Critiques de films Films français

[Critique] On a marché sur Bangkok- Olivier Baroux – Critique du film

Serge Renart, un journaliste TV devenu has-been et Natacha Bison, une reporter de guerre écartée du métier parce que trop dangereuse pour ses collègues, se retrouvent obligés d’enquêter ensemble sur une affaire qui les mènera en Thaïlande à la recherche d’un des secrets les mieux gardés de l’histoire contemporaine…. Que s’est-il réellement passé pendant la retransmission télévisuelle de la mission Apollo 11, où pour la première fois, l’homme a posé le pied sur la Lune ?

Le cinéma français va-t-il si mal que le seul espoir de sauvetage pour lui consiste en la personne de Kad Merad et olivier barroux? Je me pose la question et “On a marché sur Bangkok ” offre un début de réponse au final assez catastrophique. Que ce soit dans la façon dont KadeO percoivent le public ou par extensions comment les distributeurs le perçoivent aussi. Dire qu’« On a marché sur Bangkok est insipide” est un doux mensonge, le film est en dessous de cela. Mais en même temps, ce n’est pas véritablement une surprise, ce qui l’est reste de voir à quel point le duo Merad/ barroux devant et derrière la caméra ne fonctionne plus. Les comédies de comiques de la tv ou par extensions du web ont des très hauts et des très bas ces derniers temps. Les films d’Olivier Barroux, sont réguliers dans le domaine, ils sont souvent dans le très bas. On a marché sur Bangkok ne fait pas exception à la règle. On voudrait trouver quelques choses à sauver, du bien à dire du film et se montrer positive, mais systématiquement On a marché sur Bangkok fait en sorte que cela ne soit jamais possible. Nous ne sommes pas devant le pire film de l’année, juste devant un film mort né qui se prétend être autre chose pour donner le change. Un peu comme si un cadavre allait s’inscrire au concours Miss Monde. Oui, cela pique un peu…

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N’est pas Veber qui veut, n’est pas cinéaste qui veut et critique, aussi vous me direz, mais bon…On a marché sur Bangkok est un foutoir capitalisant sur le “star power” de kad et O. L’association des deux fait-elle encore des miracles? Il faut bien reconnaître que non. La chose la plus triste dans le duo est qu’il fait penser à tout ces groupes où l’un est parti vers le sommet et que l’autre vivote en retrait. Et que pour continuer à “exister”, il a besoin de l’autre. C’est ce qui se passe avec le duo Kad Merad/ Olivier Barroux. Le premier a fait preuve d’un talent dans d’autres domaines et le second a du mal à tourner la page. Les films que les deux empilent sont des formules se basant sans arrêt sur le passé du duo, du non-sens, du gag niveau enfantin…Le hic est que le public qui aimait cela avant a tout simplement grandi. Le duo me fait penser a Dumb et Dumber version ciné ( la suite sortant aurait très bien pu avoir les honneurs d’un remake français avec eux tant cela a des allures de biopic). Mais je m’égare, le souci majeur au final avec On a marché sur Bangkok est que d’un bout à l’autre de l’histoire on se demande quel est le public. Qui rigole encore de ses blagues? s’amuse de ces non-sens et accepte au final avec autant de plaisir de perdre son temps? Des pervers comme moi? Peut-être, mais même si le film ne semble pas faire un carton, le reste des gens en salles sont plus ou moins normaux. Enfin les rires apparaissant dans certaines zones du film de part et d’autre de la salle et n’étant pas partie intégrante du mix audio me laisse à penser que l’humour de ce film est une donnée indéchiffrable pour moi.

Il y a longtemps de cela, Olivier Barroux avait fait un film avec Jean Paul Rouve en lead. C’est pour moi le seul bon film qu’il a réalisé de sa carrière, plus léger et s’éloignant un peu de ce que l’on attend ( ou plus désormais). On a marché sur Bangkok est un mauvais film pensant être certain que le public n’a pas évolué depuis l’époque de Comédie et la grosse émission. Malheureusement pour les deux compères, le public a grandi dépassant de plusieurs têtes une certaine forme d’humour embryonnaire qui jusque-là trouvait un écho chez eux. C’est dorénavant moins le cas, voir plus du tout. Les gens changent et Olivier Barroux se persuade encore et toujours du contraire entrainant Kad Merad avec lui, comme une bouée pour l’empêcher de couler. Séparez-vous une fois pour toutes qu’on en finisse. C’est le cycle de la vie et sincèrement, vous êtes plus talentueux l’un sans l’autre…

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