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[Critique] Lucy- Luc Besson- Critique du film

Dans un monde parallèle, Luc Besson est un génie, Lucy vient de gagner dix oscars et on étudie sa narration et sa réalisation dans les écoles de cinéma. Dans ce monde, la drogue est légale, l’amour du cinéma est mythe et les acteurs qui cachetonnent une atroce légende dont personne n’a jamais vu le bout de la queue. En gros dans ce monde l’utopie est une chose concrète et d’ailleurs Luc Besson prépare Lucy 2, le retour de la clé USB cosmique. Non sincèrement, si vous avez la chance d’avoir un ticket pour voyager dans ce monde allez-y, cela semble diablement cool. Malheureusement, vous êtes comme moi pris au piège de notre simple existence de mortel cinéphile. Ne pouvant utiliser que 10% de notre cerveau dont 8 sont pris en charge par le choix du pop corn salé ou sucré. Ce qui laisse 2% se battant en duel pour définir l’heure de la séance. Oui dans ce monde, l’amour du cinéma est un peu une notion en voie d’extinction. Cela ne fait pas vendre. Alors, on la remplace sous couvert d’exploration du sens de la vie et de bouillie pompant dans les recettes des classiques sans jamais y arriver par de la bonne grosse junk filmique qui s’assoit sur ton estomac comme un sumo. Ne parlons pas d’intelligence, cela fait longtemps que tu en as été privé en entrant dans cette salle.

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Oui, Lucy est une insulte à l’intelligence de la pire espèce. C’est d’autant plus inquiétant du coup de la voir connaître un succès pareil. Luc Besson est un peu le Dr Strange du 7e art français…ou plutôt Constantine. Il est passé de l’autre côté et manipule les forces obscures avec un talent que personne ne peut égaler. Je ne vois pas d’autres explications pour expliquer son talent à faire avaler au public les pires bouses qui soit en jurant ses grands dieux en promo qu’il y a mis son cœur, son âme et son désir de faire plaisir. Autant la maladresse et la naïveté d’Angel A par exemple m’avait plu, autant Malavita sans jamais révolutionner quoi que ce soit était un gentil « téléfilm » qui n’amenait pas de critiques particulières, autant Lucy représente la quintessence du foutage de gueule. Choi Min Sik et Morgan Freeman, acteurs ultra brillant au demeurant écopent de deux roles sans le moindre intérêt. Le premier en méchant Coréen qui se fait chier avec tout ( on dirait Mel Gibson dans The Expendables 3 niveau qu’est ce que je fous là ?) et Morgan Freeman qui est le monsieur Discovery Channel présent pour donner une pseudo crédibilité au charabia inutile et idiot de Luc Besson autour des théories du cerveau. Un film se fait à l’écriture, sur le tournage et au montage. Lucy a été flouée sur les 3 tableaux. Le scénario est rempli de passages idiots ( la discussion avec la mère au téléphone, les dialogues du flic face à ce qui se déroule devant lui, Morgan Freeman et j’en passe.) Cela aurait pu être sauvé par la réalisation, mais malheureusement c’est ici que tout s’emballe.

Luc Besson semble depuis quelques années…avoir un énorme problème, il n’a plus envie. Ou plus rien à dire peut-être. La magie maladroite, mais sympathique qui pouvait habiter ses premiers films et donner l’envie n’est plus là. Léon aura-t-il été son sommet ? C’est parfois ce que je pense tant depuis des années peut-être à l’exception de The Lady, il ne fait plus des films, mais des coups savamment orchestrés pour cartonner et injecter de l’argent dans son studio. C’est le jeu et je comprends la donne, mais cela empêche-t-il de faire des bons films et d’y mettre du sien ? LUCY ne fait pas rêver en termes de réalisations, mangeant à tous les râteliers et mélangeant de façon peu homogène toutes les idées et styles, Besson se cherche sans jamais se trouver. Désireux de plaire à tout le monde sans jamais oublier d’essayer de faire passer « son message », il se rate à tous les niveaux. Lui si créatif dans le domaine de l’action accouche de séquences pas idiotes sur le fond, mais dont la forme n’ont rien de magique, pire parfois comme la poursuite en voitures sont justes illisibles. Ce qui pour un réalisateur comme lui montre le côté je m’en foutiste qui caractérise de plus en plus son cinéma. Lucy se veut être Akira rencontrant 2001 l’odyssée de l’espace. Le hic est que dans le cas du 1er on s’attachait aux personnages et dans le second le sous texte philosophique avait une vraie portée qui des années après fait encore réfléchir. Et dans les deux cas même avec le temps, ils ne perdent pas le statut de classique. LUCY au-delà du statut de nanar pompeux aura du mal à s’offrir un autre titre.

Ridicule de bout en bout en partie à cause de la faiblesse monstrueuse de son écriture et le chaos inhérent à sa narration, Luc Besson plombe Lucy sans le moindre espoir de retour. On voudrait croire à une certaine forme de naïveté et de folie, voir même de génie incompris s’amusant à se jouer des conventions. Mais dans le fond, il n’en est rien. Lucy est un foutoir sans nom, pensant être intelligent et prenant le spectateur pour un con en appuyant de poncifs chacun des passages de son récit ( qui n’est pourtant pas bien compliqué…). Cas classique de foutage de gueule, Lucy est une insulte à l’intelligence utilisant bel et bien 100% de ses capacités. Il n’y a plus rien à sauver, Luc Besson est bel et bien mort. Paix à son âme.

1 Comment

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    doudou
    août 13, 2014 at 2:26

    ouais je suis assez d’accord avec tout !

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