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[Critique] Les gazelles- Mona Achache- Critique du film

Les gazelle de Mona Achache: Marie et Eric, trentenaires en couple depuis le lycée, signent l’achat de leur premier appartement quand Marie est saisie d’un doute vertigineux. Sa rencontre avec un beau brun ténébreux va précipiter sa décision : elle quitte Eric pour plonger dans le grand bain du plaisir et de la liberté.Mais elle va surtout se manger le fond de la piscine…Et découvrir un monde sans pitié : à son âge, le célibat est vite perçu comme une tare suspecte. Eclairée par des amitiés nouvelles, Marie va apprendre à envisager son célibat comme une chance d’où elle pourrait sortir plus forte, et enfin prête à être heureuse.

Difficile de juger le film sans tomber dans une possible catégorie du macho de base. En effet, les gazelles a un souci basique, c’est un film de filles, fait pour les filles et oubliant un peu beaucoup de parler au plus grand nombre. En soit, cibler une partie du public n’est pas un mal, beaucoup d’autres le font, mais le souci qui se crée est bien évidemment le manque d’équilibre qui du coup rend un peu caduque le film de Mona Achache. Camille Chamoux, héroine post romantique désabusé, loin d’être une mauvaise actrice écope d’un rôle d’où émane au final assez peu d’empathie. Tout comme les personnages féminins l’entourant. C’est assez ennuyeux dans le fond. Mona Achache donne vie a une vision au final tout sauf romantique de la vie des femmes de nos jours, le romantisme dans les grandes villes est une bête sauvage que tout le monde chasse en cœur. C’est une espèce en voie de disparition, le pessimisme qui découle au final de tous ces portraits de femmes donne une tonalité très bizarre au film. Marketé comme une comédie, le film est au final tout sauf cela. On rigole parfois, mais pas assez pour que l’on en ressorte avec du baume au cœur.

Les gazelles de Mona Achache laisse en bout de course une sorte de goût amer dans la bouche du spectateur. Les femmes luttent pour obtenir une autonomie et une reconnaissance face au sexe fort, pour en bout de course laisser l’impression qu’elles ne savent pas quoi en faire. La vision que Mona Achache pose du coup sur ses actrices est très étrange et principalement celui de Camille Chamoux qui passe d’un extrême à l’autre pour finir dans une position pour le moins inattendue. Mais c’est de par ses choix pour le moins étrange que les Gazelles semble incapable de clairement s’adresser à un public défini. Les hommes présents dans le film sont des objets ou des porteurs de clichés et les femmes sont des visions aussi bien parfois clichées que très pessimistes. Toutes cherchent l’amour, lui tourne autour et foutent le camp en courant en le voyant. Au final rien de différent des hommes actuels. Le film a du mal à véritablement trouver une identité tout comme un propos. Prenons l’exemple de Bridget Jones sur le mal des trentenaires à la recherche de l’amour et mettons-le en face des Gazelles. Les deux films abordent certains sujets similaires sans pour autant la même efficacité. Bridget Jones réussit justement en visant large et en mélangeant habilement les genres a rendre son message efficace et parler aussi bien à un public féminin que masculin. Les Gazelles de Mona Achache se coupe définitivement du public masculin en le réduisant à une série de clichés, c’est un choix, mais aussi une sentence de mort pour l’intérêt du film en bout de course.

Cela ne fait que rendre encore plus artificielle la recherche de l’amour que veulent avoir les héroïnes. Les cas sont classiques, soit il n’y a que des connards ou quand un mec bien se précise, elles passent à côté. Tout cela pour s’en rendre compte au final et finir par redevenir une party-girl sans but après avoir gâcher son parcours pour rien au final. Le constat sur l’image de la femme dans l’échiquier du jeu de l’amour n’est au final pas plus glorieux que celui fait des hommes dans le film. On en ressort circonspect et l’on se demande si au final Mona Achache aime vraiment quelqu’un tant d’un côté comme de l’autre dans son film tant la vision qu’elle imprime au parcours de son héroïne est ici au final bien triste. Un drôle de film, mais pas dans le bon sens du terme…

2 Comments

  • Reply
    frogita
    septembre 8, 2014 at 1:42

    J’ai personnellement eu l’impression qu’elle a laissé un mec écrire la fin, surtout sur le mec qui se révelle et que finalement elle a laissé partir..comme tu dis, elles ne savent pas quoi en faire de leur liberté, à part se mettre une mine constamment.

    • Reply
      Chandleyr
      septembre 8, 2014 at 2:48

      @frogita: c’est justement ce portrait au final assez déprimant et pas très valorisant que j’ai trouvé bizarre :s

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