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[Critique] Magic in the Moonlight-Woody Allen-Critique du film

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon a une très haute estime de lui-même, mais ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur : il y fait la connaissance de la mère, Grace, du fils, Brice, et de la fille, Caroline. Il se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de confondre la jeune et ravissante Sophie Baker qui séjourne chez les Catledge avec sa mère. En effet, Sophie a été invitée par Grace, convaincue que la jeune fille pourra lui permettre d’entrer en contact avec son défunt mari. Or, dès son arrivée dans la propriété, Brice est tombé fou amoureux d’elle.

Woody Allen tourne-t-il trop ? Peut-être. Clint Eastwood est dans le même cas, mais entre deux coups de mou, il continue de surprendre. Woody Allen de son côté a un peu plus de mal. Colin Firth a beau avoir un charisme naturel à l’écran, la magie a un poil de mal à prendre ici. La love story dans laquelle baigne le film devient de plus en plus difficile à digérer au fur et à mesure que l’histoire se déroule sous nos yeux. C’est d’autant plus triste que Colin Firth en duo avec Emma Stone, il faut bien reconnaître que cela a quelque chose de magique. Et pourtant… Midnight in Paris avait un charme certain et par instant, il faut reconnaître qu’on le retrouve dans ce Magic in the Moonlight. Mais, elle est perdue au milieu d’un sentiment d’immobilité gênante avec le temps. Magic in the Moonlight sent le vieux et le déjà vu. Voilà, c’est dit. Woody Allen connaît ses classiques et a plus d’une reprise, l’action à l’écran et le déroulement de l’histoire vous fera penser à plein de classiques, mais jamais le film ne réussit à avoir une véritable identité. Et c’est bien là son problème majeur. Rien n’est véritablement novateur. Woody Allen commence tire a montrer des signes de faiblesses créatives ? La vision de Magic in The Moonlight peut le laisser croire.

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Pris dans l’ombre de son personnage de Bridget Jones ou d’autres rôles romantiques dans lesquels on s’attend à le voir encore et encore Colin Firth souffre un peu dans l’esprit d’une prison construite à côté de celle de Hugh Grant. Les Anglais parangons du romantisme…et il joue encore à peu près la même chose ici. On est en terrain connu et tout comme un film avec Hugh Grant la surprise n’est plus sur le menu. De plus ni forcément passionnant ni sexy son personnage peine a enthousiasmé. Emma Stone est son contraire absolu et dans le cas de son sourire, il devient assez facile de tomber dans le piège. Mais cela n’emmène pourtant pas le film en dehors de la zone rouge où il séjourne. Woody Allen peine à donner une vraie stature à son film. Le coeur du film se cherche et Allen a déjà eu des moments nettement plus inspire dans sa carrière et c’est en souvenir de ces derniers que Magic in The Moonlight peut paraître un peu vieillot. Woody Allen crée ici loin de ses standards une love story dans laquelle on ne croit jamais vraiment. Tout semble soit trop simple ou paresseux voir au pire maladroit.

En bout de course Magic in the Moonlight rejoint la liste trop visible des films mineurs de cinéastes nous ayant habitués à mieux. On ne croit jamais vraiment dans cette romance qui trop souvent se perd en débats inutiles. Mais qui surtout sent la naphtaline. Woody Allen vieillit, mais là où certains réalisateurs eux aussi plus vieux gardent pied avec l’énergie ou l’envie de se renouveler ou juste confronter avec des nouveaux genres, Woody Allen reste dans sa zone de confort. C’est un choix facile qui n’a au final qu’un seul impact sur le public, celui de le laisser tellement peu surpris par ce qu’il voit qu’il définit alors cette zone de confort comme le meilleur endroit pour s’endormir. Mieux vaut rester sur d’autres films de Woody Allen…

 

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