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[Critique] Man of Steel- Zack Snyder- Critique du film

Quand on en vient au domaine des super héros, il existe peu de noms aussi mythiques que celui de Superman, on a vu et revu ses origines dans les moindres détails au travers d’aventures a la Tv, au cinéma ou sous une tonne de formes dans le monde du comics. Mais malgré ce fait on n’avait encore jamais vu Superman prendre conscience de sa pleine puissance et l’exposer sous nos yeux d’une façon aussi incroyable. Le bond en avant de la technologie a été pour plus d’un réalisateur un outil magnifique pour créer des univers qui jusque-là n’avait lieu d’être que sur le papier. Mais désormais c’est un état de fait qui se retrouve mis au placard. L’imaginaire n’a plus de limites et qu’il se concrétise dans le domaine de l’action ou l’émotion ce dernier vient de découvrir un ambassadeur inattendu en la personne de Zack Snyder. J’avais perdu d’une certaine façon espoir dans le bonhomme qui avec le temps sur la forme était devenu une sorte d’immense parodie. Chose d’autant plus rageante pour ceux conscients d’une magnifique évidence, celle que sous cet amas de ralentis de plus en plus insupportable attendait le Zack Snyder des débuts, celui qui ne désirait qu’une chose revenir à la surface. Il aura fallu du temps et de la patience et surtout un « mentor » pour le seconder dans l’ombre sur cette aventure et ce pari un peu fou. Le résultat est sans commune mesure éclatant largement toutes les attentes que je plaçais dans ce projet. Oui, Man of Steel est un reboot de Superman, un pari fou et pas si illogique que cela, mais surtout un film qui en bout de course se paye le luxe de ridiculiser purement et simplement aussi bien sur l’émotion que la destruction ce que Marvel a mis tant de temps à créer.

La première chose qui frappe dans l’œuvre de Snyder est son casting. Quiconque a vu le premier Superman se souviendra encore et toujours de Marlon Brando dans le rôle de Jor-el. Participation mythique et brillante, mais là où tout le monde se disait que passer derrière allait être impossible, Russell Crowe rend le raisonnement d’emblée caduc. Le rôle de Jor-El semble avoir été fait pour lui. Dans une longue ouverture du film cimentant les croyances de son personnage et rendant ses actions faites pour son fils encore plus touchante, il apparaît sous un angle que l’on rêvait de voir revenir à la surface après sa prestation moyenne dans « Les misérables », fragiles et d’une force pourtant incroyable, son rôle lui permet d’alterner force et fragilité le tout dans un contexte dont le réalisme en profondeur met en pièce beaucoup des backstory déjà mises en image dans les précédents films de super héros. La base de l’histoire de Superman repose sur la relation qu’il établit entre ses deux familles et ses deux pères, celui qui n’a jamais été là et l’autre de substitution. Voir le point de départ de l’histoire de Kal-El en le mêlant pour une fois à la destruction de sa planète et sa propre race et sa famille amènent un autre regard sur l’aventure qui va suivre. Car au-delà de toutes les explosions, destructions et morceaux de bravoure Man of Steel est avant tout l’histoire d’un parcours, celui d’un soi-disant paria qui va trouver sa place dans un univers qu’il ne pense pas forcément être le sien.

La structure narrative du film alternance de flashbacks et flash forward parfois abrupte peut choquer certains puristes, mais il faut prendre un brin de recul et repenser à ses coupes. La plupart des gens seront capables de combler d’eux-mêmes ces trous pour la simple raison que Snyder et Goyer ont pris le choix au final assez judicieux de ne pas faire de redites abusives. Il y a des tonnes de passages de la vie de Kent qui sont des lieux communs et que l’on arrive a replacer sans même les avoir sous le nez. C’est casse-gueule, comme pari j’en conviens, mais le film y gagne en bout de courses. Les différentes séquences d’actions apparaissant ne sont pas pour autant gratuites, que ce soit dans sa naïveté et sa volonté d’aider à tout prix, ou celle de tester ses propres limites pour découvrir sa vraie nature le portrait de ce nouveau Kal-El qui se dresse devant nous n’est pas aussi lisse que l’on peut le penser en témoigne le final du film qui à coup sûr fera hurler les fans hardcore. Mais est-ce que cela a vraiment un sens a la vue de ce que Snyder offre durant ces presque 2h30 de film ? Non, car là où l’on me disait risquer de voir des longueurs, je n’en ai vu aucune, là où l’on me dépeignait un manque d’émotions j’ai été pris en plein vol par cette dernière. Certes parfois j’admets qu’elle se joue sur des petits détails, des attitudes et la promesse de grandes choses à venir, mais tout est dans cette phrase « On my world it means hope ».

