Critiques de films

[Critique] La source des femmes- Radu Mihaileanu- Critique du film

Synopsis : Cela se passe de nos jours dans un petit village, quelque part entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l’eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce, depuis la nuit des temps. Leila, jeune mariée, propose aux femmes de faire la grève de l’amour : plus de câlins, plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village. Alors que le Concert m’avait plu et fait avoir une entrée en matière sympathique dans l’univers de Radu Mihaileanu j’attendais beaucoup voir peut-être un peu trop de ce second film et malheureusement ce fut le cas. La source des femmes dans ses intentions n’est pas plus mauvais qu’un autre film. Le postulat de départ sur l’émancipation des femmes dans une société leur niant les droits les plus basiques est valable. C’est plus au niveau de la mise en œuvre des moyens de faire passer ce message que le film se heurte à un mur. Un bon casting n’est rien quand il est mis en équipe avec un scénario abusant d’une certaine forme de manichéisme, ne sachant jamais vraiment sur quel pied danser et d’une réalisation au final pas très inspirée.

Si l’on ajoute à cela le fait que le rythme du scénario n’est pas non plus son point fort, on se retrouve alors avec une caravane dont l’excès de poids handicape la fluidité de déroulement. C’est du coup l’intégralité du film qui en pâtît. Oui, les actrices impriment une certaine joie de vivre et par moments quelques passages d’émotions, mais le scénario essaye tellement de nous enfoncer cette dernière profondément dans la gorge en passant que l’on fait la plupart du temps un rejet. Jouer sur le terrain de l’Islam et de ses excès est dangereux si l’on ne possède pas un peu de recul et ici Radu Mihaileanu se prend un peu les pieds dans le tapis en dressant d’un côté comme de l’autre un portrait assez caricatural de la situation opposant les deux partis en présence. Les femmes sont les opprimées « tragédiennes » et les hommes « les salauds ». Même si dans le fond la véracité du sentiment et constat que Radu Mihaileanu essaye de défendre est palpable, il noie cette dernière dans un torrent de caricatures qui finissent par rendre l’ensemble caduc, peu crédible et surtout horriblement long. Le tout pour finir de façon assez dégonflée par une scène d’une niaiserie absolue et un épilogue nous laissant nous dire «  tout cela pour ça ? ». Oui l’impression de voir un scénariste/réalisateur ne sachant pas comment boucler correctement son histoire est tenace.

Radu Mihaileanu disposait d’un sujet pas plus mauvais qu’un autre et qui aurait mérité d’être mis en scène avec plus de justesse dans le mélange des genres. Passant d’un extrême à l’autre et en s’appuyant sur des personnages parfois très caricaturaux, le film se prive d’un capital émotion assez certain. On ne s’accroche jamais vraiment aux différents personnages qui sont devant nous. Puisant leur « force » dans les entrailles d’un script parfois un peu trop château branlant pour inspirer la confiance, la source des femmes manque le coche de la qualité et s’échoue sur les rives du film tristement bâtard. Il y a du bon par moment, des bribes d’espoirs laissant penser que dans les mains d’un autre le film aurait pu être bien meilleur. Mais jamais assez pour nous redonner l’espoir au sein de ces très longues deux heures au pied de la source. Reste quelques moments sympathiques avec des actrices se donnant à 100% pour défendre un film et une cause. Cela ne suffit pas pour autant à leur donner raison. La source des femmes se tarit très vite et cet assèchement de notre intérêt résonne comme un constat d’échec face au travail de Radu Mihaileanu. Dommage, j’espérais vraiment une belle surprise, ce ne fut pas le cas.

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