Critiques de films

[Critique] Percy Jackson: La mer des monstres – Critique du film

Percy Jackson ne sent pas vraiment l’âme d’un héros. Même s’il a déjà sauvé le monde, ce demi-dieu se demande si ce n’était pas tout simplement un coup de bol extraordinaire. Lorsqu’il découvre que son demi-frère est un monstre, il commence même à penser qu’être le fils de Poséidon est peut-être une malédiction. Mais il ne va pas avoir le temps de méditer sur le sujet car la barrière de protection divine qui protège le Camp des Sang-Mêlé est attaqué par une horde de monstres mythologiques, menaçant de détruire le sanctuaire des demi-dieux. Pour sauver leur seul refuge, Percy et sa bande doivent se lancer à la recherche de la légendaire Toison d’Or. Leur périple va les conduire dans une odyssée à hauts risques sur les eaux inexplorées et mortelles de la Mer des Monstres, plus connue des humains sous le nom de Triangle des Bermudes. Ils devront faire face à d’incroyables créatures fantastiques : d’un taureau mécanique cracheur de feu, à des créatures des mers terrifiantes, en passant par des cyclopes géants. Et même d’autres demi-dieux à la loyauté douteuse… Les enjeux sont plus importants que jamais : si Percy échoue, le Camp des Sang-Mêlé disparaîtra à jamais et l’Olympe s’effondrera.

Difficile quand on boxe dans la catégorie des adaptations de romans dit « Young Adult » de passer après le mastodonte Harry Potter. Le livre a ouvert la voie et les yeux du grand public sur ce domaine. Depuis bon nombre ont suivi et truste les ventes. Dans le peloton, la saga de « Percy Jackson » tient une bonne place. Quel est le point commun avec Harry Potter ? Le camp de vacances dirons nous et certaines mises en place des personnages. En même temps sur beaucoup de points, Harry Potter en terme narratif n’était pas révolutionnaire non plus, le premier film de la saga Percy Jackson « souffrait » en quelque sorte de ce problème. Il ne cherchait pas à réinventer la roue, juste à être efficace et c’est exactement ce qui se passe à nouveau avec le second film. Ne perdant pas de temps à trop revenir sur les bases d’un univers déjà mise en place dans le premier film, ce nouvelle épisode fait dans le divertissement classique du début à la fin. Les aventures qui se retrouvent offertes au spectateurs dans ce genre de films sont toujours assez simples : offrir du divertissement, des épreuves en cours de routes, teaser sur l’étendue encore invisible de la mythologie de l’univers à venir et donner envie de voir la suite. Percy Jackson et la mer des monstres suit la règle à la lettre.

Étrangement détruit par la critique, le film ne va en effet pas marquer les esprits pendant des semaines, ni des mois, mais dans un océan de sortie de blockbusters souvent fadasse, ce 2e volet de la saga Jackson d’une certaine façon se montre plus synthétique et moins fumeux que l’adaptation d’Harry Potter en film. La saga du sorcier avait eu le défaut de couper dans le gras de façon un peu chaotique entre le livre et le film, l’adaptation de Numéro 4 avait eu le même problème en pire…Ici la chose n’a certes pas forcément plus de consistances qu’un téléfilm ou épisode spécial d’une série Tv, mais les bases sont là et une certaine forme de continuité assez cohérente se met en place avec le premier volet version cinéma ( tout comme Potter l’adaptation n’est rien d’autre qu’une variation de l’histoire du livre…pour le meilleur et pour le pire). Le film du coup prend alors la forme d’une sorte de plaisir coupable ou l’on se prend à suivre la joyeuse troupe de demi-dieux au travers de périples sympathiques dans certains cas et plus cliché dans d’autres. La faiblesse du film est que tous les éléments sont présents et les grandes séquences aussi, la chose qui manque est un certain approfondissement dans ce qui va relier ses scènes. La mythologie est certes mise en place, mais le côté speed de la chose dans plus d’un cas laisse un goût d’inachevé face au produit final. Porté par un casting toujours aussi sympathique et un Logan Lerman qui semble condamné pour l’éternité à avoir la tête d’un enfant de douze ans, l’histoire se déroule devant nos yeux sans vraiment causer de troubles du cerveau pendant le visionnage. Produit calibré pour délivrer un plaisir rapide, le film remplit parfaitement sa tâche sur ce point.

Maintenant la question est de voir si les choix narratifs mis en place et la façon de dérouler la mythologie de l’univers Percy Jackson de façon aussi lente ( sur deux films) va vraiment payer. Le twist de fin du film ouvre la porte sur le vrai spectacle à venir et le véritable potentiel de l’histoire. Reste à savoir si les résultats au box-office permettront à la saga d’avoir les reins assez solides pour survivre jusqu’à la fin de son cycle d’adaptation. La base de fan hardcore d’Harry Potter rendait le travail simple pour les équipes marketings de Warner. La Fox en héritant d’une franchise avec une force de frappe un peu moindre arrivera-t-elle au bout de ses ambitions ? Ce 2e volet n’étant qu’un gentil teasing pour la suite, ni incroyable, ni honteux on se dit que si la Fox ne montre pas plus les crocs sur une éventuelle suite, la découverte de la suite de la saga risque bel et bien de se faire en livre et non pas sur grand écran. Ce 2e volet n’en reste pas moins sympathique.

No Comments

Leave a Reply