Critiques de films

[Critique] Mort sur le grill – Sam Raimi – Critique

Synopsis : Par une nuit d’orage, a Denver, Colorado… Vic Ajax, le héros, va se mettre dans de sales draps. Non seulement parce qu’il est amoureux, mais surtout parce que son patron a décidé cette nuit de se débarrasser de son associé.

Que l’on aime ou pas Sam Raimi, difficile de nier le côté touche-à-tout du bonhomme. Un peu à l’image de Tim Burton dans sa jeunesse, c’est durant cette période qu’il était à mes yeux le meilleur. Pourquoi ? Car tout simplement pas vraiment dépendant des menottes de la production inhérentes aux grosses productions. À ce moment-là, il était Sam Raimi, le touche-à-tout un peu fou et dans le domaine de la folie la pire qui soit, Mort sur le grill représente en soit un sommet. Véritable film expérimental repoussant les limites de la définition du cartoon live à l’écran. Sam Raimi s’amuse avec une folie assez furieuse à mettre en place sur l’écran un concept qui malheureusement à du mal à tenir sur la durée. Perclus de longueurs et de différents passages à vide, le film mérite quand même d’être vu tant il représente une sorte de sommet que l’on ne reverra plus de nos jours. La production et la mentalité des réalisateurs n’étant plus la même, il est utopique d’imaginer que cela se reproduise. Mort sur le grill est donc au final un objet de collection. Chose amusante les deux seules personnes à avoir approché le même degré de folie cartoon live dans un film ( Intolérale cruauté) sont les frères Coen qui sont d’ailleurs en partie responsables du scénario avec Sam Raimi…

Voir Mort sur le grill c’est accepter d’oublier toutes notions de cinéma dites logiques. En effet ici Raimi prend la notion de cartoon et les règles qui vont avec pour les pousser à l’extrême. Expérimentation de malade plus que film concret, Mort sur le Grill est aussi intéressant que bancal en plusieurs aspects. Le premier défaut du film est que ce qui fonctionne ( le côté slapstick –gros gag) sur des durées de 5 minutes ne peut être performant sur près d’une heure et demie en continu. Même si le film regorge d’idées intéressantes et de moments très drôles, il lui manque du liant. Construit comme une pièce de boulevard sous acides, le film va à 100 à l’heure sans se soucier de la logique dite classique. Raimi s’amuse, torture ses personnages et leur fait subir les pires atrocités sans que cela ne pose problème vu qu’ils en réchappent toujours. Drôle les deux premières fois, le running gag finit pourtant par lasser quelque peu au bout du premier quart d’heure. Le résultat est de plus sans appel et met encore plus en valeur les tunnels dans lesquels le film s’enferme par moments à force de ne vouloir qu’expérimenter. Darkman d’une certaine façon partait dans la même direction, mais plus cadré et mieux écrit le film évitait les écueils de mort sur le Grill.

Est-ce que le film en est pour autant mauvais ? Insupportable ? Non pas une seconde, je le range dans la case des expérimentations un peu folles, fait par des grands réalisateurs. Spielberg avec Indiana Jones 2 et j’en passe. Les carrières de certains réalisateurs sont tellement segmentées que cela en devient ahurissant de voir à quel point, ils pouvaient prendre des risques à leurs débuts et plus du tout une fois la célébrité en place. Dans le cas de Sam Raimi, le monsieur est désormais plus proche de Tim Burton que de l’enfant hyperactif de la caméra qu’il fût dans « Mort sur le grill ». Assagi, lassé ou juste bouffé par le système ? Va savoir. Une chose est certaine par contre, c’est que rares sont les films comme « Mort sur le grill ». Aussi imparfait et bâtard qu’il puisse être, on ne peut lui enlever son aura de film juste totalement fou et empreint de la patte d’un réalisateur investit d’une quête un peu dingue, divertir en repoussant ses propres limites et maltraitant savamment celle de la production ciné classique. C’est contre nature et c’est ce qui rend l’ensemble encore plus attachant au final. Un film à voir pour sa culture personnel. Pas forcément son meilleur, mais définitivement un des plus intéressants si l’on passe au-delà de certains de ses gros défauts. À voir !

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