Critiques de films

[Critique] La reine des neiges- Chris Buck- Critique

Anna, une jeune fille aussi audacieuse qu’optimiste, se lance dans un incroyable voyage en compagnie de Kristoff, un montagnard expérimenté, et de son fidèle renne, Sven à la recherche de sa sœur, Elsa, la Reine des Neiges qui a plongé le royaume d’Arendelle dans un hiver éternel…  En chemin, ils vont rencontrer de mystérieux trolls et un drôle de bonhomme de neige nommé Olaf, braver les conditions extrêmes des sommets escarpés et glacés, et affronter la magie qui les guette à chaque pas.

Ces dernières années n’ont pas été toujours très clémentes avec Disney, alternant le moyen avec le sans âme, il n’a pas fallu attendre longtemps pour que la compagnie de la souris en terme de créativité se fasse distancer par la concurrence. Un constat dommage quand on connaît le passif de vendeur de rêves de Mickey. La reine des neiges est-elle le nouveau personnage qui va changer la donne ? La réponse est malheureusement en partie non. La faute a un ciblage clairement enfantin et sans le deuxième niveau de lecture pouvant rendre les Pixar d’antan si magiques ou tant d’autres films des studios adverses. Oui « La reine des neiges » est prévisible, assourdissant par son avalanche de morceaux musicaux manquant parfois de magie et étrangement désagréable en terme d’animations le tout avec une intermittence frôlant l’horlogerie suisse. La première chose frappant l’œil est justement ce character design si particulier. Les personnages aux grands yeux et à l’apparence faussement humaine font partie du cahier des charges de beaucoup des derniers Disney, mais la plupart du temps l’alchimie entre le personnage et le décor permettait une fusion créant la cohérence. On regardait la chose avec un œil neutre et l’on se laissait emporter. Frozen navigue entre deux eaux. Celle du franchement bizarre en terme de qualité pour un tel studio et du presque beau sans pour autant jamais émerveiller. En terme de comparaisons, Dragons (Dreamworks) navigue dans les mêmes eaux artistiques et explose le film de Disney à tous les niveaux. Cela ne rend pas l’aventure insuppportable, mais crée une nuisance intellectuelle qui déconnecte un peu du reste du récit.

Ce dernier d’ailleurs à bien du mal à étonner, en beaucoup de points, la dynamique entre les personnages et les sidekicks ramène vers celle de Raiponce du même studio, mais en moins bien. L’effet de surprise n’étant plus là, on regarde la chose d’un œil distant. On ne s’ennuie pas à mourir, mais la magie a du mal à prendre. L’humour sauve le tout d’un naufrage sans précédent en terme d’émotions, mais pas assez pour faire oublier les faiblesses du film. Visant exclusivement un public enfantin ou ado, le film s’adapte en terme de musiques. Là où les anciens Disney avaient une véritable classe monumentale dans la façon d’intégrer dans l’histoire et surtout créer ses numéros musicaux, ici la chose bat de l’aile. La plupart de ces derniers donnent l’impression ( souvent désagréable) d’être calibré comme des tubes de Taylor Swift ou toute autre reine de la pop pour ados, c’est déstabilisant et coule l’ensemble dans le moule d’un formatage commercial qui risque de faire sortir de l’histoire encore plus les rares adultes accompagnant. Disney livrait avant bien souvent une œuvre artistique, mais depuis quelque temps la désagréable impression persistante est qu’il offre au public un simple produit. Comprenez que la finition de ce film tient la route du moment que l’on ne s’y attarde pas de trop près.

C’est lors de ce genre de rapprochements que les recyclages ou raccourcis très basiques que le film peut prendre vont se voir encore plus. L’enfant passera à côté et n’y fera pas attention, l’adulte risque de tiquer un peu plus. Une attitude que Disney peine à corriger, mais qui agace quand on remet en perspective le travail accompli par exemple sur un court comme Paperman ou Pixar avec The Blue Umbrella. La maison Disney fait cohabiter ses deux entités et n’utilise pas toujours la matière grise des deux camps à plein régime pour ses longs. C’est d’autant plus frustrant quand on voit la qualité des courts métrages. La reine des neiges n’est pas un mauvais film, il lui manque juste la finition technique et surtout la folie narratrice pour vraiment surprendre. Cela plaira sans nul doute aux enfants, mais c’est tout. Dommage.

"FROZEN" (Top to Bottom) KRISTOFF and SVEN ©2013 Disney. All Rights Reserved.

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