pour sauver la donne.

Frank Grillo en militaire vengeur, mais malgré tout humain, porte le film à bout de bras. Le reste du casting à peu de choses à dire ou faire, mais même si ce n’était pas le cas, aucun ne lui arrive à la cheville. Il est l’archétype du vengeur qui fait parler les flingues à défaut d’autres choses,mais même au milieu de ces passages convenus, on en vient à se dire que l’on voudrait en voir plus. En savoir plus sur lui. Le voir se faire offrir la chance d’une surcouche de développement, mais il n’en sera rien. Ce sentiment d’ailleurs persiste sur tout le film. Les idées qui se placent devant nos yeux, qu’elles soient relatives a la thématique des armes, gouvernements…ou les personnages secondaires, ne vont jamais plus loin que l’état d’embryon. Cela donne au film au final ce sentiment perpétuel d’inachevé. On regarde la chose avec peu d’ennui, mais pas forcément la moindre once de passion. Ce qui est d’autant plus dommage vu la dynamique du film. The Purge Anarchy est un film de survie. Un style à part qui a minima demande que le spectateur ressente de l’empathie pour les personnages en face de lui. Est-ce le cas avec ce groupe ? Non et c’est là que The Purge Anarchy du coup voit son potentiel s’effondrer en plein vol…presque au démarrage d’ailleurs.

Le savoir-faire mise en place dans la production économique et la réalisation ne suit pas en terme de narration. Les thématiques dites sérieuses du film sont un voile de fumée jouant la carte du côté anticipation. Voilà ce que pourrait donner l’Amérique du futur…l’intention est louable et d’autres ont créer des chefs-d’œuvre sur une vision personnelle des dérives du système économique et politique d’un pays. Mais soit cela a pris la forme d’un roman ou d’un film à gros budget. The Purge Anarchy essaye d’être ambitieux sans pour autant ne jamais y réussir. C’est en bout de course éminemment frustrant. Sans Frank Grillo en badass de service, je pense qu’à la différence des gens du film n’importe qui aurait un mal de chien à se souvenir de la date de The Purge Anarchy. Un direct to dvd distrayant et carré, mais sans âmes ni passion.

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