Critiques de films

[Critique] Odd Thomas- Stephen Sommers- Critique du film

Odd Thomas est sans nul doute l’un des héros les plus sympathiques que Dean Koontz est mis au monde. L’empathie pour ce personnage est complète et l’idée même de le voir arriver sur les écrans de cinéma me plaisait bien. Projet tenant à coeur Stephen Sommers (la momie…) qu’il écrit, produit et réalise sa version du roman de Dean Koontz est à la fois brillante sur le coeur même du film, à savoir donner vie à ce personnage, ses tourments et lui rendre justice en l’adaptant dignement. Fortement aidé dans sa tâche par Anton Yelchin excellent choix de casting, mais toute cette bonne volonté se heurte malgré tout à un problème assez ennuyeux: celui du scénario. Sommers fait en effet un choix qui enlève toute amplitude cinématographique à son oeuvre: celle de se focaliser uniquement du début à la fin sur son héros et quasiment jamais assez sur les méchants du film. Le film en est totalement dénué, ce qui du coup a pour effet de le transformer en une « origin story » quelque peu basique taillé à merveille pour le petit écran, mais pas pour le grand. Odd Thomas par Stephen Sommers est un brillant pilote de série Tv donnant envie de voir la suite de la saison, mais en soit, c’est sous sa forme actuelle, un film terriblement frustrant.

Loin des clichés attelant à ce genre de héros, Sommers respecte le personnage de base de Koontz et le place quelque peu en marge de la société. Vivant dans son propre monde et tentant tant bien que mal de le faire accepter a sa famille ou quelques proches, il y a dans la mise en place de l’univers de Odd un petit je ne sais quoi de Buffy. Le film trouve ici un écho assez fort avec le monde de la télévision dans sa construction narrative. Cimentant les bases de ce personnage en le plaçant dans un cocon au final très fragile, car à la frontière de deux mondes n’ayant rien à voir, l’empathie pour lui est immédiate. L’utilisation de la voix off pour appuyer ce lien entre Odd et le public ne cesse de ranger le personnage dans la catégorie « pop » a la sauce presque Tarantinesque et là où l’on en viendrait à craindre une sortie de route, celle-ci n’arrive jamais. La dynamique entre lui et sa petite amie ( cœur de l’histoire et de son évolution…) ou bien avec son père ( William Dafoe loufoque, mais cachetonnant comme un Christopher Walken…) tout fonctionne. Ce qui rend la pénible vérité encore plus douloureuse. Oui Odd Thomas est paradoxalement adorablement raté. Sans antagoniste véritablement fort, le film au-delà du regard d’Odd peine à trouver un intérêt dans les yeux des spectateurs. On ne fait très vite que se rendre compte des faiblesses narratives, mais surtout le « petit grand film » que l’œuvre de Stephen Sommers aurait pu être.

Loin d’être une catastrophe, le film de Stephen Sommers se place dans la fourchette haute des adaptations que l’on aime détesté, celle à la lisière entre le bon et le mauvais, mais que l’on reverra malgré tout avec plaisir. Pourquoi ? Car dans le fond il y a un véritable amour du matériel d’origine qui transparaît dans le travail de Sommers et c’est ce qui en plus du casting porte le film à bout de bras, faisant « en partie » oublier certains de ses défauts. Reste malgré tout le sentiment que Sommers a commis quoi qu’il en soit une grosse erreur, Odd Thomas était fait pour être une série Tv et aurait pu via ce format être à n’en pas douter un succès. Le mauvais choix de sortie aura fini de tuer le projet dans l’œuf le reléguant au rang de DTV. Chose qu’il ne mérite pas forcément, et ce, malgré ses nombreux défauts. À découvrir avant d’enchainer sur la saga en livre de Dean Koontz…

No Comments

Leave a Reply