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[Critique] Le Petit Prince de Mark Osborne

Le Petit Prince de Mark Osborne a fait ses armes à Cannes, la bande-annonce laissait présager de quelque chose de magnifique et du coup on se demande si le film tient ses promesses ? La vérité est entre les deux. Le Petit Prince de Mark Osborne est un pari assez fou, adapter une telle œuvre en gardant l’âme de cette dernière, mais en lui offrant un poil de renouveau n’était pas évident. Mark Osborne a eu le courage de s’y frotter et dans une très grande partie du film, il faut bien reconnaître que cela paye. Le léger souci du film pourrait se résumer dans sa jonction entre la première et deuxième partie. Le réalisme de la première et le point de vue plus féerique de la seconde donnent parfois l’impression de voir deux films en un et c’est au-delà d’un rythme long à démarrer. Ce qui du coup est le vrai gros point noir du film. Le Petit Prince de Mark Osborne n’en ressort pas pour autant en trainant la patte, car , il a heureusement pas mal d’autres atouts dans sa manche pour continuer d’exister, mais il a aussi une grande faiblesse dont il ne se relèvera pas forcément. Celle d’avancer dans l’ombre de Pixar.

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Le nom du géant Pixar plane au-dessus du film. Le style graphique pour la 3d des personnages, gros yeux…est repris par tout le monde. Le Petit Prince de Mark Osborne ne fait pas exception à la règle, mais là encore quelque chose cloche, le style est moins affiné et dans un coin de sa tête, une petite voix hurle contrefaçon…, mais c’est surtout sur le scénario que l’un des problèmes majeurs du film explose au visage du spectateur. Pixar réussit souvent à mêler de façon fluide l’émotion, l’humour et les larmes. Le Petit Prince lui tatonne énormément. L’histoire de base n’est pas forcément la plus joyeuse du monde, mais le film en lui-même s’avère parfois pire. La fusion entre l’émotion et le côté plus léger peine à être effective. On danse d’un pied sur l’autre sans jamais véritablement trouver une stabilité rassurante. Et à la longue, cela ne fait que rendre encore plus fort le sentiment de mélancolie pesante qui englobe le film. C’est le cœur même de ce dernier diront certains et je le comprends, mais la façon dont est présenté au final cette relecture du Petit Prince finit par déstabiliser les fondations de l’histoire.Est-ce que la volonté première du réalisateur était de se frotter à Pixar ? Je ne pense pas. En soit le Petit Prince à le désir d’offrir une autre approche. Moins commercial dans l’âme et parfois plus film d’auteur, il ne peut pourtant sortir des mailles du filet ou de l’ombre de Pixar quand arrive le jeu des comparaisons. Même si ces dernières ne sont qu’inconscientes ou presque…

Le Petit Prince de Mark Osborne apparaît donc en bout de course comme un objet étrange, mais pas détestable du tout. Ciblant les enfants et pourtant très loin de son cœur de cible de par la nature même de son histoire, le film évolue en quelque chose de différent. Un état qui n’est pas détestable à une époque où la production à tendance à se standardiser de façon un peu trop agaçante. Mais en prenant à droite et à gauche, en mélangeant le tout pas toujours de façon heureuse, le Petit Prince perd en route un peu de la force qui aurait dû être la sienne. Film d’auteur au sens noble du terme, le film de Mark Osborne s’amuse à sortir du cadre de ce qu’offre habituellement le domaine de l’animation pour tenter de naviguer plus loin. On peut applaudir l’audace et reconnaître les quelques erreurs de trajectoires. Reste malgré tout des beaux moments de poésies dans le film. Un Andre Dussolier toujours impérial, un renard attachant et une mélancolie aussi poétique que déprimante par moments. Oubliez Pixar, cela en a l’apparence, mais pas le goût. Cela change, cela déstabilise, ce n’est pas parfait et l’on n’en ressort parfois mitigé, mais cela a le mérite d’exister et de montrer une autre facette de la production dans le domaine de l’animation. Une relecture d’un classique gardant l’âme du livre, mais faisant évoluer la carrosserie. À vous de voir, si vous avez encore votre âme d’enfants et l’envie de partir à la recherche du Petit Prince. Pour moi l’avis reste mitigé malgré des qualités certaines. Le diable se cache dans les détails du processus de finition…

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