L’espoir…la vie de ce personnage et son mythe repose là-dessus, mais au-delà de sa destinée ce sont aussi ses propres attentes qui explosent tout du long. L’espoir d’être accepté et de trouver sa place. Le constat est simple et la ligne directrice narrative du personnage totalement clair, et dans un vrai travail de réalisation et de story telling, Snyder étonne en ne se perdant jamais en route, loin des effets faciles qui jalonnait sa carrière et noyait sous le tape à l’œil sa narration, il signe ici définitivement son film le plus abouti aussi bien en terme de réalisation que narration. Le pari fou était d’incorporer de façon réaliste ses kryptonniens dans notre monde. Que ce soit dans les combats , l’héroïsme mythique de Kal-El ou l’ampleur des destructions du dernier acte, Snyder fait en sorte de mettre sur la table toutes les cartes de sa grammaire cinématographique. Réussir à se fondre dans son histoire pour mettre son style au service de cette dernière, voilà ce que beaucoup de réalisateurs oublient parfois en tirant la couverture sur eux. Marvel a fait Iron Man 3 pour le fric, Snyder a fait Man of Steel pour le mythe. Cela se voit du début à la fin. Chapeau bas et victoire par KO ! Superbe.

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7 Comments

  • Reply
    darknote
    juin 18, 2013 at 9:56

    Le 1er Superman est ma jeunesse, que Jor El soit joué par Marlon Brando m’a laissé de marbre, j’ai toujours pensé que c’était abusé d’avoir fait ce choix, surtout au vue du salaire de celui ci, un acteur moins connu, aurait fait au si bien, un petit rôle, important mais pas besoin de demanderà M.Brando.
    Pour moi Superman reste Christopher Reeve, c’est là le plus gros challenge, Brandon Ruth était bien dans Superman Returns mais le scénario n’était pas présent, une Lois Lane, trop fragile, etc…
    Là Henry Cavill a un visage trop dure pour Superman, de mon point de vue, il ne me fait pas oublier Christopher Reeve.
    Ka-El vient d’un autre monde, malgré cela le réalisateur veut que celui ci à les même travers que les humains, pourquoi? Est ce un signe qu’il aurait dû mal accepter que ces questions de pouvoirs, de puissance ne soient qu’une humain, qu’une personne venant d’ailleurs mais ayant grandi sur Terre ne peut pas être autrement qu’humain?
    Pourtant Superman est le contraire, il voit le bon dans chaque humain, il est kryptonien, l’éducation des Kent ne fait qu’ appuyer son côté être venu d’ailleurs, car ils sont le côté bon des humains, sans préjugé, sans prétention, des gens simples qui apprécent la moindre petite chose, ses parents lui apprennent à vivre avec sa différence, à aider son prochain avec ce que la vie nous donne.

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      admin
      juin 18, 2013 at 10:35

      @darknote: Au contraire je trouve Cavill très proche par moments du côté boy-scout que pouvait avoir Brendan Routh. La différence est que le public cible n’est pas le même. D’une certaine façon le superman returns est dans la lignée d’un mission impossible 2 en terme de ciblage.Ce sont deux films qui puent la naphtaline et semble sortir des années 50 en termes de storytelling, vision des héros… J’adore ces deux films pourtant je dois bien reconnaître qu’il était évident dès le départ que cela ne passerait pas auprès du grand public. Man of Steel et la caractérisation du personnage de Kal-el via Henry cavill est plus intelligente et nuancée, elle joue sur plusieurs tableaux amenant à la surface les différentes facettes du personnage. Le sentiment de melting pot émotionnel est aussi mis encore plus en avant par les flash forward/flash back qui montre le personnage a différents points de sa vie. Il y a une évolution narrative intéressante et le jeu d’acteur de Cavill trouve un terrain d’activité vraiment bon lui permettant de rendre crédible ce perso. Il se cherche et tu sens la lutte entre les deux origines. Et tu verras que la perception de Kal-el vis à vis des humains est moins lisse que prévue. C’est une relecture du mythe a beaucoup de niveaux et pourtant quand tu compiles toutes les influences qui parsème ce film tu te rends compte que c’est une compilation intelligente de bcp des derniers comics sur le mythe superman ainsi que d’apports plus novateurs allant à l’encontre des attentes. Après tout cela n’engage que moi, mais je trouve que dans 90% des cas de critiques faites à l’encontre du mythe qui serait soit disant bafoué, on trouve une explication logique qui se justifie a la vue du placement de Kal-el dans notre époque. Reeves était et restera un grand superman comme Connery un grand bond, mais cela n’a jamais empêché Daniel Craig de prendre tout le monde par surprises quand la saga a été rebooté, il en est de même avec Henry Cavill. Il faut juste prendre le parti de voir le film en oubliant les autres. La mémoire cinématographique que l’on se construit peu très bien survivre avec les deux sagas côte à côte crois moi 😉

