Critiques de films

[Critique] Playing for Keeps- Gabriele Muccino – Critique du film

La carrière de Gabriele Muccino est pour le moins géographiquement instable, passant d’un pays à l’autre ( Italie, États-Unis…) pour réaliser des films à petites et grandes envergures, voici qu’après avoir fait deux succès avec Will Smith, il s’engage dans le domaine de la comédie plus légère, du moins en apparence, car dans le fond, même si la forme change, le cœur reste le même. Sous ses allures de films un peu trop à l’américaine « Playing for keeps » prend le meilleur de chaque pays pour au final réussir à arriver à créer une certaine alchimie entre les deux continents. « Playing for keeps » de par sa structure et sa façon de mettre en place les différents personnages de son histoire garde un adn typiquement italien. La famille se révélant comme dans bon nombre de comédies à l’italienne, le moteur des agissements du héros. Ce qui le motive à changer de pays pour devenir un père et se battre principalement contre lui-même pour redevenir accessoirement aussi un mari. Enveloppé dans les draps d’une comédie familiale US, le film de Gabriele Muccino prend son temps pour pervertir le système en y injectant un recul salvateur sur son personnage principal et toute la faune assez hétéroclite qui l’entoure. Étant à la recherche d’un bonheur perdu, le personnage de Gerard Butler touche du doigt celui des autres ou partage son manque avec d’autres personnes éprouvant les mêmes carences. Mais là où d’autres réalisateurs auraient pu jouer la carte du pathos ou du misérabilisme dans la déchéance d’une vieille star, ce n’est jamais le cas. Tant mieux d’ailleurs, car en bout de course, c’est l’énergie positive de ce petit film qui s’en retrouve renforcée.

Prenant comme point de départ la carrière en mode étoile filante d’une ancienne gloire du football européen et son envie de réussir désormais sa vie de famille, le réalisateur dresse à différents niveaux une galerie de portraits humains au final aussi touchants que drôles. Que ce soit au travers de Gerard Butler et Jessica Biel dans les rôles principaux, ou Dennis Quaid, Uma Thurman et Catherine Zeta Jones dans les seconds rôles de luxes, le film réussit à jouer habilement des attentes du public. Oui la forme est identique, mais le fond affiche une certaine forme de bienveillance qui bien souvent manque dans ce genre de productions chez l’oncle Sam. Mis en avant dans un rôle ne nécessitant pas forcément l’utilisation de ses gros bras, mais plus de sa tête, Gerard Butler montre une fois de plus qu’il est un touche-à-tout assez génial. Son duo avec Jessica Biel dans le rôle de ce couple qui malgré le temps et la séparation a du mal à s’avouer qu’ils s’aiment encore est le fil rouge de l’histoire. Comment regagner la femme de sa vie en lui montrant que l’on a changé . Plus en retrait, Jessica Biel ne manque pourtant pas d’imprimer une certaine forme d’émotions simple, mais efficace à son personnage. Sans jamais chercher à forcer le trait, on en vient à la prendre complètement et sans réserve au sérieux dans ce portrait de femmes au foyer hésitant sur la forme à donner à la suite de sa vie et voir même simplement son couple. C’est du coup au travers de la relation de ces deux personnages et tout ce qui gravite dans leur sillage que Muccino réussit à importer son modèle de comédie à l’italienne pour l’adapter tant bien que mal à la sauce de l’oncle Sam.

Cela ne marche pas toujours, mais c’est intéressant de voir un cinéaste qui prend la décision de contourner le problème de la commande et de garder une part de son univers, plutôt que d’agir en « Yes Man » de la production. Le genre de réalisateur que l’on voit malheureusement parfois trop souvent. En bout de course, le film n’évite pas quelques défauts dans sa narration et passage obligé atténuant l’inévitable potentiel de surprise. Mais de par son casting et la certaine forme de finesse que Muccino réussit à garder du début à la fin, « Playing for keeps » réussit à passer au-delà de la somme de ces petits défauts pour que l’on n’en garde que le meilleur. Un divertissement très agréable, qui ne fera pas forcément date, mais qui réussit à remplir son contrat de façon très agréable.

No Comments

Leave a Reply