Critiques de films Films américains Les news

[Critique] Ninja Turtles – Jonathan Liebesman

La ville a besoin de héros. New York City a sombré dans les ténèbres depuis que Shredder et son cruel clan des Foot ont la mainmise sur la ville, des forces de police aux politiciens. Alors que l’avenir semble sans espoir, quatre frères en marge de la société sortent des entrailles de la ville pour accomplir leur destin de Tortues Ninja. Les Tortues devront s’associer à la courageuse reporter April O’Neil et son casse-cou de cameraman Vern Fenwick pour sauver la ville et empêcher Shredder de mettre son plan diabolique à exécution.

tortues ninjas

Imaginons un court instant que vous ayez l’intention de voir Ninja Turtles version 2014. L’idée même que le film soit produit par Michael Bay risque de vous donner des haut-le-cœur, le genre de ceux qui ne font pas plaisir a votre haleine. On peut vous comprendre, ce n’est pas toujours signe de qualité quand le monsieur produit des films. Mais parfois, on aboutit à des ovnis assez sympathiques et c’est un peu le cas ici. Même s’il est impossible de nier que le film sur le fond n’a pas grand intérêt et que d’un point de vue scénaristique, c’est le minimum syndical qui est assuré. Oui ce « Ninja Turtles » est foutrement con, totalement bas de plafonds, idiot à ne plus quoi savoir en faire et pourtant, il remplit exactement ce que l’on attend de lui. Un divertissement bien senti que l’on aura effectivement déjà oublié en sortant de la salle une fois le film fini.

Je n’ai jamais été un fan pro hardcore de la mythologie Tortues ninjas, du coup les modifications faites autour de cette dernière ne m’ont pas choquer. On parle des Tortues ninjas, pas d’une refonte totale d’Hamlet par Michael Bay non plus. Le film place sur l’échiquier narratif  l’intégralité des personnages mythiques de la saga et s’amuse à simplifier à l’extrême les relations les animant. C’est donc ici que les puristes hurleront et que les autres lèveront les yeux au ciel en baillant poliment. Le film ne fait pas dans la dentelle et les connexions entre April O’neill, splinter et les tortues sont surement l’embryon de développement le plus profond de Ninja Turtles. Je ne parle pas de Sachs et Shredder qui sont juste là pour le remplissage dans le cas du 1er et la castagne pour le second. Le film n’est pas exempt de défauts c’est un fait, mais il essaye a presque tous les instants de le faire oublier dans un torrent de WTF naviguant dans l’ombre des tortues. Utilisant à presque bon escient la technologie actuelle, Jonathan Liebesman réussit à donner vie à ses 4 tortues d’une façon presque convaincante. Nous ne sommes pas en face d’un niveau d’animation digne de la Planète des singes, mais la chose n’agresse pas l’œil. Ce qui n’est pas le cas de Splinter qui en comparaison des tortues s’en tire moins bien techniquement parlant.

 tortues ninjas

Mais et l’histoire allez vous me dire ? Jouant la carte de l’origin story avant toute chose, Ninja Turtles commet l’erreur d’oublier de vraiment développer ses méchants. Shredder en particulier n’a pas la moindre épaisseur ou « backstory » tangible sur lesquelles le spectateur peut se reposer pour crédibiliser ce qu’il voit. Au final, Shredder n’a qu’une seule utilité celle de se battre encore et toujours. On ne saura rien de bien important sur lui et c’est d’autant plus frustrant que visiblement tout le monde sait en profondeur qui il est…sauf le spectateur bien entendu. Jonathan Liebesman prend par contre un malin plaisir à mettre en scène ses différents combats avec les tortues pour faire oublier le reste. Mais malheureusement, cela ne passe pas. En terme d’action, le clou du film est la poursuite en montagne où les tortues ont  un véritable sens du travail en commun tout comme une forte dose d’humour. Rehaussé par l’apport d’une mise en scène pleine de bonnes idées sur ce segment, le film prend l’espace de quelques minutes ses véritables lettres de « noblesse », pour aussi vite retomber dans le convenu jusqu’au combat final ou la case Shredder le casseur de tortues est remise à nouveau sur la table. Mécanique et cyclique sans le moindre état d’âme, l’histoire des tortues ninjas se regarde aussi vite qu’elle s’oublie.

Pourtant au-delà de ce plat délicieusement inodore, il y a bien un truc essentiel qui fonctionne : les tortues. Ninja Turtles de Jonathan Liebesman se range dans la catégorie des plaisirs coupables pour la simple et bonne raison que dans le fond, il tire la corde sensible de votre mémoire. Tout dépend de votre degré de cynisme certes, mais la bêtise sans failles de ces tortues et la façon dont elle prend vie ici. Difficile de dire que Ninja Turtles ne rend pas hommage aux héros de l’histoire ni aux matériels de base. L’image que l’on peut se faire du projet est la bonne. Dès le départ, personne ne ment sur la couleur du projet. La destination est claire : un public ultra jeune et du coup le film s’adapte. Simplification, baston, blague et bourre piffes pour clôturer la question du manque de vitamines narratives. C’est un constat certes cynique, mais par certains points, la recette fonctionne avant que vaillamment votre cerveau ne reprenne le dessus et se mette à vous insulter pour avoir oser rire pendant les 5 dernières minutes. Au final, il n’y a rien dans Ninja Turtles que vous n’ayez déjà vu 100 fois, l’humour est attendu, les chorégraphies sont au niveau de ce qui se fait de nos jours, le scénario aussi est minimaliste. C’est un pur produit comme Hollywood en fait des milliers à la chaine et qui à la surprise de tous cartonne. On ne comprendra jamais et pourtant dans le fond, même si l’on se voile dans le cynisme pour le contester, il faut avouer que j’ai bien ri à plus d’une reprise. Aussi con que World Invasion  Los angeles, mieux réalisé que la colère des Titans, Jonathan Liebesman réussit à faire un divertissement passable ( et très vite oubliable…) ce qui dans sa filmographie est déjà un pas en avant. Un presque plaisir coupable…

No Comments

Leave a Reply