Critiques de films

[Critique] The Murderer- Critique du film

Synopsis : Yanji, ville chinoise de la Préfecture de Yanbian, coincée entre la Corée du Nord et la Russie, où vivent quelques 800 000 Sino-coréens surnommés les «Joseon-Jok.» 50% de cette population vit d’activités illégales. Gu-nam, chauffeur de taxi, y mène une vie misérable. Depuis six mois, il est sans nouvelles de sa femme, partie en Corée du Sud pour chercher du travail. Myun, un parrain local, lui propose de l’aider à passer en Corée pour retrouver sa femme et même de rembourser ses dettes de jeu. En contrepartie, il devra simplement… y assassiner un inconnu. Mais rien ne se passera comme prévu…Ce que j’aime avec le cinéma Coréen est cette facilité qu’il à de jongler avec les codes et les genres. Les films qui en résultent sont bien souvent un patchwork plus ou moins digeste à premières vues pour le spectateur occidental et pourtant quand on fait l’effort de s’y intéresser, ce cinéma ne tarde pas vraiment à révéler ses secrets et c’est ce qui la plupart du temps à tendance à facilement rendre « addict » le commun des mortels que je suis. The murderer ne déroge pas à la règle et au-delà de certaines imperfections, principalement dans sa première partie, le film se révèle excessivement intéressant.

Le cinéma Coréen est un peu à l’image de Quentin Tarantino, un boulimique qui se nourrit de dizaines d’influences diverses sans pour autant ne jamais oublier d’où il vient. Le film de Hong-jin Na rentre dans cette catégorie. Découpé en chapitres où se mélangent comédie, drama, thriller et actions, le film avait tout pour se casser la gueule et pourtant. Même si le démarrage est laborieux, voire même soporifique, il faut se faire violence et aller au-delà de cette première sensation. Car une fois ce mauvais moment de côté, l’un des seconds rôles prend une importance majeure dans le film jusqu’à lutter dans un duel sans merci avec le héros pour garder les lumières sur lui. The Murderer est aussi bien une chasse à l’homme sans pitié qu’un film d’action dans sa dernière partie. Le réalisateur n’hésitant pas à faire recours à une violence absolument graphique au travers de ce second personnage aussi dérangé que drôle. C’est l’un des paradoxes du film. On ne sait jamais vraiment sur quel pied danser et c’est peut-être d’ailleurs ce qui peut rendre ce film aussi fascinant qu’exaspérant pour certains. Le côté hétéroclite de la chose n’aide pas forcément. Pourtant certaines des séquences de poursuites sans pourtant égaler des modèles du jour, n’ont pas vraiment à rougir de la comparaison avec leurs modèles occidentaux ou Hollywoodiens.

C’est ce qui rend ce film aussi intéressant d’ailleurs. Il assimile parfaitement les codes du genre. On aime ou pas ce qu’il en fait, mais impossible de nier le plaisir certain que procure la vision de ce patchwork contre nature. Mais c’est surtout la lutte sans merci dans la dernière partie entre les deux personnages principaux et la façon dont le réalisateur la met en scène. Chasse à l’homme désespérée et prenante, il n’épargne aucuns des ces deux « héros ». Là où le cinéma hollywoodien aurait pris plus de pincettes, c’est le contraire qui se produit ici et l’on s’en réjouit. Oscillant sans cesse entre un fatalisme prenant et un humour débridé désamorçant la noirceur du propos The Murderer s’installe très vite sur le podium des films pas comme les autres. Le cinéma coréen est comme l’arrière court du docteur Frankenstein quand on en vient au cinéma de genre. Le réalisateur de The Murderer est-il un artiste fou et The murderer sa dernière création peu commune ? C’est en effet le cas. Maintenant reste à voir l’approche du public face au monstre qui se profile dans leur direction. Mais logiquement si vous êtes fan de polar, de chasse à l’homme et d’une certaine forme plus « art et essai déviant » de Tarantino, il y a des grandes chances que The Murderer soit un film pour vous.

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