Critiques de films

[Critique] Malavita – Luc Besson – Critique du film

Fred Blake alias Giovanni Manzoni, repenti de la mafia new-yorkaise sous protection du FBI, s’installe avec sa famille dans un petit village de Normandie.
Malgré d’incontestables efforts d’intégration, les bonnes vieilles habitudes vont vite reprendre le dessus quand il s’agira de régler les petits soucis du quotidien…

Luc Besson dans le paysage cinéphilique français est une légende que l’on aime ou que l’on déteste. Difficile de trouver des personnes stables au niveau de l’appréciation sur ce sujet particulier. Après avoir fait quelques films pour maintenir son studio à flots ( et se transformant ainsi plus en buisness man) qu’en réalisateur, le voici de retour avec une production plus légère au regard de celle qu’il a fait avant. Oui, Malavita adaptation du roman du même nom de Tonino Benacquista est une comédie légère reposant pour beaucoup sur le cabotinage assez délicieux de Robert de Niro et Tomy Lee Jones. Là où le livre était parfois plus vif et mordant, Besson recentre la dramaturgie de façon un peu drastique. Certains personnages du coup en patissent un, Tomy Lee Jones en tête qui se retrouve du coup plus en guest de luxe, laissant du même coup une certaine lattitude d’action a de Niro pour s’amuser et faire un retour sur des années de cinéma et les mélanger avec ses goûts propres. Reposant avant tout sur le noyau familial de cette famille d’affranchis en fuit, Malavita version Besson, ne cherche pas forcément à réinventer la roue. Ce n’était pas le but et partir dans cette direction aurait été préjudiciable au tempo. Pas que celui-ci soit sans eceuils, mais sous sa forme actuelle, il faut bien reconnaître qu’en bout de course, le film remplit son objectif. Divertir sans trop se prendre la tête et c’est bel et bien ici que certains verront je n’en doute pas à redire.

Prenant le parti de n’être qu’une simple comédie, Malavita n’a d’autres but que de distraire. Film facile dirons certains et je ne pourrais pas forcément répliquer sur ce domaine car c’est vrai. Boulevard offert a Robert de Niro pour cabotiner le film ne cherche pas forcément à aller au delà des acquis du livre. La profondeur des personnages est moins grande et ce qu’ils perdent de ce côté est alors remis en contrepoint avec une volonté de divertir et pas forcément grand chose d’autres. Là où Benacquista avait un sens de la profondeur et du second degré assez profond, Besson rentre dans le domaine de la parodie de genre au premier degré. On a exactement ce que l’on attend, mais pas forcément plus, c’est le point faible du film d’une certaine façon. Est-ce que cela l’enterre définitivement? Non, car de par son casting et son tempo, l’ensemble réussit à remplir son contrat de divertissement sur la durée. Le tout occassionant même quelques agréables surprises en bout de course. L’une d’elle étant le personnage du fils de Robert de Niro, véritable petit escroc en devenir et digne descendant de son père. Doté d’une répartie et d’une présence assez enthousiasmante pour un acteur de son âge, le jeune acteur fait sensation avec ce qu’on lui offre. Ce n’est pas forcément beaucoup, mais il réussit à en tirer le meilleur parti. Une première rencontre qui donne l’envie d’en voir plus et de vite le revoir dans d’autres productions où il sera encore plus en avant.

Adapter n’est jamais simple, cela implique de parfois trahir complètement ou faire des coupes partielles pas toujours heureuse dans le récit. Malavita de Luc Besson est plus dans la 2e catégorie. Ne gardant que la base du plat, il en oublie un peu que dans le roman, c’était aussi toutes cette extra garniture qui en faisait la force. Résultat des courses, loin d’être horrible, l’adaptation cinéma de ce roman reste un agréable divertissement plus qu’un utile complément au livre de Toninon benacquista. Porté par le charisme indémodable de Robert de niro et la beauté sans failles de Michelle Pfeiffer, les aventures de cette famille de mafieux laissent un goût d’inachevé en bout de course, sensation d’avoir vu le pilote d’une série Tv, mais de ne pas avoir la certitude que la série va être ensuite validée pour une saison entière. Du coup on se retrouve un peu le bec dans l’eau à la fin de l’aventure. C’est un peu dommage et pousse un peu à oublier plus vite que de raison ce que l’on vient de voir. Dommage…

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