Critiques de films

[Critique] Le Livre d’Eli – Albert Hughes- Allen Hughes- Critique du film

Dans un futur proche, l’Amérique n’est plus qu’une terre désolée dont les villes sont des ruines et les routes autant de pièges infestés de bandes criminelles. Depuis des années, Eli voyage seul, se protégeant des attaques et se battant pour trouver de quoi survivre. Lorsqu’il arrive dans ce qui fut autrefois la Californie, Eli se heurte au redoutable Carnegie, un homme qui ne recule devant rien pour imposer sa volonté à la petite communauté qu’il contrôle. Eli fait aussi la connaissance de la très belle Solara et découvre que Carnegie compte bien étendre sa sombre domination à toute la région. Eli parvient à échapper de Carnegie, mais Solara l’a suivi… Même s’il est décidé à poursuivre sa route en solitaire, Eli comprend qu’il ne peut abandonner la jeune femme. Pour elle, il va prendre des risques qu’il n’a jamais pris pour lui-même. Mais Carnegie est sur leurs traces et alors que se profile l’inéluctable affrontement, Eli va prendre conscience qu’il a le pouvoir de faire bien plus que sauver une femme et sa propre vie : son destin est de redonner l’espoir, de sauver le futur en soufflant sur les braises d’une humanité qui n’attend que l’étincelle…

Je ne suis pas la personne la plus religieuse qui soit, j’admets, je plaide coupable et cela ne m’empêche pas pour autant de quand même respecter les points de vues d’autrui. Tout le monde n’a pas à avoir les mêmes idées que moi et vice et versa. Mais tant que les deux parties cohabitent dans la joie et la bonne humeur j’avoue que je n’ai rien à redire. Puis parfois, perdu dans les méandres d’Hollywood, je découvre des films qui sous couvert de grands spectacles à bases de pyrotechnies, ralentis, poses badass et vide scénaristique tentent de me faire rattraper mes lacunes de catéchisme. Et comme le dit la phrase célèbre « et là c’est le drame… » Oui mon cerveau part en sucettes et rejette la tentative de greffe voir d’inception religieuse et se met en autodéfense. Je ne sais pas ce qui est passé par la tête des Frères Hugues en faisant le livre d’Eli, mais à force de mélanger toutes les influences et de noyer le tout dans un délire postévangéliste, ils ont fini par perdre l’esprit…et pas qu’un peu. Au final sans la présence de Gary Oldman et Denzel Washinghton, ce film serait vu pour ce qu’il est vraiment…un gros pétard mouillé salement pompeux et cachant les carences de son script sous une avalanche de ralentis et poses badass d’un Denzel Washington que l’on a connu plus judicieux dans son choix de rôle.

Évangéliser et ouvrir l’esprit du spectateur sur la présence du divin dans notre vie et son importance…le tout au milieu de quelques gunfights et décapitations. Est-ce que la chose avait ne serait-ce qu’un mince espoir d’être pris au sérieux ? Je ne sais pas, mais dès l’intro du film avec Denzel Washington écoutant son ipod avec un casque Beat by dre et se lavant avec des rince-doigts du KFC j’ai su que quelque chose ne tournait pas rond. La suite n’a malheureusement fait que me donner raison. Le livre d’Eli est un film sur un vagabond qui tout comme le spectateur court après un idéal, dans notre cas, celui de voir le bout de l’aventure et accessoirement la silhouette d’un vrai script. Dans le cas du héros de comprendre pourquoi, il marche depuis 30 ans avec un livre que tout le monde veut…La fin n’en est que plus ridicule, tellement elle imprime dans notre cerveau un grand « Mais pourquoi tu ne l’as pas fait avant, et ce, depuis 30 ans bougre d’idiot ? »

La question finale que l’on se pose est l’intérêt global de la chose. Le livre d’Eli au final est un produit bicéphale et surtout diablement bâtard tentant de plaire aux amateurs de spectacles bourrins et bien souvent vide de sens et aux autres fans de mysticisme en carton mode Matrix 3. Le film se perd en route et n’arrive jamais à avoir une quelconque cohésion, pire encore du coup, il passe d’emblée à côté d’une possible empathie pour les personnages. Je ne parle même pas d’un quelconque développement intéressant. Ce dernier s’opère au travers de tant de passages clichés qu’au final la moindre étincelle d’intérêts disparaît en moins de temps qu’il n’en faut pour dire Hocus Pocus. Exercice de style assez cliché en terme de réalisation ( les beaux plans n’ayant pas le socle d’un scénario puissant pour reposer finissent par lasser…)  ou bien le ridicule des situations ou juste le manque d’en train de Denzel Washinghton qui nous fait un peu son Stevean Seagal Black ici…le film à imploser en cours de route pour ne plus jamais s’en remettre. C’est dommage, car le potentiel était là. Mais il fallait choisir, grand spectacle digne d’un blockbuster ou film d’auteur hybride mélangeant avec fureur les codes pour mieux inventer une nouvelle espèce ? Le livre d’Eli ne prend jamais de décisions et se perd en route échouant dans un domaine comme dans l’autre. C’est triste et vide de sens. Un Ovni salement soporifique.

You Might Also Like

No Comments

Leave a Reply