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[Critique] November Man – Phillip Noyce – critique du film

Il n’y a pas pire ennemi que celui que l’on a formé. Peter Deveraux est un ex-agent de la CIA réputé pour sa redoutable efficacité et un passé trouble. Contacté pour assurer la protection d’Alice Fournier, responsable d’un centre d’accueil pour réfugiés, dont le témoignage pourrait compromettre l’un des favoris à l’élection présidentielle russe, Devereaux comprend rapidement qu’il a été manipulé et qu’il est devenu la cible de son ancien élève, David Mason…

Que se passe-t-il quand l’ancien James Bond, Pierce Brosnan sent que l’époque n’est effectivement plus à l’agent tout lisse d’antan, mais plus a du Jason Bourne. Le genre d’agent qui est une force de la nature ou plus simplement une arme de destruction massive ambulante n’hésitant pas à mettre à mal tout ce qui se trouve sur son chemin dans le seul but de finir sa mission ? Et bien cela donne un film comme November Man de Roger Donaldson. Disons-le tout de suite, le film en soi n’a rien de désagréable, loin de là, mais ce n’est pas pour autant que l’on peut dire qu’il offre quoi que ce soit de nouveau sous le soleil. Ce n’est même à vrai dire pas du tout le cas et le fait sur lequel November Man est assez honnête est qu’il ne cherche d’ailleurs jamais vraiment à aller plus loin que cela. C’est honnête de sa part, mais face à la concurrence du coup, c’est un peu suicidaire malgré tout.

Pour regarder November Man, deux choix s’offrent à vous, celui de mettre votre cinéphilie ou cerveau en veilleuse ou celui de ne pas le faire. Dans un cas comme de l’autre, cela va vous changer la vie, mais pas forcément comme vous l’espérez. Pris sans ajouts de réflexions, on peut effectivement vaguement oublier le fait que Pierce Brosnan dans November Man revient après le passage de Daniel Craig dans James Bond, Matt Damon dans Jason Bourne. Et tout comme son personnage et lui-même marqués à jamais par l’image de James Bond, son personnage de Peter Devereaux apparaît comme étant un vestige du passé.  La performance de Pierce Brosnan d’ailleurs s’en ressent. Il donne par de nombreuses fois,  l’impression souvent désagréable d’être en pilote automatique et cela impacte aussi sur son jeune protégé qui malheureusement ne fait pas mieux en termes de présences à l’écran. Mais évidemment, cette appréciation n’a de valeurs que si vous avez branché votre cerveau pendant la projection. Si vous avez respecter les consignes du manuel à l’entrée et pris le film sous l’angle de la série B d’antan, digne représentante du cinéma d’action des années 90…il se peut que vous deveniez alors plus clément. Pourquoi ?

The-November-Man-Affiche-Ban-USA

Peut-être pour la simple et bonne raison que November Man est calibré pour ne pas déplaire plus que la moyenne. Certes les producteurs en choisissant un autre personnage que Pierce Brosnan (pourquoi pas Mel Gibson ou même Liam Neeson…) auraient fait en sorte de donner un coup de fouet non négligeable à l’histoire…mais ce n’est jamais le cas. C’est ce qui agace. November Man est certes loin d’être imparfait, mais il offre une réalisation plus que correcte et quelques rebondissements sympathiques. On ne s’ennuie jamais totalement, mais il est difficile pour autant de passer tous ces petits défauts qui en bout de courses enlaidissent le film. Le ramenant au niveau du plancher des vaches et l’empêchant de prendre correctement son envol. Alors que c’est bel et bien la seule chose qu’il demande depuis le début. Olga Kurylenko, elle aussi prise dans l’ombre de son rôle de James Bond Girl donne l’impression de faire moins bien ici, seul Luke Bracey dans le rôle du « paddawan » de Pierce Brosnan laisse un espoir pour l’avenir. Pas que son rôle soit un modèle du genre, vous avez déjà vu 100 fois cette histoire quoi qu’il arrive. Mais bizarrement, on se dit qu’avec un bon script et un vrai premier rôle, il peut surprendre. Enfin, j’y crois, du moins j’essaye.

En bout de course November Man est un film qui arrive trop tard. L’époque n’est plus la même pour les films d’espions. Un pied dans le présent, un pied dans le passé, November Man essaye de manger à tous les râteliers et finit par s’y perdre. Il est tout à la fois et rien par lui-même. C’est frustrant vu que le potentiel était là et que la réalisation n’a pas à rougir. Roger Donaldson est un artisan efficace. Cela ne change malheureusement rien au fait que même si la chose n’est pas désagréable, vous l’avez déjà vu 100 fois et 99 fois en mieux sans nul doute. Film du dimanche après-midi.

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