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[Critique] Ouija – Stiles White – Critique du film

Le cinéma d’horreur est-il devenu le cancer d’Hollywood ? C’est la question que l’on peut se poser en découvrant Ouija. Il faut être honnête, Ouija n’est pas un film, c’est un menu big mac du cinéma d’horreur. Le genre de plats qui ne nécessite pas le moindre effort de construction. On prend tout ce qui a déjà été fait un peu partout, on coupe, on colle, on assemble dans l’espoir que cela ressemble à quelque chose. Puis quand on se rend compte que ce n’est pas le cas, on sort la carte du « oh c’est pas grave, personne n’y prêtera attention et on remboursera le budget dès le premier week-end ». Le pire est que c’est bel et bien le cas. Ouija est un patchwork bordélique à souhait d’influences n’allant pas le moins du monde les unes avec les autres. Pire encore, le film souffre d’un tel problème de rythme et de crédibilité ou juste de tension que l’on ne peut que s’ennuyer ferme pendant les 90 minutes qui le composent.

Ouija présente donc un énorme problème, celui d’avoir vu la moitié du film reshooté en catastrophe. Cela se sent à tous les étages pour la simple et bonne raison que d’un tiers à l’autre, le film semble aller dans tous les sens sans jamais vraiment s’y retrouver. Que ce soit dans les caractérisations des personnages, les thématiques mises sur la table, l’utilisation de séquences clichées au possible et d’un dernier acte totalement mal amené, le film se plante totalement. Les personnages principaux sont transparents. Vous me direz dans ce genre de films d’horreurs c’est la base…le hic est que Ouija passe un temps énorme à s’intéresser à ces fameux personnages nous envoyant alors avec violence à la figure l’inconsistance crasse de ces derniers. On pourrait presque pardonner la chose si comme dans n’importe quel bon film d’horreur avec des teens, les morts étaient spectaculaires…nous ne sommes pas dans Destination Finale. Ici les gens meurent et le lendemain tout le monde vaque de nouveau à ses occupations, le tout en arborant un air un peu triste de circonstances. On est donc déjà en droit de s’inquiéter face à tout cela, mais ce n’est rien en comparaison du coup de grâce. Le film manque totalement son point le plus important…le méchant.

Non, ce n’est pas le Ouija en lui-même qui tue. Mais malheureusement, Ouija ne s’intéresse à l’histoire de sa méchante…que dans les dernières vingts minutes du film ( en catastrophe) et chose encore plus ridicule la développe presque bien dans son générique de fin…via des photos d’archives. Jamais, cette élément majeure n’est mise en place suffisamment tôt dans le film pour faire en sorte que le spectateur puisse tout simplement avoir peur et soit à fond dans l’histoire. En résulte un final tout simplement ridicule où l’on ne peut s’empêcher de rire ou simplement de se taper la tête contre les murs en voyant comment la chose ne fonctionne pas. Ouija est symptomatique de la façon dont Hollywood aborde le genre du cinéma d’horreur orienté ado. C’est un sous-genre qui depuis des années de films en films s’autodigère recrachant une bouillie de clichés dont le film suivant se nourrit avec délectation. Ouija en est l’exemple parfait. Il n’y a rien à sauver, rien pour frémir, rien pour juste s’intéresser à l’histoire et ces protagonistes. En fait, Ouija est juste la quintessence du vide. C’est assez sidérant. À éviter.

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