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[Critique] Mad Max: Fury Road- George Miller

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Mad Max : Fury Road est le genre de film qui des années après risque encore de faire parler de lui ? Pourquoi ? Pfiouuu pour tellement de raisons en fait. En surface comme en profondeur, Mad Max : Fury Road est une œuvre très particulière. Un gigantesque bras d’honneur au système hollywoodiens en fait. George Miller se sert de ce dernier pour produire son film, mais en bout de course livre quelque chose qui s’amuse avec joie à dynamiter les bases du genre. Que ce soit dans le cœur de sa narration en inversant le rapport de force attendu par le public ou sur la forme. Mad Max : Fury Road n’a rien à voir avec les films d’action classiques que vous avez pu connaître jusque-là. D’une certaine façon, il fait sauter le système et le fait s’écrouler sur les fondations fragiles qui étaient les siennes. Film de survie, film de poursuite, film féministe en diable, Mad Max : Fury Road est un milliard de choses à la fois. Mais c’est avant tout l’œuvre d’un réalisateur de 70 ans qui du haut de ses 7 décennies ridiculise en termes de réal quasiment tout Hollywood. L’action n’est rien sans l’œil et le cerveau d’un réalisateur, sinon ce n’est que du bruit et de la nuisance visuelle sur grand écran avec supplément 3D.

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Mad Max : Fury Road, c’est avant tout un film. Aussi bien sur le fond que sur la forme l’œuvre de George Miller ne laisse rien dépasser. Sorte de compilation des 3 premiers films renvoyant ces derniers à une sorte de brouillon, George Miller mêle l’action comme le fond et la narration dans un ballet assez impressionnant. Mad Max, le nom est un mythe, une légende et l’on s’attend à ce que le film repose sur ses épaules uniquement, mais symbole de son époque, Mad Max : Fury Road évolue ( enfin du moins prend un autre angle d’attaque) et change la badasserie de côté. Certes Mad Max est un monstre enragé qui fera tout pour survivre…mais, il n’est pas le cœur du film. Il est le narrateur et quasiment un personnage secondaire de luxe. George Miller capitalise sur le fait que le public connaît déjà l’histoire de Max, ses traumas et ses doutes…il ne perd pas un temps fou du coup sur le sujet et prend la décision d’étendre les fondations de son univers au travers de Furiosa. La combinaison de Furiosa et Mad Max l’un combattant à côté de l’autre a quelque chose de magnétique aussi bien sur le plan du film que du sous texte. Certes avoir une héroïne féminine n’est pas la surprise du siècle. Mais en faire un vrai personnage loin d’être une potiche désireuse de changer les choses amène un champ des possibles immense surtout dans l’univers de Mad Max : Fury Road.

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La place de la femme dans cet univers en ruine est en partie le cœur du film. Réduite à l’exil où aux rôles ingrats de mère pondeuse et pourvoyeuse de laits…il ne fait pas bon être femme dans le monde de Mad Max : Fury Road. Un constat que Furiosa n’a que trop bien compris par la force des choses et des années. L’histoire douloureuse la liant a Immortan Joe est plus suggéré que dite ouvertement, mais dans le désir maladif qu’a Furiosa de sauver les mères porteuses des griffes d’Immortan Joe on comprend les racines de son mal. Il n’en faut du coup pas plus pour définir les contours du personnage et comprenne la haine, la rage et l’énergie du désespoir qui l’habite. Mais loin de n’être que cela, elle est tout comme Max un personnage blessé, détruit de l’intérieur qui cherche à se faire pardonner des fautes trop lourdes pour lui. Le voile de tragédie qui englobe ses deux personnages confère à l’ensemble du récit quelque chose de très touchant. Ce sont deux personnages peu habiles avec les mots, dans le monde qui est le leur, les balles ont plus de valeurs. Et pourtant quand ils décident de se parler, la maladresse qui les habite voir même la fragilité enfantine donne à Mad Max : Fury Road un tout autre visage. Voir le film de George Miller uniquement pour l’aspect action serait passer à côté de l’essentiel.

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La relation Furiosa/Max et par ricochet celle de Nux avec l’une des Fury montre qu’au travers de ce chaos où tout semble perdu…l’espoir existe encore. On ne peut pas fixer ce qui à été brisé dit Max pendant le film…une phrase montrant en partie qu’il se trompe tant le destin lui envoie un autre message dans les dents en le mettant sur le chemin de Furiosa. On pourrait parler pendant des heures des tonnes de sous textes habitant le film, mais cela ne lui rendrait pas encore totalement justice. Mad Max : Fury Road est un ovni. Une réponse très punk dans sa nature à la standardisation de l’action à Hollywood. George Miller ne cherche pas juste à impressionner bêtement avec des beaux plans, il cherche à faire du cinéma ! Une notion un peu désuète chez certains et pour que ses séquences d’actions soient intenses, il sait qu’il se doit d’appliquer la théorie du aussi fort sur le papier qu’à l’écran. Si l’on ne s’attache pas aux personnages, la notion de danger que ces derniers traversent devient alors anecdotique et aussi talentueux que puisse être le réalisateur rien n’y fera. Ce n’est pas le cas ici. George Miller évite ces pièges basiques. Il s’en éloigne dès le début de la course pour laisser les autres suiveurs s’y embourber. Mad Max : Fury Road n’est pas forcément exempt de défauts et certains personnages paraitront un peu légers, mais pris dans la furie de cette chasse à l’homme cela se comprend et se justifie presque. Le focus est et reste du début à la fin Furiosa et sa quête et ensuite Max…qui est ici présent pour l’aider à accomplir cette dernière.

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Mad Max : Fury Road, c’est l’histoire d’un film anachronique dans le paysage actuelle. Le genre de production faite par un vieux de la vieille qui attendait son heure avec son projet titanesque dans un coin. Avec Mad Max : Fury Road fait un vrai travail de cinéaste comme jamais et aussi d’entertainer au sens noble. On trouvera à boire et à manger dans le film de George Miller, chacun prenant ce qui l’intéresse ou non. Mais, si l’on prend le temps de déguster la chose, alors la vraie saveur du menu nous saute à la gorge et comme un bon vin, on se laisse enivrer par ce Mad Max : Fury Road. Le laissant nous emmener jusqu’à l’ivresse, et ce, de façon tout ce qu’il y a de plus consentante. Une expérience de cinéma totalement incroyable. À voir !

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