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        darknote
        juin 19, 2013 at 9:55

        Aie, vous me parlez de Mission Impossible 2, je ne suis pas fan de  » Missions Impossible » , cela ne restitue pas l’âme de la série, trop misé sur l’égo de Tom Cruise.
        Pour Superman Returns j’apprécie l’acteur Brandon Ruth mais pas du tout le film, je trouve que c’est une mauvaise histoire sur Superman, comme Superman IV qui est naze.
        Je ne suis pas un partisan de le relecture d’un « mythe » j’aime qu’on garde les grands lignes d’un comics, je reconnais que Henry Cavill s’est beaucoup investi physiquement pour le rôle mais je l’ai vu dans Les Immortels et Sans Issue, je n’ai pas accroché du tout à son jeu d’acteur, cela me faire peur, le film dure 2h 20 à peu près, trop long pour moi, je vois j’adore Iron Man pourtant Iron Man 3 m’a paru beaucoup trop long.
        Pourquoi vouloir que Ka-El a une vision moins lisse sur les humains, est ce difficile de croire qu’un être venu d’ailleurs pourrait être totalement différent de nous, humains, doit-il forcément avoir les même ressentis ?
        Je ne suis pas surpris de lire cet phrase, car tout transpirer dans les bandes annonces que ce Man of Steel n’était pas le Superman de Reeves.
        On sent la présence de Nolan et n’étant pas un adhérant des Dark Knight, cela donne une autre raison à ma méfiance envers le film.
        Et pour James Bond, pour moi ce n’est pas Sean Connery mais Roger Moore le mieux, jamais vu un Bond avec Daniel Craig.
        Ce qui compte, c’est que certains trouvent du plaisir et un bonheurt à aller vori ce film, il ne peut pas faire l’unanimité.

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    Oro
    juin 18, 2013 at 3:12

    Jolie critique, ça donne envie. J’ai une question cependant au niveau de l’action. J’ai moyennement apprécié Avengers, où j’ai trouvé qu’il n’y avait que de l’action sans aucune émotion, sans aucune âme (un peu à la manière d’un Transformers 3 où tout pète mais où l’on s’en fout royalement…). Est-ce que ce Superman est de ce genre là ? Merci.

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      admin
      juin 18, 2013 at 4:22

      @Oro: Tu verras, cela n’a pas grand chose à voir, certes il y a de l’action qui bien souvent est tellement dantesque qu’elle rend celle de The avengers ridicule, mais elle se justifie bcp plus. Du coup le feeling est différent.

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    4evaheroesf
    août 15, 2013 at 10:09

    Pas un mauvais film ni un grand film mais j’ai bien aimé surtout pour l’action.
    Par contre, l’histoire, les personnages, le jeu des acteurs ou même la musique, tout ça m’a laissé de marbre.
    – Krypton : sympa mais plus court, ça aurait été mieux.
    – Il y a des acteurs que j »aime bien dans Man Of Steel mais ils font le minimum syndical dans ce film
    – Je préfère la crise cardiaque de Jonathan pour montrer que Clark ne peut pas sauver tout le monde.
    – Metropolis : c’est un blockbuster et un film de super-héros alors il faut plein d’explosion, c’est normal…
    – La mort de Zod : il fallait s’en débarasser…
    – Lois Lane : pas mieux ou pire que les précédentes…
    Je ne sais rien sur Amy Adams, je ne crois pas avoir déjà vu un de ses films et joué cette Lois ne me donne pas envie d’en connaitre plus sur elle.
    Je l’ai vu une fois et c’est bon, j’attendrais sa sortie en dvd.

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