Critiques de films

[Critique] Old-Boy- Spike Lee- Critique du film

Le remake est ce qu’il y a de pire à faire. La raison est simple, bien souvent la copie ne dépasse jamais l’original et en bout de course l’opération devient totalement vaine. Un cas de figure qui symbolise assez bien ce que l’on ressent en découvrant la version américaine d’Old Boy par Spike Lee. Est-ce que les qualités de cinéastes de ce dernier sont à remettre en cause ? Pas complètement, mais l’on ne peut s’empêcher de trouver que tout ce qui faisait la beauté stylisée de l’original à un je ne sais quoi de grotesque sous la caméra de Spike Lee. Il n’arrive pas à se détacher de l’ombre pesante de l’original et se créer une véritable identité forte. Du coup, même si l’on n’est jamais véritablement mise à mal par le spectacle qu’il offre avec ce film, son travail ne décolle jamais vraiment. Pris au piège de coupes a priori violentes ( la rumeur parle d’une bonne heure…) le film laisse percevoir quelques zones troubles, le genre de celle qui justement ne permettent pas à des personnages comme celui de Josh Brolin de donner la pleine puissance de ce que l’on attend de lui et c’est justement là que le bât blesse, car aussi bien pour lui que pour le « méchant » du film qui se révélera plus tard, l’aspect guignolesque de l’ensemble fait perdre de sa splendeur aux actions des deux. D’une véritable tragédie sur le fond, on passe parfois à une comédie sur la forme. Chemin faisant vers le final, la force du film se perd en route.

Du 1er au dernier rôle, personne n’est fondamentalement mauvais, le problème est ailleurs. Le second degré asiatique et la façon dont certains réalisateurs de ces pays manipulent le grotesque ou le second degré ne fonctionne pas chez nous. La finalité n’est pas la même et la perception du public prise en otage par d’autres codes a du mal à accrocher. C’est un peu beaucoup le cas ici, avec un film dansant sans arrêt d’un pied sur l’autre. Faisant des clins d’oeils aux spectateurs en lui rappelant des choses de l’ancien film, pour aussitôt broyer ses espoirs au travers de séquences inutiles. L’ambition de départ était sans doute là et le casting quatre étoiles suffisant pour lui donner vie. Malheureusement, la magie ne prend pas. Tout comme Gus Van Sant avait réussi à se planter avec son remake littéral de Psychose, Spike Lee en gardant la moelle du film et en l’adaptant platement pour le public américain, perd la saveur du projet en route. La perversion est délicate à retranscrire et à faire sentir. Spike Lee livre ici du coup une sorte de farce pas forcément irregardable, mais qui en comparaison de l’original peine à trouver sa place sur le devant de la scène. Un film qui malheureusement s’oublie assez vite.

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