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[Critique] Les Enfants Loups, Ame & Yuki – Critique du film

Hana et ses deux enfants, Ame et Yuki, vivent discrètement dans un coin tranquille de la ville. Leur vie est simple et joyeuse, mais ils cachent un secret : leur père est un homme-loup. Quand celui-ci disparaît brutalement, Hana décide de quitter la ville pour élever ses enfants à l’abri des regards. Ils emménagent dans un village proche d’une forêt luxuriante…

Ma première découverte de Mamoru Hosoda s’était fait avec « Summer Wars » loupé en salle, j’avais fait une séance de rattrapage en Blu-Ray. Dire que cela avait été une claque aurait été un euphémisme. Magique, fou et doté d’un cœur gros comme cela, le film abordait les thèmes de la famille et tant d’autres avec une aisance folle, mixant les situations les plus improbables les unes avec les autres, et ce, sans jamais se perdre en route. Que dire à part que j’étais admiratif. Il aurait d’ailleurs fallu être d’une mauvaise foi énorme pour ne pas l’être. C’est donc pour cela que lorsque l’occasion de découvrir en salles Ame et Yuki les enfants loups, mon sang n’a fait qu’un tour et une fois la projection fini je ne regrettais pas une seule seconde d’avoir fait le voyage dans cet univers si particulier qu’est celui de Mamoru Hosoda.

L’animation à cela de bien est qu’au travers de ces différentes formes elle est la passerelle parfaite pour alimenter notre imaginaire en nouvelles expériences. Chacun des grands studios, américains, européens ou asiatiques développera une technique et approche particulière pour arriver à ses fins. Parfois avec talent, parfois en usant de clichés. Hosoda se situe à des lustres de tout cela. L’homme à un univers, une vision et une farouche envie de la faire partager, et ce, de la façon la plus pure possible. Cela passe par la beauté qui touche les yeux, aussi bien qu’au travers des sentiments que l’histoire provoque. Axé autour de la place de la nature et l’impact que celle-ci a sur nos vies, aussi bien directement qu’au travers de son folklore. Tout comme l’importance du tissu relationnel unissant une famille, le film d’Hosoda est a mille lieux de ce que les productions US des si géniaux artisans de l’émotion que sont Pixar nous ont offert depuis si longtemps. Le film oblige à appréhender tout différemment. Changement de style, de ton, de forme et de rythme surtout. L’approche asiatique dirons nous. L’approche quasi réaliste de la dramaturgie et de la mise en abime des émotions humaines touche très vite une corde sensible. De là à crier au génie pour définir ce film, il n’y a qu’un pas.

La force absolue de ce métrage est de réussir à mettre en place son histoire sans esbroufes, mais avec un talent et une inventivité de chaque instant. Que ce soit dans la mise en scène ou le scénario, le film fourmille de moments de génies simples et touchants. Le mot est lancé et s’apparente au cœur du film. Comment survivre à un événement tragique, apprendre à surmonter les épreuves de la vie et se retrouver seul face à cette dernière ainsi que la nature. Perdue entre ces deux extrémités la mère ( héroïne du film) doit apprendre à vivre, lutter et survivre face à ces éléments qui au final menace de façon parfois involontaire l’unité si fragile de sa famille. Comment protéger sa progéniture d’un monde qui la redoute sous sa forme la plus mystique et d’une autre qui souffle des mots doux a ce « monstre intérieur » l’appelant à embrasser sa part animale et vivre sa vie pleinement. Celle qu’il n’aura jamais en tant qu’homme ou femme faisant semblant de n’être qu’un humain parmi les humains.

Loin des standards américains, Hosoda dresse ici un portrait « réaliste » des liens entre une mère et ses enfants, noyé dans une situation qui les dépasse. Mais il n’oublie pas de donner vie à une étude fine et sans fautes de goût prononcé de ce qui sépare de plus en plus l’homme d’une nature qui pourtant lui est vitale. Montrer la difficulté de maintenir l’équilibre entre ces deux extrêmes était l’idée du film. La mission est parfaitement réussie et même bien au-delà. Ame et Yuki touche au brillant et profondément émouvant. Un vrai grand film qui montre que l’animation n’est pas le parent pauvre de l’émotion. Définitivement à voir.

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