Critiques de films

[Critique] La vérité si je mens 3- Thomas Gilou- Critique du film

Il était une fois où le cinéma populaire avait encore conscience de son statut et faisait ce qu’il fallait pour se parer d’atouts qualitatifs suffisant pour satisfaire le spectateur. Puis avec le temps, il y eu l’apparition de variations dans les différents aspects de la comédie au cinéma. Certains scientifiques fous de la création se montrèrent capables de maîtriser ces variations et d’autres n’eurent jamais cette chance. La mutation créative que cela entraîna dans le paysage du divertissement aboutit a la naissance d’une frange de comédie dissidente, se cachant dans les recoins de l’humour facile et prenant les habits du film communautaire ou tant d’autres variations. La vérité si je mens 3 est un film se voulant drôle, spirituelle et capable de nous montrer les coulisses de la vie de la communauté Juive du sentier ( ok je déconne). Enfin tout cela aurait du être le cas dans le meilleur des mondes, car au final, la vérité si je mens 3 n’est rien d’autre qu’un Ocean 12 du pauvre en provenance du sentier, doublé d’un film cliché et à l’humour bas de plafond vaguement raciste. Le chinois étant devenu le nouvel ennemi commun de tous les humoristes de stand-up ou soi-disant humoriste de la nouvelle génération, la vérité si je mens 3 prend la décision de se ranger dans la ligne de conduite de ces derniers et accouche d’un pétard mouillé tirant les pires ficelles de la comédie bas de gamme.

Le film communautaire est à mes yeux une aberration dont rare sont les cinéastes arrivant à en tirer quelques choses de bien. On tombe dans une sorte de problème sans fin, comment faire rire vraiment quand la seule chose que l’on met sur la table sont des clichés, un humour sentant la naphtaline, voir parfois un racisme basique caché sous couvert de « Mais non c’est drôle enfin… ». La vérité si je mens 3 est consternant de par son manque d’ambition scénaristique, humoristique et tout simplement le mépris qu’il affiche face à son public. Se moquer dans le bon sens d’une communauté tout en énonçant des choses réelles dites avec humour demande beaucoup de talents. Hors ici, le film ne vaut jamais guère mieux que ces comédies italiennes bas de gamme des années 70 ou une certaine forme de racisme ordinaire, de médiocrité voir de fainéantise artistique. Basé sur une structure scénaristique en grande partie identique aux autres épisodes, le film ne fait quasiment pas le moindre effort pour surprendre. Cas typique de la comédie pleine de paresse, la vérité si je mens 3 me laisse pantois devant un tel déballage de je-m’en-foutisme.

Mais le pire dans l’ensemble est ce que l’ensemble véhicule à plusieurs niveaux. Puant sur le fond, navrant sur la forme, le film se fait passer au travers d’un plan de communication assez douteux pour un film « populaire et profond » qu’il n’est pas un seul instant. Jose Garcia très bon acteur au demeurant  donne ici naissance à la pire caricature qui soit de De Funes dans ce qu’il aurait pu avoir de pire. Bruno Solo cachetonne, Vincent Elbaz fait le beau et le reste du casting affiche une certaine non-implication affolante. L’avalanche de caméos ne servant strictement à rien démontre encore plus que le film ne cherche qu’a comblé son surplus de brassage d’air en balançant à l’écran Michel Cimes, Cyrille Hannouna, Max Boublil et Enrico Macias dans des rôles aussi vide que le scénario du film. La palme d’or du jeu d’acteur en fin de course revenant à Richard Anconina. Il donne l’impression de nous laisser voir pendant la durée du film, la longue et douloureuse agonie d’un acteur qui autrefois avait encore une carrière. Je n’ai pas de soucis avec le cinéma populaire. Mais là où certains auteurs arrivent à jouer avec le second degré et la parodie avec intelligence les nombreux scénaristes de la vérité si je mens 3 ne font même pas l’effort d’essayer. Médiocre du début à la fin et doté de quelques rares bonnes blagues (présentes dans la bande-annonce), ce film est à l’image de ce que l’on attendait. Médiocre. Le gros hic est que l’on essaye par tous les moyens possibles de faire croire que la merde sent la rose… Tout cela dans l’espoir de protéger les entrées du film en salle. Cinéma populaire repose en paix « Intouchables » n’était qu’un soubresaut de fin de vie. La vérité si je mens 3 est bien ton faire-part…

No Comments

Leave a Reply