Critiques de films

[Critique] Parker- Taylor Hackford- Critique du film

Parker est le plus audacieux et le plus redoutable des cambrioleurs. Spécialiste des casses réputés impossibles, il exige de ses partenaires une loyauté absolue et le respect scrupuleux du plan. Alors qu’une opération vient de mal tourner à cause d’une négligence, Parker décide qu’il ne travaillera plus jamais pour Melander et son gang. Mais le caïd n’accepte pas l’affront et ses hommes laissent Parker pour mort.Bien décidé à se venger, Parker remonte la piste du gang jusqu’à Palm Beach. Se faisant passer pour un riche Texan à la recherche d’une luxueuse propriété, il rencontre la séduisante Leslie, un agent immobilier qui connaît les moindres recoins de l’île. Avec l’aide de la jeune femme, Parker découvre que le gang projette de rafler 50 millions de dollars de bijoux. Il monte alors un plan pour s’en emparer. C’est le début d’une opération dont Parker n’avait prévu ni l’ampleur, ni les conséquences…

Avec les années la carrière de Jason Statham a pris une tournure particulière. Difficile en effet de le dissocier de la masse parfois énorme de films où malheureusement il joue le gros bras. Un statut qui bien souvent sans l’appui d’un scénario un tant soit peu malin le réduit à devenir avec le temps une caricature de lui-même. Puis parfois avec le temps et au milieu des vagues, Statham réussit à surprendre. Est-ce que « Parker » est un chef-d’œuvre d’originalité ? Non, mais ce qu’il perd dans cette case, il le compense dans une efficacité diabolique. Polar à l’ancienne, ce Parker est tout ce que le Payback de Mel Gibson n’a jamais réussi à être complètement. Sans véritables concessions dans la noirceur du héros et de ce qu’il véhicule, le film réussit pourtant au milieu d’une jungle assez conséquente de personnages pour le moins détestable, à rendre cet assassin pour le moins cordial. C’est la grande force de Statham qui ici trouve enfin un rôle lui permettant de jouer aussi bien des muscles que de son charme. Le savant mélange des deux offre une balance assez intéressante. Le personnage ainsi que le scénario du film y récupérant du coup une stabilité salvatrice pour l’ensemble du film.

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Là où beaucoup de films montrent des histoires n’ayant à offrir que des personnages de gangsters sans moral, Parker dénote au milieu de cette foule. Construit sur un modèle à l’ancienne, son personnage n’a d’une certaine façon plus vraiment sa place dans ce monde de criminels aux méthodes bien moins propres que les siennes. Taylor Hackford tout comme Statham s’amuse énormément à jouer des codes et attentes du public face à son histoire et personnages. Usant et abusant de certains lieux communs, il réussit pourtant et bien souvent sans mal à dresser un film certes moderne sur le fond, mais dont le côté revival de gangsters a l’honneur en plomb manque au cinéma actuel. Statham en se fondant à merveille dans le rôle de Parker n’oublie jamais de faire jouer les muscles ( la nature du film veut cela ), mais en héritant aussi de ce roi de la cambriole, il gagne au passage un personnage pouvant évoluer sans pour autant se noyer dans les clichés ou les idées reçues à son égard. À la fois drôle, flippant et d’une sauvagerie sans pareil quand il faut, ce Parker dénote dans un paysage trop sage ou parfois trop rugueux sans vraie raison. Véhiculant aussi une approche de la violence « différente » au travers de son personnage, le réalisateur hérite d’une bête sauvage qu’il transforme en loup dont les dents sont devenues rétractables pour mieux cacher sa véritable nature et accroître son sourire.

Misant tout sur l’esprit aussi hardcore que rétro qui anime la série de livres avec Parker dont le film s’inspire, le métrage de Taylor Hackford sans pour autant révolutionner la roue réussit à offrir à Statham l’un de ses rôles les plus sympathiques depuis un bail. La connivence naturelle qui s’établit entre lui et Jennifer Lopez permet de mettre en place la dose d’émotion/rires offrant au film les respirations si nécessaires entre les éclats de violence. Bien moins poseur qu’un « Payback » avec Mel Gibson, il y a quelques années, ce « Parker » réussit a divertir avec un style certes a l’ancienne, mais ce n’est pas parce que ce dernier a des kilomètres au compteur qu’il s’en retrouve pour autant daté. Classique et efficace, le film de Taylor Hackford réussit même l’exploit de rendre Jennifer Lopez a nouveau crédible en actrice ( chose de plus en plus rare…) Une bonne et sympathique surprise.

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