Critiques de films

[Critique] Pauline Détective- Marc Fitoussi- Critique du film

Plaquée par son petit ami, Pauline se laisse entraîner par sa sœur dans un palace de la riviera italienne. Au lieu de savourer les joies du farniente, elle se persuade qu’un crime a été commis dans l’hôtel et s’improvise détective, embarquant dans ses investigations un séduisant maître-nageur…

Pauline Détective est un film profondément étrange et décalé. Une sorte d’expérimentation un peu bâtarde qui amuse autant qu’elle déstabilise. Imaginer un instant que vous viviez en live l’adaptation d’un des romans de la bibliothèque rose, du club des cinq ou autres en live de nos jours. Le tout mis en scène avec la même naïveté et un certain décalage assez violent par rapport au standard du genre que l’on peut attendre de ce genre de films. Car oui, il s’agit bel et bien d’une comédie, d’une enquête policière et accessoirement un peu d’une romance, mais les trois éléments annoncés plus haut s’enchaînent de façons tellement anachroniques, qu’il est parfois difficile de s’y retrouver. On s’amuse et l’on rit du second degré ambiant qui règne dans l’ensemble du film, mais au fond on ne peut s’empêcher de garder dans un coin de sa tête, cette petite voix qui vous hurle que l’ensemble est malgré tout un énorme et joyeux bordel. Si l’on voulait définir rapidement la chose, on pourrait presque dire que Pauline détective est un peu une version tv novella de l’univers d’Agatha Christie fait pour des petites filles. C’est un postulat de départ assez étrange dans lequel s’enferme Marc Fitoussi et chose encore plus drôle, il réussit dans l’ensemble à plutôt bien s’en sortir. Pas toujours, mais cela reste agréable si l’on n’est pas trop pointilleux.

Je ne dis pas cela de façon négative ou pédante, juste qu’effectivement à force de passer d’un style à l’autre sans cesse le fikm se perd quelque peu en route par moments. L’enquête policière se retrouvant bien souvent reléguée au rang d’anecdotes pour que le film puisse se perdre dans les parfois trop longs jeux amoureux de Pauline avec le beau maitre nageur. Le jeu du chat et de la souris que les deux personnages entretiennent est certes amusant, mais l’on ne peut s’empêcher de le trouver effectivement diablement trop synthétique par moment. Chose qui malgré le très sympathique casting Audrey Lamy et Sandrine Kiberlain en tête, donne parfois l’impression de faire du surplace. On s’amuse du décalage et l’on rit de bon coeur face à l’énergie que les comédiennes mettent à faire vivre leurs personnages le tout dans des situations toutes plus décalées les unes que les autres, mais parfois on ne peut retenir un petit moment de lassitude ou retour de flamme de la logique qui nous dit que l’ensemble est mal structuré et que cela finit par nuire à l’énergie folle que le casting met pour faire vivre cette histoire totalement loufoque. C’est peut-être là d’ailleurs que réside la véritable fausse bonne idée du film. La finition est agréable, mais très vite le concept montre ses limites et plusieurs fois le film se heurte à une sorte de point mort narratif dont l’histoire a du mal à s’extraire pour repartir à nouveau.

Pourtant, il faut reconnaître qu’au jeu du second degré Sandrine Kiberlain s’en sort à merveille. Elle s’amuse à fond à en faire d’une certaine façon des caisses et l’on voit que le réalisateur prend plaisir à la filmer. D’ailleurs, le film en lui-même n’apparaît en final que comme un gigantesque écrin destiné à mettre en valeur Kiberlain aux yeux des spectateurs. Fasciné par son actrice , Marc fitoussi en oublie parfois l’essentiel à savoir peaufiner son script. De beaux plans en moments de rigolades nourris d’absurdes, le film passe un peu à côté de son potentiel en bout de course. Là où au final, il n’est qu’un honnête divertissement. Certes ce n’est déjà pas si mal, mais un peu rageant de voir un film ne pas aller au bout de son concept. Divertissant donc, mais pas forcément mémorable.

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