Critiques de films Films américains

[Critique] Mortdecai- david Koepp- critique du film

Beaucoup de monde est à la poursuite de Charlie Mortdecai : des Russes fous furieux, les services secrets britanniques très remontés, un terroriste international et même sa somptueuse épouse… Pour se tirer des situations impossibles qui le guettent, l’élégant marchand d’art et escroc occasionnel n’a que son charme. Il va lui en falloir beaucoup s’il veut s’en sortir vivant et être le premier à retrouver le tableau volé qui conduit au trésor caché des nazis…

Il fut une époque où le nom de Johnny Depp valait de l’or. Jack Sparrow était son trésor…désormais, je crains que l’on ne commence à dire que MORTDECAI ne soit son fossoyeur. Aussi grand fut-il à une époque, désormais Johnny Depp souffre d’un problème assez massif, il est atteint de la maladie de Bruce Willis. A savoir être victime de sa propre image, la caricature est devenue le personnage et plus rien n’y fait, il est désormais impossible de s’en éloigner. Enfin si, cela est possible si l’on en fait l’effort, mais Johnny Depp n’a pas l’air de vraiment le vouloir. MORTDECAI apparaît comme un film à mi-chemin entre le mauvais et surtout le génant, pour le fait assez alarmant que pour une comédie, il oublie les bases de ce genre: à savoir être drôle.

MORTDECAI est une énigme, le genre de celle qui risque de vous faire vous arracher les cheveux en vous demandant tout simplement…”mais pourquoi?”, l’humour absurde est un art ultra casse-gueule. Les Anglais en sont les maitres et d’une certaine façon, je comprends vers quoi MORTDECAI essaye de se diriger, mais malheureusement sans jamais y réussir. La répétition de gags volant bien en dessous de la ligne de flottaison de l’humour acceptable rend l’air vite irrespirable. On étouffe, la médiocrité de l’ensemble écrase la poitrine, comprime le corps et donne envie de se laisser tourner de l’oeil pour passer à autre chose. Nous sommes loin de la panthère rose, à des années lumières d’Austin Powers, mais bien les deux pieds dans le plat d’une triste réalité, celle de l’échec.

Et c’est d’autant plus rageant qu’au-delà du personnage de Johnny Depp faisant n’importe quoi, il y a de bons acteurs ( Ewan McGregor…), mais que le scénario se tue à maltraiter, et ce, avec une application absolument diabolique. Non content de ne pas être drôle et prenant l’eau dans tous les sens, le film revendique son désir de sabordage primaire. On est en effet pas forcément loin du suicide artistique incompréhensible et les chiffres du box-office semble le confirmer. Johnny Depp et ses tics à la Jack Sparrow, ne font plus recette. Le public se lasse des formules dont il connaît les contours comme sa poche. Et dans le cas de MORTDECAI et sa moustache, elles ne sont pas différentes de celles de Jack Sparrow, où tant d’autres personnages.
mortdecai-johnny-depp

Le côté tragique de MORTDECAI est que très vite le film apparaît pour ce qu’il est un délire où personne n’a jamais vraiment eu le courage de dire fermement stop a Johnny Depp ou de lui faire gentiment comprendre que le bateau prenait l’eau. L’humour est une lame que l’on se doit de savoir manier avec finesse pour ne pas se blesser soit même ou bien juste brasser du vent sans cesse et frôler le ridicule. Voir même s’y noyer. MORTDECAI est au-delà ce dernier stade. Nouvel échec dans la carrière de Johnny Depp, le film à des allures de dernier rappel avant la chute de la part du destin. Johnny Depp se relèvera-t-il de ce nouveau flop pour prendre un risque et faire quelque chose de nouveau? Quand on voit que son prochain film est un nouveau volet des Pirates des carabes, j’ai envie de dire que cela n’en prend pas le chemin. En attendant MORTDECAI reste un ovni cinématographique un peu gênant dans la carrière de Johnny Depp. Ennuyeux…

No Comments

Leave a Reply