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[Critique] Le Juge -Robert Downey Jr- Critique du film

Fils de magistrat, Hank Palmer, grand avocat, revient dans la petite ville de son enfance, où son père, qu’il n’a pas revu depuis longtemps, est soupçonné de meurtre. Il décide alors de mener l’enquête pour découvrir la vérité et, chemin faisant, renoue avec sa famille avec laquelle il avait pris ses distances …

Robert Downey jr a un super pouvoir: celui de l’overdose de charisme. Quoi qu’il fasse et quelques soit les faiblesses fortes ou passagères d’un script, on se laisse avoir par son petit air de connard sympathique. Il sait y faire et une fois de plus la magie prend dans “Le juge”. Ce film d’une certaine façon est tout comme le fut à l’époque Big Fish de Tim Burton, un film de garçon, un film qui développe son tissu émotionnel sur la relation émotionnelle et conflictuelle qu’un garçon peut entretenir ou non avec son père. Tim Burton l’avait fait avec une fantaisie assez folle dans Big Fish, Le juge prend l’option d’être plus terre-à-terre et rugueux. À la fois film de procès et drama efficace, mais conventionnel par de nombreux points, le film de David Dobkin donne surtout l’occasion à Robert Downey jr de faire un formidable numéro d’acteur face à Robert Duvall. Deux légendes pris dans les filets d’une histoire assez simple, mais qui en bout de course fonctionne. Peut-être surtout de par la résonnance que l’histoire du personnage principal peut avoir dans la vraie vie avec celle de Robert Downey Jr. Apprendre à faire la paix avec son passée pour aller de l’avant. Le message est simple, le résultat tout autant. Inutile pour autant de bouder son plaisir malgré les quelques défauts qui émaillent le parcours.

The-Judge-Robert-Downey-Jr._Robert-Duvall

Le vrai problème du film “ Le Juge” tient dans son rythme. Naviguant sans cesse entre haut et bas, le film manque parfois d’homogénéité dans son tempo. Que ce soit voulu ou non, les changements de vitesse ne se font pas toujours forcément en faveur de l’histoire. Le vrai coeur du film réside dans la partie drama et non dans la partie judiciaire qui est certes importante, mais pas forcément majeure. Mais là où cette dernière présente des passages drôles et tendus, l’autre axe s’enlise un peu. Les relations entre les 3 frères ne vont jamais forcément au bout des choses et pourtant quand arrive le dernier acte du film, on se rend compte de l’importance qu’elles ont dans les éléments ayant conduits a la séparation père fils. Le juge est parfois trop large dans ses ambitions dramatiques et n’arrive pas à couvrir tous les fronts. En résulte une certaine forme de débordements. C’est un peu le syndrome Christophe Gans dans le pacte des loups, à force d’en vouloir trop on passe à côté de certaines choses et d’une certaine façon c’est dommage. Car, encore une fois je le répète, “Le juge” est loin d’être désagréable. Robert Duvall loin de se laisser “avoir” par son âge tient tête avec talent au cabotinage excentrique de Robert Downey Jr. La connexion entre les deux est crédible et cela renforce l’adhésion du spectateur à cette histoire. Même si malheureusement, les personnages secondaires en font un peu les frais et c’est sur ce point précis que quelques coupes auraient surement pu avoir lieu.

En se recentrant sur le père, le fils et le personnage de Verra Farmiga, Le juge aurait gagné en densité. Les deux frères de Robert Downey jr dans le film donnent parfois l’impression d’être de la garniture dont ni le scénariste, ni le réalisateur ne savent bien quoi faire. Robert Downey Jr a beau sauter d’un front à l’autre pour éteindre l’incendie, celui-ci réussit quand même parfois à emporter certains espoirs de succès. Le juge bien qu’étant à première vue un film de “procès”, fait en sorte d’éviter les clichés inhérents à ce genre. On passe assez peu de temps dans la salle de procès ( un peu, mais moins que dans une adaptation d’un John Grisham) et l’on ne perd jamais de vue le noeud de l’histoire ( enfin presque…) la relation père/fils. Drame humain sur fond de procédure, Le juge offre une parenthèse bien venue dans la carrière de Robert Downey Jr. Certes toujours aussi cabotin et charmeur, il montre dans ce film, une facette plus touchante de sa personalité. Loin de l’image du clown complet qu’il arbore souvent, Le juge est un exercice de style à la croisée des chemins pour lui. Imparfait, souvent drôle, parfois un peu loing, mais jamais vraiment déplaisant, Le Juge est un petit plaisir sans conséquences graves qui vaut surtout par l’énergie débordante que met Robert Downey Jr dans l’entreprise. À voir.

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