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[Critique] la planète des singes : l’affrontement- Matt Reeves

Une nation de plus en plus nombreuse de singes évolués, dirigée par César, est menacée par un groupe d’humains qui a survécu au virus dévastateur qui s’est répandu dix ans plus tôt. Ils parviennent à une trêve fragile, mais de courte durée : les deux camps sont sur le point de se livrer une guerre qui décidera de l’espèce dominante sur Terre.

La planète des singes est un classique, la saga cinéma qui en découla marqua elle aussi l’histoire. Le reboot de Tim Burton se perdit en chemin, jusqu’à ce que la Fox appuie à nouveau sur le bouton du recommencement pour accoucher d’une nouvelle mouture de la dite planète des singes. Résultat des courses, le bond en avant de la technologie aidant fortement, la planète des singes : les origines fut une belle claque sur le fond comme sur la forme sublime. Mais ce n’est rien en comparaison de celle prise par le spectateur en découvrant « la planète des singes : l’affrontement ». Continuation parfaite de l’histoire sur le plan de l’évolution de la société des singes, le film réussit aussi à offrir au cinéma une véritable avancée technologique dans le domaine des acteurs de synthèses. Domaine hautement casse-gueule, le film n’oublie jamais que synthèse ne veut pas forcément dire « sans émotions ». L’humanité qui se dégage de ces singes est le pilier central de l’histoire. Aussi bien dans le bon que le mauvais, ils sont un miroir primitif et bestiales de notre propre civilisation. Ce qui finit de rendre le choc encore plus dévastateur et en même temps inévitable.

Matt Reeves prend au sein de son film, le parti pris artistique de justement prendre son temps. Celui nécessaire pour humaniser les membres de cette civilisation naissante. Les singes qui la composent et Cesar en premier se tiennent à distance des humains, mais ce n’est pas pour autant qu’ils n’en possèdent pas les travers. La jalousie, la paranoïa, la volonté de vengeance, mais surtout la facilité à la violence. Sous couvert de protections de son peuple, chacun des leaders se livre a ce que l’on pourrait purement qualifier de crime de guerre. Et c’est dans ses excès et abus que se joue une partie du film. Matt Reeves en donnant vie a un univers en construction crédible du côté du peuple singe et un autre luttant tant bien que mal pour survivre laisse le spectateur dans un grand moment d’indécision, vers quel quand aller ? La boussole et le compas moral qui d’habitude nous guident se retrouvent en déroute tant les deux peuples se font échos. La montée en puissance des antagonismes ne trouve sa résolution tant attendue que dans le sang qui s’écoule le long du 3e acte. Pessimiste en diable, le film est une transition habile dans le cadre de la saga qui se dessine. Car même si le sang coule, les morts se succèdent et que les deux peuples se rendent compte de l’impossibilité de cohabiter, tout cela n’est rien face à ce qui se profile à l’horizon.

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Matt Reeves établit avec la planète des singes : l’affrontement, la fortification des bases d’un univers apocalyptique en devenir. C’est la fatalité qui suinte de chaque once du film qui le rend à la fois aussi dramatique que cruellement poétique. Le bond en avant de la technologie aide aussi énormément à renforcer l’implication du spectateur dans l’histoire. Le fat que jamais auparavant, l’image de synthèse n’a pu permettre d’offrir un tel degré de réalisme projette le spectateur vers quelque chose de totalement novateur. La narration se retrouve du coup libéré de toutes contraintes. L’imagination n’a plus de limites et la perception du spectateur se retrouve chamboulée. Prise dans une obligation au final assez basique, celle de faire un reboot et d’assimiler les nouveaux codes de l’image. Oui, toucher du doigt l’imaginaire n’est plus une frontière impossible. La planète des singes : l’affrontement en terme technique marque un nouveau palier dans le domaine du cinéma, reste à voir ce que les cinéastes feront après cela. Matt Reeves en tout cas s’affiche définitivement comme un réalisateur sur qui il faudra garder l’oeil et pas qu’un d’ailleurs…

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