Critiques de films

[Critique] Les gardiens de la Galaxie- James Gunn- Critique du film

C’est assez facile de casser du sucre sur le dos des productions Marvel en ne les réduisant qu’a du simple carburant pro geek. C’est une vision des choses, pas forcément celle que je partage. Disons que ces derniers temps un peu comme un Pixar, ils enchainent le flamboyant ( Captain America 2) et le minable ( Thor 2). Cela n’entame en rien la crédibilité du studio, car aussi bien dans le bon comme le mauvais, l’avalanche de billets verts qui suit efface toutes notions de critiques. Oui Marvel fait du chiffre et cela ne veut pas pour autant dire qu’ils oublient de faire de la qualité. Les Gardiens de la Galaxie se placent directement dans cette catégorie et j’irai même jusqu’à dire va bien au-delà. Longtemps, la production a été vendue comme étant le coup de poker de Marvel, la prise de risque. Disons que dans l’ensemble, la notion de risque est un peu excessive. Marvel ayant déjà remis en avant les gardiens de la Galaxie via une nouvelle série de comics plusieurs mois avant la sortie du film ( pour préparer le terrain) et surtout de par l’autre aspect majeur qui est que l’univers qui explose au grand jour ici avait vu ses fondations se faire en filigrane dans les autres films. Oui, les gardiens de la Galaxie ne se passe pas sur Terre, oui, il présente une autre équipe qui tient plus des gangsters de l’espace que des Avengers, mais les notions mises en place sont connues des fans. Rien de surprenant et au contraire c’est même intelligent de la part de Marvel de délocaliser l’action pour offrir au public une bouffée d’air frais. Mais surtout du renouveau en terme d’utilisations des personnages.

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Les Gardiens de la Galaxie, loin de se prendre au sérieux une seule seconde, n’oublie jamais pour autant de donner du rêve aux spectateurs, c’est bien simple. James Gunn crée avec ce film, sa propre version de l’Agence tout risques dans l’espace sous acide. Chose amusante en terme de tempo ou de personnages, le film de James Gunn se rapproche assez de la version de l’agence tout risques faites par Joe Carnahan ( et le fait que Bradley Cooper soit dans les deux aggrave la chose ). Mais aussi et surtout le rythme du film n’est pas sans rappeler un chef-d’œuvre du genre Indiana Jones et le temple maudit. C’est bien simple, cela n’arrête jamais. C’est référentiel, malin, totalement second degré, mais cela ne prend jamais le public pour un con. La seule et ultime volonté du film est de divertir et de faire rêver un peu comme lorsque l’on était gamin en découvrant les grands films d’action berçant notre enfance. Basé sur des recettes simples, le film parle aussi bien aux adultes qu’aux plus jeunes sans pour autant ne jamais s’alliener l’un ou l’autre. La recette pour cela est simple, réunir un casting de personnages aussi mémorables qu’attachant et leur donner une origin story qui existe bien comme un film presque unique. Je dis presque, car comme tout bon Marvel, ce dernier reste malgré tout attaché à l’univers mis en place dans les précédents et surtout The Avengers et par extensions le Captain America. Oui The InfiniTY Gauntlet et les pierres qui le composent sont bien la base de la quête de Thanos et son apparition dans le film ne fait que renforcer ce qui attend les Avengers par extensions dans le 3e film. Car c’est ici que le scénario est malin en faisant du teasing préventif. On place dans l’esprit des gens des images fugaces de la menace qui se trame. Une pierre amenant le chaos sur une planète qu’en sera-t-il quand Thanos aura les 5 ?

Mais au-delà d’être fidèle à la menace que représente Thanos et sa quête pour le futur de l’univers Marvel au cinéma, le film n’oublie pas qu’avant tout le public est venu pour les Gardiens. Chose que la production décide de récompenser en mettant en place un listing de vrais faux connards magnifique. Peter Quill sous les traits de Chris Pratt est un mélange entre Han Solo et le James T Kirk de Star Trek qu’interprète Chris Pine dans le reboot de la saga. Immature ( par instant) touchant par d’autres et prêt à prendre tous les risques pour ses amis, il est le cœur de l’histoire et de la saga à venir. Chris Pratt au travers de ce rôle et de sa transformation physique imposante réussit à donner vie à un personnage mémorable. Impossible de ne pas l’aimer. Il en va de même pour Groot et Rocket Racoon. Cas d’école où Vin Diesel et Bradley Cooper interprètent les deux personnages. On aurait pu craindre de les perdre sous la surcouche numérique ( tout le monde n’est pas Andy Serkiss ) et c’est bien le contraire qui se passe. L’humanité et l’humour qui se dégage des deux sont assez bluffante, la relation qui s’établit entre ces deux « frères » transcende la simple barrière du numérique. Vin Diesel même s’il n’a qu’une phrase à dire imprime sa patte au personnage et Bradley Cooper rend justice à ce personnage emblématique qu’est Rocket Raccoon. Une réussite qui éclipse presque un peu les deux personnages restants.

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Drax et Gamora ne sont pas des personnages évidents. L’approche par rapport au comics est amusante vu que Drax en la personne de Dave Batista écope d’un second degré assez salvateur ( révélant d’ailleurs Batista dans le domaine) et Gamora quant à elle est bien que badass, une version un peu plus light de ce qu’elle est dans le comics. C’est peut-être ( pour les fans…) le personnage qui catalyse les frustrations habituelles de ce genre d’adaptations. Difficile de satisfaire tout le monde, mais cela n’est pas assez violent pour faire voler en éclats la cohésion de groupe qui règne. Une fois encore comme dans le film de Joe Carnahan, James Gunn n’oublie jamais de donner du temps à chacun des héros pour briller. Que ce soit Quill, Drax, Gamora, Rocket, Groot. Tous existent dans le simple et unique but de nous donner envie d’en voir plus. L’intelligence de Marvel avec ce film est d’ouvrir un tiroir en « miroir » pour développer sa saga. Juste au moment où l’on pensait commencer à tourner en rond sur Terre, ils délocalisent dans l’espace. Les gardiens de la galaxie est une porte ouverte sur un univers qui n’attend que notre curiosité pour en découvrir les recoins. Très proche de Star Trek, le film montre que ce qui sommeille encore devant nous à la fin du métrage est porteur de tellement de possibilités qu’il est impossible de ne pas être totalement excité face à la chose. La raison la plus simple pour s’exciter pleinement devant le 2e film ( validé et prévue pour 2017) est que tout le travail de présentation et de mise en bouche à été fait par James Gunn et de la façon la plus brillante qui soit. Le second film n’aura pas besoin d’y revenir et pourra plonger dans l’une des galaxies qui nous tend les bras. Que ce soit en terme de plaisir ou d’écriture, voire même de mise en scène, les gardiens de la Galaxie de James Gunn est définitivement ( en attendant le prochain) le Marvel que je préfère. Une véritable réussite qui ne se prend jamais au sérieux. Chapeau bas.

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