Critiques de films

[Critique] Moi député- Will Ferrell- Critique du film

Lorsque le député chevronné Cam Brady commet une gaffe monumentale en public à l’approche des élections, un tandem de PDG milliardaires entend bien en profiter pour placer leur candidat et étendre leur influence sur leur fief, en Caroline du Nord. Leur homme n’est autre que le candide Marty Huggins qui dirige l’office du tourisme du coin. Si, au départ, Marty ne semble pas le candidat idéal, il ne tarde pas à se révéler un redoutable concurrent pour le charismatique Cam grâce à l’aide de ses bienfaiteurs, d’un directeur de campagne sans vergogne et des relations de ses parents dans la politique. Alors que le jour du scrutin approche, les deux hommes s’engagent dans un combat impitoyable : désormais, tous les coups sont permis entre Cam et Marty qui n’hésitent plus à s’insulter et à en venir aux mains dans un affrontement à mort. Car dans cet univers où la déontologie n’existe plus depuis bien longtemps, la politique prouve qu’on peut encore faire reculer les limites des pires bassesses…

Aller voir un film avec Will ferrell c’est faire fi de la logique du bon goût et de ses zygomatiques. Il y a en effet de bonnes chances que toute cette petite troupe finissent par la plupart du temps rendre l’âme en plein milieu du film. Enfin cela dans le meilleur des cas, car il arrive en effet parfois que la mayonnaise ne prenne pas. Moi député est entre les deux. Loin de la folie d’un Anchorman pour Will Ferrell ou celle de The Hangover pour Galifinakis, le film se situe un peu le cul entre deux chaises, mais pas forcément sur le domaine que l’on attend. La raison est que sous le vernis de la blague potache le film décrit grossièrement plutôt bien, le méchant cirque qu’est devenu la politique et les élections qui vont avec. La chose s’applique aussi bien chez nous que chez l’oncle Sam et quand on y retrouve les deux zouaves que sont Will Ferrell et Galifinakis, la chose devient pour le moins sympathique. Pas novatrice si l’on connaît la filmographie des deux, mais très divertissante. Ce qui en soit est la première des choses qu’on lui demande.

L’autre point intéressant reste sous couvert de comédie la façon dont le film analyse les dessous des élections US. Certes on n’est pas dans un film politique, mais c’est amusant de voir que même dans les plus gros moments de n’importe quoi et de comédie, ces derniers ne sont pourtant pas si éloignés que cela de la réalité. Will Ferrell et Galafianakis campent deux extrêmes du portrait type de l’américain, l’idéaliste et le profiteur assis sur son trône et prêt à tout pour ne pas le quitter. Pain béni pour écrire un scénario de comédie, l’équipe ne manque pas trop son coche, sans pourtant jamais vraiment révolutionner le genre. Le gros souci reste que si l’on connaît bien les deux zouaves, on finira par trouver l’ensemble un peu trop en pilote automatique. Mais est-ce que cela tue le potentiel du film ? Bizarrement pas vraiment et c’est ici que réside l’énigme de ce dernier. Même si l’on connaît quasiment par cœur les trucs et astuces que les deux héros vont nous sortir pour nous faire rire…cela finit plus ou moins encore par fonctionner. Je dis plus ou moins, car malgré un a priori qui semble positif, on ne peut nier que la réalisation assez passe-partout empêche le film de se hisser plus haut qu’un divertissement agréable, mais très standard.

Zack Galifiniakis sort du lot dans son personnage de simplet se dressant contre les aléas d’un système politique véreux. Mais malheureusement et même si le capital sympathie de cet acteur est toujours grand, il devrait faire attention à ne pas trop continuer dans cette voie du gentil simplet. Il est en passe de s’en retrouver prisonnier et à la différence de Will Ferrell qui justement réussit à alterner plus correctement les grosses productions et les plus petites, Galifiniakis ressort toujours plus ou moins la même sauce. Ce qui au bout d’un moment finira par causer une indigestion chez le spectateur. On n’en est pas loin ici, mais miraculeusement Will Ferrell fait en sorte de diluer suffisamment bien le tout pour éviter l’accident. Au final, sans être une catastrophe, Moi député est un agréable divertissement qui joue la carte du strict minimum niveau humour, mais ne fait pas vraiment d’effort pour sortir du lot. Du divertissement rapide, mais qui ne laisse pas vraiment de traces. Next…

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