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[Critique] Monster Boy : Hwayi – Critique du film

Pendant son enfance, Hwayi a reçu une éducation particulière de la part de ses cinq pères, visant à faire de lui un futur tueur professionnel à leur image. Mais les choses tournent rapidement au cauchemard lorsque le jeune homme découvre que ses « parents » sont loin d’être ceux qu’ils prétendent…

Le problème du cinéma coréen est qu’à force de tout essayer, il possède autant de grands moments que de zones de malaise créatifs. Monster Boy : Hwayi en fait parti. Pas que le film soit mal réalisé, pas qu’il soit mal joué. Non, rien de tout cela…le hic est que l’ensemble manque juste terriblement d’originalité et apparaît du coup comme un pot pourri d’influences qui à la longue ne colle pas forcément ensemble. De par sa structure et la façon dont il aborde les personnages, le scénaio du film semble uniquement adapter pour n’être qu’un manga. Lieu permettant les excès qui peuvent pleuvoir dans la tête d’un scénariste. A l’écran, cela passe un peu moins bien tant dans le fond, les personnages apparaissent comme malheureusement trop caricaturaux. On finit par avoir le plus grand mal du monde à se laisser emporter par le parcours de ces derniers et quand le dernier acte arrive, ce qui aurait du se transformer en la fin d’une odysée narrative poignante, flirte allègrement avec le grand n’importe quoi.

Monster-Boy-Hwayi

Monster Boy : Hwayi oublie donc un point essentiel qui est que pour que la violence soit effective et possède un sens, il faut a minima que l’on éprouve quelque chose pour les personnages. Ce n’est pas le cas ici. Caricaturale et oscillant entre la folie et le grand guignol, ces derniers laissent pour le moins froid de l’intérieur. C’est d’autant plus ennuyeux quand arrive sur la table le nœud de l’histoire et la raison pour laquelle le jeune héros va prendre un chemin divergent de celui que sa « famille » avait en tête. On aurait du coup du avoir le cœur noué devant le dilemme habitant le héros et malheureusement, on s’en fout. On assiste alors au seule échapatoire offert aux scénaristes pour amener le navire à bon port…l’excès. C’est un travers aussi bien dans les films de genres que les dramas que le cinéma Coréen peut avoir. Le curseur de régulation n’est pas le même que chez nous , les limites sont plus distantes que les notres et ce qui est excessif pour nous l’est à peine pour eux Monster Boy : Hwayi malheureusement à force de manger à tous les rateliers n’a pas véritablement d’identité.

Certes, il est possible de dire que cela reste raccord avec la quête identitaire du héros qui cherche justement à se créer un futur par la lui-même en éradiquant ce passé toxique. Mais la finition des choses laisse à désirer. La violence au cinéma ces derniers temps est un lieu commun, un cache misère quand les choses ne vont pas forcément. Monster Boy : Hwayi est dans cette catégorie. Ni vraiment intolérable, ni mémorable, il souffre d’un déjà vu qui lui est très rapidement fatal. On passe alors le reste du film à regarder le flot narratif faire des embardés alors que l’on continue de rouler en sécurité en fond de peloton . Le tout en laissant nous passer devant une histoire qui malheureusement ne s’intéresse bien souvent qu’à elle-même. Dommage.

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