Critiques de films

[Critique] Le casse de Central Park- Brett Ratner – Critique du film

Quand les employés d’une résidence de luxe en bordure de Central Park découvrent que le milliardaire occupant le penthouse n’est autre qu’un escroc qui les a spoliés de leur retraite, ils fomentent leur vengeance : un casse qui leur permettra de récupérer leur dû. Natif du Queens, Josh Kovaks gère depuis plus de 10 ans un des gratte-ciels les plus luxueux et sécurisés de New York, et rien n’échappe jamais à son œil de lynx. Au sommet de la copropriété, dans l’unité d’habitation la plus somptueuse, réside Arthur Shaw, un magnat de Wall Street qui se retrouve soudain assigné à résidence pour avoir usurpé 2 milliards de dollars à ses actionnaires. Parmi ceux qu’il a mis sur la paille : les employés de la résidence dont il était censé faire fructifier les fonds de retraite.Avec quelques jours seulement pour réparer l’injustice, Josh et ses compères se tournent vers Slide, une fripouille à la petite semaine qui va les aider à réaliser l’impossible : dérober le butin précieusement gardé dans l’appartement hyper sécurisé de Shaw au nez et à la barbe de l’équipe du FBI, sous les ordres de l’intraitable agent Claire Denham, qui surveille tous les faits et gestes du requin de Wall Street. Nos cambrioleurs improvisés, parmi eux Charlie, le concierge hyper nerveux ; M. Fitzhugh, le courtier déchu ; Dev’Reaux, le liftier novice et Odessa, la femme de ménage belliqueuse, jouissent néanmoins d’un atout majeur : ils connaissent le bâtiment de fond en comble. Sans jamais s’en être rendu compte, ils repèrent les lieux du crime depuis des années.

Un film de Brett Ratner part d’emblée avec un déficit de sympathie majeur. En effet le bonhomme est jugé par beaucoup, comme un réalisateur plus proche du yes man qu’autre chose. Malheureusement la plupart de ses comédies ou tentatives dans d’autres genres ont été comme des preuves cinglantes de ce que beaucoup considèrent comme acquis. Oui Ratner n’est pas le plus grand réalisateur du monde dans son domaine et malheureusement, le casse de Central Park est là pour une fois de plus encore enfoncer le clou. Tout n’est pas affreux, loin de là, le casting des premiers au second rôles est honorable et fait preuve d’une alchimie assez agréable, mais ce qui bloque est que lorsque l’on à deux talents comiques comme Ben Stiller et Eddie Murphy côte à côte et que tout ce que l’on peut en tirer reste des petits rires polies  au mieux de façon diffuses, il y a un problème. Ce dernier réside dans un script qui tente d’être un peu trop de choses à la fois, mélange entre Ocean 12 et un sous texte sociale digne de Capra avec le petit peuple se révoltant contre le grand capitale, le film à du mal à trouver un équilibre concret. Le hic est que même si l’ensemble est sympathique, sans vraiment pour autant dépasser le stade du téléfilm de luxe, on ne retrouve pas la folie douce du film de Soderbergh par exemple. Le casting est là, mais manque la folie, le script et surtout la patte d’un vrai réalisateur.

S’éloignant un peu des comédies bateaux de la saga Rush Hour le film tente de se donner du sens et un peu de fond, ce à quoi il arrive parfois brièvement pour voir aussitôt les minces espoirs se dissoudre sous nos yeux. Pris au premier degré le film dépasse rarement le stade du banal, un stade où la carrière de Brett Ratner semble s’enliser. Incapable de vraiment se renouveler ou juste sortir du lot au travers d’un coup d’éclats, il est dommage de voir que désormais le gros de la carrière de ce réalisateur se fait plus au travers de ses faits d’armes dans les Tabloids. Ni bon, ni mauvais, Le casse de Central Park est une occasion manqué pour Ratner de revenir sur le devant de la scène, ou d’y entrer dirons certains. Un film au final assez dispensable. Dommage, tout était là pour que le contraire se produise…

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