Critiques de films

[Critique] Monuments Men- George Clooney- Critique du film

La plus grande chasse au trésor du XXe siècle est une histoire vraie. MONUMENTS MEN est inspiré de ce qui s’est réellement passé.En pleine Seconde Guerre mondiale, sept hommes qui sont tout sauf des soldats – des directeurs et des conservateurs de musées, des artistes, des architectes, et des historiens d’art – se jettent au cœur du conflit pour aller sauver des œuvres d’art volées par les nazis et les restituer à leurs propriétaires légitimes. Mais ces trésors sont cachés en plein territoire ennemi, et leurs chances de réussir sont infimes. Pour tenter d’empêcher la destruction de mille ans d’art et de culture, ces Monuments Men vont se lancer dans une incroyable course contre la montre, en risquant leur vie pour protéger et défendre les plus précieux trésors artistiques de l’humanité…

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Pris au milieu des autres films de guerres se passant pendant la Seconde Guerre mondiale, le film de George Clooney « Monuments Men » part avec un désavantage, ce n’est pas vraiment un film « typique de guerre » , la mécanique est différente, l’approche des personnages sur le conflit aussi et surtout les enjeux qu’ils cherchent à voir se concrétiser. En témoigne les nombreuses prises de becs entre les hommes de l’armée de terrain et cette bandes d’ovnis que beaucoup considèrent au mieux comme des intrus/ovnis ou au pire de la viande à canon qui se fera tuer avant même que l’on est fini de bailler. Pris dans l’ensemble de ce gigantesque bordel qu’était la Seconde Guerre mondiale, il est donc vrai que la place de ces hommes n’a rien de commune ou classique. Difficile du coup d’essayer de la mettre dans une boite et de l’étiqueter en fonction des attentes du public. Clooney ne le cherche pas et au contraire ne ment pas sur la marchandise, on est face de personne qui ne sont pas faits pour cette guerre, ni pour survivre au terrain sur lequel elle se déroule et dès que cette notion est prise en compte on rentre en partie dans le ton assez particulier du film. À mi-chemin entre la comédie et le vrai faux film à l’ancienne, Monuments Men s’amuse à jouer des codes ou attentes pour offrir une vision très particulière de l’histoire. Celle qui s’est faite en marge de l’officiel ayant droit de citer dans les livres d’histoires. Est-ce que tout le monde se foutait de l’art à l’époque ? Peut-être pas, mais ce n’était pas la priorité et c’est via cette réalité toute simple, celle d’avoir une mission capitale dont tout le monde se fout que Clooney tente de dresser le portrait d’homme ayant pris le parti de rendre possible l’impossible.

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La chose qui déstabilisera à tort où à raison est que sans jamais pour autant se départir de sa ligne de conduite, le film évolue sans cesse tout comme les personnages qui le composent. Partant d’un point précis presque établi et attendu, il refuse de se laisser trop aller dans une certaine forme de facilité narrative. Partie d’échecs entre un ennemi invisible « Hitler » et une bande de chevaliers pour le moins mal foutu, Monuments Men ne cesse de retourner les cartes, laissant lentement prendre conscience à son équipe de l’énormité de la situation les attendant ainsi que de l’impact que cela peut avoir sur son approche du monde. L’art est l’histoire de l’homme et sans elle, ce sont des pans entiers de l’humanité, de ses croyances et évolutions qui tomberaient dans l’oubli. Les Monuments Men de Clooney mis au pied de ce challenge improbable ne se dressent pas forcément en héros classique, ce sont au contraire des antihéros. Des fourmis au service d’une cause qui les dépasse et comme dans une fourmilière, ils font tout pour que l’ensemble de l’édifice continue d’exister, même si parfois cela consiste à agir de façon impulsive, à fauter et à se tromper pour mieux se relever ensuite. Là où l’on attendait des portraits ultras définis et classiques de personnages dits de film de guerre, Clooney nous offre une équipe d’êtres humains qui d’un point à l’autre de l’Europe évoluent et reconstruisent leur illusions perdues au gré des aventures bonnes ou mauvaises et rencontres bénéfiques comme destructrices.

Il n’y a pas de vrai héros au sens hollywoodien du terme en bout de course. Ce sont des messieurs tout le monde se débattant pour que ce qui les animent « la passion pour l’art » continue d’avoir une chance d’exister au sein d’un monde qui à l’époque flirtait avec sa perte. Doté d’un ton pour le moins déroutant, Monuments Men mélange les genres, flirte avec les attentes des fans de films de guerre pour aussi vite s’en éloigner et livrer un film presque parfois intimiste et minimaliste. Une approche pas forcément négative, car servant l’envie de montrer cette seconde guerre mondiale sur les voies de campagnes. Celle qui en dehors des grands faits connus a modelé une partie de l’humanité que nous vivons aujourd’hui. Film de « guerre complémentaire », Monuments Men place sur le devant de la scène cette guerre de l’ombre qui se déroula en fin de course. Des enjeux que l’on oublie aujourd’hui tout comme ses acteurs, mais qui n’en restent pas moins monumentaux. Clooney signe ici avec Monuments Men un film qui divisera, mais qui ne se départit pour autant jamais de son charme si particulier. Un artifice parfait pour ce film qui parle de comment des hommes ont risqué leur vie pour que la notion même d’art fasse encore parti de notre histoire. Le tout via un hommage dans une œuvre artistique peu commune et qui aborde le genre différemment. L’art évolue tout comme la perception du spectateur sur ce dernier et quoi de mieux qu’un film pour capturer le passé et le présent de ces évolutions ou transformations. Une jolie surprise.

Matt Damon;Bill Murray;John Goodman;Jean Dujardin;Hugh Bonneville;Bob Balabanhttp://lejournaldessorties.com/wp-admin/post-new.php

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