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[Critique] L’interview qui tue- Seth Rogen- Critique du film

L’interview qui tue a l’aura du film maudit. Avant même sa sortie, il aura été la cause de tension entre 2 pays, de tensions dans un studio US et de l’intervention sur le sujet du président des États-Unis en personne. Non on ne rêve pas, il ne s’agit pas d’un plan comm de maniaque, juste de la réalité, ce qui du coup rend la chose encore plus drôle quand en bout de course, on finit par découvrir le film. Qui sous la houlette de Seth Rogen et de James Franco ne ment pas vraiment sur la qualité du produit en bout de chaîne. L’interview qui tue est totalement borderline, ultra pipi caca, profondément con et souffrant de problèmes de rythmes et de scénario…pourtant ce n’est pas pour autant que le film en devient fondamentalement désagréable. Oui le teasing incroyable dont il aura bénéficié avec les événements fous autour de sa promo a fait que l’on peut dans un cas comme dans l’autre être presque tolérant ou alors pas le moins du monde le concernant. Pour moi, l’interview qui tue est effectivement mauvais en partie, mais n’en reste pas moins distrayant. Oui, il y a du paradoxe la dedans. Je préfère définitivement la roue libre absolue de Seth Rogen et James Franco dans ce film à celle des frères Farrelly dans le second Dumb and Dumber. Pourtant, la connerie y est aussi contagieuse dans l’un que dans l’autre.

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Mais la presque force de L’interview qui tue est que malgré ses faiblesses narratives, le film reste carré dans sa réalisation. Cela part dans tous les sens, s’essaye vainement ( mais pas si bêtement dans le fond) à la critique du système journalistique, critique de façon hardcore la Corée du nord sous couvert de de grosse pantalonnade, part totalement en vrille mode film d’action sur la fin. Le tout avec des gros trous d’air au milieu et pourtant c’est dans ces instants que le film offre un petit moment de grâce. Randall Park qui joue le rôle de Kim Jong Un réussit à s’éloigner de la gaudriole absolue de James Franco. Il réussit presque à rendre sympathique le personnage de ce dictateur qui n’a pourtant rien pour lui. Le trio qui se dessine alors ici entre lui et Seth Rogen et James Franco montre bien le côté absolument schizophrène du film. Seth Rogen ne fait pas grand-chose pour nous changer de son personnage légendaire, cela parle de sexe, de trucs dans le rectum, de sexe et encore de sexe. Mais Rogen à cette qualité horrible des idiots flamboyants, il en devient encore et toujours presque sympathique. James Franco de son côté en l’espace de dix minutes de film réduit en cendre le niveau de cabotinerie que Robert Downey Jr a pu avoir sur toute sa carrière. C’est aussi fascinant qu’insupportable. C’est comme si quelqu’un d’autre avait pris possession de lui du début à la fin. Sûrement le démon cocaïne.

L’interview qui tue n’a pas forcément la volonté d’être autre chose qu’une espèce de grosse gaudriole vulgaire à souhait et totalement en roue libre. C’est sur ce fait d’ailleurs que Rogen et Franco démontrent une certaine forme de constance dans le pétage de plomb. L’interview qui tue n’est pas forcément bien écrite et possède de nombreux trous d’air, mais quand cela fonctionne, le résultat agréable est en grande partie dû à ce duo. Mais aussi à Randall Park qui tire son épingle du jeu en livrant la meilleure performance du film. Passant d’un extrême à l’autre, il donne vie a une vision au final assez jouissive de ce salaud manipulateur que l’on s’imagine être à la tête de la Corée du Nord. Le défaut principal de l’interview qui tue est que le film cherche à être beaucoup trop de choses à la fois et se perd en route assez vite. Ne subsistent vraiment que les pitreries du duo d’acteurs principaux. C’est ce qui fonctionnera ou au contraire repoussera la plupart des spectateurs. Idiot jusqu’à l’excès le film semble être le rejeton non avoué d’une œuvre des frères Farrelly, mais à la sauce 2014. Le hic avec ces derniers est qu’avec le temps ils n’ont plus trouver le moyen de se renouveler. Le duo Seth Rogen et James Franco commence à montrer les mêmes symptômes. On rigole encore par moments dans L’interview qui tue, mais pour combien de temps encore ?

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