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[Critique] Oculus- Mike Flanagan- Critique du film

Une femme tente d’innocenter son frère, accusé de meurtre, en démontrant que le crime est dû à un phénomène surnaturel.

Innover dans le domaine des films d’horreur n’est pas une chose très simple. La surabondance des films dans ce domaine précis ces dernières années n’aide pas non plus. C’est simple, on a bien souvent la désagréable impression d’avoir absolument tout vu. Difficile d’être surpris et c’est un peu d’ailleurs sur ce problème qu’Oculus de Mike Flanagan se casse en partie les dents. Très long à démarrer, le film donne une désagréable impression de ne pas savoir forcément vers où il veut aller ni comment y arriver. La faute n’incombe en rien aux acteurs, Karen Gillan en tête, mais plus au scénario et à sa lenteur et son parti pris. Oculus n’est pas un film d’horreur pur jus. Il s’agit plus d’un film d’ambiance avec quelques séquences gores. Un conjuring quelque peu plus sanglant. Sans pour autant réussir à tenir la tension du début à la fin. C’est d’ailleurs le souci numéro un que rencontrera le spectateur, dépasser le cap de son « ennui », car c’est au-delà de la moitié du film que soudain ce dernier prend un autre aspect et sans pour autant négliger les défauts qui l’alourdissent, montre une facette narrative intéressante.

 Karen_Gillan_in_Oculus

Construit comme une enquête policière à rebours, le film alterne passé et présent dans un huit clos ou la folie côtoie sans cesse les griffes de la nuit. Qu’est-ce qui est vrai, faux ? La notion d’équilibre mental des deux héros, le frère et la sœur ayant réussi à survivre aux meurtres de leurs parents, ne cesse de mettre à mal la raison du spectateur. Cauchemar éveillé digne d’un Freddy, le récit prend un malin plaisir à se jouer de ce que l’on croit voir ou entendre dans l’enceinte de cette maison. Beaucoup d’autres réalisateurs ont fait le pari avant Mike Flanagan de mettre à l’épreuve des héros dans une maison se retournant contre eux. Robert Wise avec la maison du diable reste le chef d’orchestre du lot. Mike Flanagan s’en sort avec certains honneurs. Nous sommes loin d’un Paranormal Activity, pas trop de cheap scare au palmarès. Mike Flanagan au contraire s’amuse à se jouer d’un budget qu’on imagine serré en reposant les bases de son histoire sur le talent d’actrice de Karen Gillan. Pierre centrale du film et sœur au grand cœur prête à tout pour aider son frère et elle-même au passage, elle porte le film à bout de bras. L’aidant parfois à passer au travers de montagnes d’incohérences.

Pris au piège de ses ambitions et d’une histoire au final un peu trop simpliste, le film peut par certains aspects s’avérer être un mélange bâtard d’Insidious et Sinister. Faire peur en y ajoutant du fond est une bonne chose, mais ne pas oublier d’y mettre du rythme en est une autre encore plus intéressante. Se heurtant de plein fouet à ce problème, le film se voit dans l’obligation de finir son dernier acte de façon très/ trop rapide. Se rattrapant aux branches en jouant la carte de la facilité sur le final. Le potentiel que le film laisse entrapercevoir dans ses débuts s’avère assez vite n’être qu’un écran de fumée se dressant devant les yeux du spectateur. Une bonne actrice ne peut sauver un film dans son intégralité. Ambitieux dans son intention de départ avec la narration en flash-back, Oculus se retrouve assez vite pris au piège de cette dernière. Mike Flanagan ne sachant pas forcément insuffler dans l’histoire ce je ne sais quoi de personnel qui différencierait son approche de la terreur de toutes celles vues auparavant. Ce n’est jamais le cas et au final Oculus finit son existence en étant un sympathique film d’horreur light n’allant jamais forcément au fond de son potentiel. Dommage.

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