Critiques de films

[Critique] Pacific Rim- Guillermo Del Toro- Critique du film

Pacific Rim est un film qui prend au pied de la lettre l’expression « se faire plaisir ». Est-ce que le film a des problèmes de scénarios ? En partie oui et non…son véritable défaut au final étant de rester il est vrai très formulaique. Oui le film pose beaucoup de choses, fait des raccourcis et ne développe pas forcément suffisamment certains points, mais quand les Jaegers entrent en action on se rend compte que la démarche narrative de Del Toro et son scénariste paye. Car la débâcle humaine qui est dépeinte dans le film est presque sans appel, au simple niveau d’humain, ces derniers ne peuvent rien contre l’apocalypse qui se dresse devant eux et c’est une fois que les Jaegers ouvrent leurs entrailles a ces « insectes » que nous sommes que le film reprend presque un sens. Avec de grands pouvoirs viennent de grandes responsabilités. C’est au travers de cette armure enfermant en son sein les reliquats d’une humanité à la dérive que cette dernière va trouver la voie pour se reconstruire. Une route se traçant dans l’abnégation, le sacrifice et le courage. La Sainte Trinité des émotions basiques que Del Toro utilise à bon escient mixé avec sa lettre ouverte d’amour au cinéma de genre d’antan et de monstres japonais. J’imagine avec délice les sueurs froides de tous ceux voulant passer après lui dans le domaine. Aussi bien en termes de monstres que de robots. Il y a plus de vie dans chacun des Jaeger et Kaiju que dans beaucoup de leurs congénères peuplant la jungle hollywoodienne.

Doté d’un bestiaire aussi inventif que purement merveilleux et sauvage une fois à l’écran, Pacific Rim offre à Del Toro l’occasion en or de pousser dans ses derniers retranchements la technique. Que ce soit au niveau de la conversion 3D qui se marie à merveille aux différentes ambiances du film. Tout comme celle d’Avatar, elle sait se faire oublier sur l’aspect 3D en carton pour très vite agir plutôt sur une certaine forme d’inconscient. La beauté et la finesse des décors s’en trouvent renforcer et l’expérience du spectateur par ricochet. Bel exemple de conversion intelligente ne sortant pas le spectateur du cœur même de l’histoire. Del Toro en faisant cette histoire et par extensions ce film prend le parti de parler à l’enfant qui est en nous, et ce, quel que soit l’âge. Mais sa volonté de se faire plaisir n’est pas à sens unique, l’idée qui l’anime est de toucher du doigt ses rêves et fantasmes pour mieux les faire partager et découvrir a ceux qui découvrent son film et dieu sait que dans le domaine, Pacific Rim remplit son contrat et bien plus. C’est simple, le film est clairement ce que j’ai vu de plus hallucinant en terme de mise en scène d’audaces et de plaisir communicatif qui se propage de l’écran vers le spectateur. La base pour un cinéaste est d’utiliser son imaginaire comme terrain de croissance pour celui des spectateurs. Observateur et à la fois acteur aussi de cette évolution, il pose des jalons dans la tête des gens. Étant jeune, j’ai grandi sous la houlette de Spielberg, Fincher, Jeunet, Lucas…des créateurs capable de marquer au fer rouge l’esprit de celui qui découvre pour la première fois l’œuvre de Del Toro.

Le cœur du film au-delà des éléments que j’ai dit plus haut et constituant le passage presque obligé narratif reste les Kaijus ( monstres en japonais) et les Jaegers. Deux choses indéfinissables qui à l’époque des premiers films de Kaijus au Japon avaient un charme kitsch désuet. Tout comme ce que faisaient les grands pontes du cinéma dit à effets spéciaux avant l’ère du numérique, Del Toro jongle entre les apports des nouvelles technologies et son imagination débordante pour créer de l’émotion, le terme est en voie de disparition aujourd’hui dans les gros blockbusters et c’est pour cela que la chose est aussi plaisante à vivre dans ce film. Que ce soit tout simplement au travers du personnage de Gipsy Danger ( le Jaeger principal, véritable outsider sur qui plus personne ne pariait) ou des monstres dont le design rend un hommage malin a ceux de l’époque où il y avait encore un humain glissé dans un costume, l’intégralité du film de Del Toro tend vers une seule et unique chose, en mettre plein la vue, faire que l’imaginaire du public en sorte décuplé tout comme le plaisir basique et enfantin que l’on aura pris pendant plus de deux heures à voir des grands robots qui ont une âme. Michael Bay, je t’aime d’amour fou, mais sincèrement après ce film va falloir sortir les bouchées doubles en terme de qualité pour arriver à la cheville de Guillermo Del Toro avec ton Transformers 4. Bonne chance. En attendant, Guillermo Del Toro continue la course en tête. Chapeau bas l’artiste.

You Might Also Like

4 Comments

  • Reply
    Fabian
    juillet 12, 2013 at 11:28

    Du très bon, j ose espérer autant de plaisir à voir ce film que tu en as eu.

    • Reply
      admin
      juillet 12, 2013 at 11:38

      @fabian: perso j’ai eu un plaisir de gosse absolument monstrueux en voyant ce film. Et cela faisait longtemps que je n’avais plus ressenti un truc pareil.

  • Reply
    Dom
    juillet 15, 2013 at 12:38

    Perso ce qui me bloque le plus dans « Pacific Rim » c’est les personnages sans relief, les punchlines des années 90 et l’humour hystérique et bête insuflé avec les deux scientifiques. En fait, j’irai presqu’à en imaginer une version plus abstraite, sans véritables séquences dialoguées…. presque une cinématique de jeux vidéo, et là, ce serait une expérience de divertissement vraiment extasiante.

  • Reply
    4evaheroesf
    août 15, 2013 at 10:01

    Je suis allé voir ce film pour l’action et les effets spéciaux, j’ai été servi.
    L’histoire, la musique, les personnages, ses éléments étaient creux selon moi.
    La musique ne m’a fait frémir à aucun moment, ça ne renforçait pas ni rabaissait les scènes, je dirais que c’était un fond sonore.
    Zéro émotion pour le héros qui a perdu son frère, le rival qui devient gentil et la dernière action du père.
    Si les scientifiques et Ron Perlman étaient là pour faire rire, c’est raté mais au moins ils n’étaient pas pathétiques comme personnages, c’est déjà ça.
    La seule relation intéressante c’est Mako et son père, beaucoup de gens parlent du flashblack mais il n’avait rien de poétique, c’était juste un flashback.
    Ce qui m’a un peu dérangé, c’est utiliser l’épée au dernier moment surtout quand on voit son efficacité, les autres robots n’avaient de capsule de sauvetage et les capsules qui traversent le portail sans ADN Kaiju.
    C’était un bon petit blockbuster pour les vacances.
    Bref, ni mieux ni pire qu’un autre film de ce genre.
    Je l’ai vu une fois et ça me suffit, j’attendrais la sortie dvd…

  • Leave a Reply