Critiques de films

[Critique] Paperman- Disney- Critique du court-métrage

Paperman fait partie des productions que je voulais voir depuis longtemps. L’occasion s’était présentée à moi, il y a quelques mois, mais du fait d’un contretemps un peu couillon, je n’avais pas vu le film. Voilà désormais la chose réparée et en toute sincérité je ne sais pas trop par où commencer pour dire tout l’amour que j’ai pour ce court-métrage. Le format en lui-même est un casse-tête qui oblige à aller à l’essentiel sans se perdre en route. Être concis et faire preuve de retenue pour mieux toucher en plein cœur le public. Sur ce domaine en particulier et tant d’autres d’ailleurs, ce film réussit à merveille à émouvoir, et ce, en mettant en avant la chose la plus simple, jolie et romantique qui soit. Une rencontre, un homme et une femme et pas de paroles, juste un gros coup de pouce du destin et un peu de magie. Il n’en faut parfois pas plus pour que l’on se laisse emporter. Fait en fausse 2d, le film réussit à impressionner de par son style si particulier au niveau du rendu et surtout de par l’émotion qu’il dégage en si peu de temps. Le destin de cette œuvre est bizarre, car là où certains n’y verront qu’une simple démonstration d’un concept pouvant aboutir à un film, d’autres, conquis par la puissance simple et parfois renversante qui s’en dégage, le mettront en parallèle avec certaines productions de Disney récente. Un cas de figure aboutissant à se demander pourquoi et surtout comment Disney n’a pas permis à ses équipes de partir en mode long métrage sur des terrains de ce style.

Car c’est aussi le fait que Paperman navigue à contre-courant de la production actuelle qui fait sa force. C’est à la fois universel dans son cœur et profondément indépendant dans sa forme. Pas de paroles, une histoire reposant quasi intégralement sur son impact visuel et le romantisme désuet de la situation qu’ils « affrontent ». Cette première pierre d’une romance naissante un peu aidée par le destin permet au réalisateur de pervertir les attentes du public emmenant le récit par l’apport d’une petite touche fantastique vers un lyrisme aussi éclatant que parfaitement maîtrisé. Le final en bénéficie à tous les étages et capitalise sur cette force pour rendre le choc du spectateur vers la région du cœur encore plus grand. John Kahrs vétéran de l’animation offre au Studio Disney ce qui est tout simplement la plus belle pièce que les dirigeants pouvaient espérer d’avoir dans le domaine du court métrage. Pour les Oscars de cette année, il y a de grandes chances que « La Luna » et « Paperman » soient en affrontement direct. Autant j’aime la poésie qui se dégage de la Luna, mais rien n’y fera quand on en vient au jeu des comparaisons, que ce soit en terme de mise en scène, d’émotions et de juste tout, Paperman se place à des années lumières de ce que j’ai pu voir. Une monstrueuse réussite et un magnifique petit film qui a tout d’un grand. Perle rare !

Le réalisateur John Kahrs au travers de ces deux petites vidéos en dit plus sur le processus de création du film.

Pour ceux qui comme moi aime en savoir plus sur les coulisses des films voici un court voyage sans son dans les entrailles du film. Oui c’est très technique et cela ne parlera pas à tout, ce sera même considéré comme un Spoiler par d’autres, mais voici que sous vos petits yeux se dévoileront les secrets de fabrications d’un des plus beaux court-métrage que j’ai vu. Enjoy !

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