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[Critique] This is where i Leave you – Shawn Levy – Critique du film

À la mort de leur père, ses quatre enfants, blessés et malmenés par la vie, reviennent dans la maison où ils ont passé leur enfance. Ils se retrouvent donc contraints de cohabiter sous le même toit pendant une semaine, en compagnie de leur mère indiscrète et de leurs conjoints, ex-conjoints et anciens amoureux transis… En affrontant leur passé et en tentant de recoller les morceaux, ces êtres qui s’aiment et se connaissent mieux que personne parviendront peu à peu à renouer des liens, souvent passionnels, et toujours affectueux. Au milieu du chaos, des rires partagés, des peines de cœur et des deuxièmes chances, ils nous embarquent, comme seules les familles savent le faire, dans un périple émotionnel mouvementé qui nous renvoie au meilleur de nous-mêmes.

Quand on pense à Shawn Levy, on a tendance à se dire qu’avec des films comme ceux de la saga “La nuit au musée”, il ne faut pas attendre grand-chose du monsieur et pourtant. En adaptant le roman “this is where i leave you” de Jonathan Tropper, sur un scénario du même auteur, Shawn Levy signe sans nul doute son meilleur film. Tendre, délicat et doté d’un casting parfait, This is where i leave you est un petit délice au final simple, mais terriblement efficace et c’est ce qui le rend aussi agréable. Jason Bateman porte le film sur ses épaules au milieu d’un casting composé de Tina Fey, Adam Driver et Corey Stoll, le tout complété par Jane Fonda en mère de famille et Rose Byrne en love interest secondaire. Tout est question d’équilibre quand on en vient à exploiter un casting aussi large et c’est bien sur ce point que le fait d’avoir Jonathan Tropper qui s’adapte lui-même rend justice à ce petit film qui a tout d’un grand. Comment une fratrie qui a priori n’a rien en commun va survivre à 7 jours sous le même toit pour faire le deuil de leur père défunt. On se dit que les choses vont exploser en plein vol, qu’il y aura des engueulades et des points de suture et l’on n’a pas tort. Mais au milieu de tout cela, ce qui ressort surtout est l’amour que ces frères et soeurs se portent même s’ils ont le plus grand mal du monde à se le dire correctement.

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Au milieu de la foule d’acteurs qui composent le film, deux ressortent tout particulièrement, Jason Bateman qui est le personnage central du film et Adam Driver qui est le plus jeune des frères. Mais aussi le plus profondément immature. Ils sont en quelque sorte le centre névralgique de l’édifice de “this is where i leave you”. Le film se bâtit autour d’eux et de la façon dont ils abordent le monde ainsi que la place qu’ils ont (et l’impact) sur cette famille complètement bordélique. Jonathan Tropper dont le film est inspiré par un de ses romans s’auto adapte lui-même, taillant dans le gras sans jamais perdre ce qui avait fait l’humanité du livre, il offre a Shawn Levy du caviar dont lui et les acteurs se délectent. “this is where i leave you” est au final simple et ne cherche jamais forcément à être ultra complexe, et ce, malgré son grand nombre de personnages, mais de ce postulat que naît la force du film. Le portrait de famille qui se dresse devant nous et la crise existentielle par laquelle passe Jason Bateman ont quelque chose d’assez universel. C’est ce qui rend l’écriture de Jonathan Tropper aussi unique, l’aisance avec laquelle, il capture ces petit rien, pour en faire des grands tout. Et c’est bien dans ce mot que réside la finalité du film. Un tout, retrouver un équilibre dans l’ombre d’un décès mettant à mal la balance des relations dans une famille.

Cela aurait pu être casse-gueule, plein de clichés et dans le fond insupportable, mais c’est bien le contraire qui se passe. Sous la plume de Jonathan Tropper et face à sa troupe d’acteurs vraiment très bons, Shawn Levy se met au service de l’histoire et fait en sorte de donner à tout le monde le terrain de jeu parfait pour réussir à exister et faire exister l’histoire. Certes, ce n’est pas le film de l’année, mais cela reste un bide assez injustifié. Il existe des films terriblement plus mauvais cartonnant en salles. Une très sympathique surprise.

 

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