Critiques de films

[Critique] La Marque des anges – Miserere- Sylvain White- Critique du film

A Paris, Lionel Kasdan, commissaire de la BRI à la retraite, enquête sur un meurtre étrange : un chef de chœur a été retrouvé mort dans sa paroisse, les tympans détruits, sans qu’aucun témoin n’ait apparemment assisté à la scène. De son côté, Frank Salek, un agent d’Interpol menacé d’être mis à pied par ses supérieurs à cause de son comportement excessif, traque la piste d’une organisation secrète, spécialisée dans le kidnapping d’enfants. Lorsque Salek apprend la mort du chef de chœur, il pense avoir établi un lien avec sa propre enquête et accepte de faire équipe avec Kasdan. Mais plus l’enquête avance, plus Salek semble perdre pied, comme rattrapé par un secret jusque-là enfoui. Dès lors, les deux hommes vont plonger dans une affaire qui trouve sa source dans les heures les plus sombres de la Seconde Guerre mondiale…

Les romans de Jean Christophe Grangé sont une catégorie bien à part dans l’univers des adaptations cinéma. Ils viennent à l’origine de romans pour la plupart bons qui sous la plume de leur auteur d’origine ont eu la malchance de devenir des purges à l’écran. C’est un fait, Grangé est un bon romancier et un piètre scénariste. Mais cette fois-ci impossible de blamer Grangé pour l’adaptation calamiteuse vu qu’elle incombe a Sylvain White réalisateur du film qui d’un coup de baguette magique réussit à tuer le roman en le retranscrivant sans fougue dans un scénario miteux, mais surtout en le mettant en image, comme un vulgaire téléfilm allemand singeant des productions américaines. Oui, inutile de mentir, « Miserere » est un accident industriel où il n’y a rien à sauver. De par sa façon d’être en comparaison du livre d’origine et de sa noirceur, le film marche dans son ombre sans jamais faire l’effort d’accéder à un petit bout de lumière. Du casting complètement à côté de la plaque, de la réalisation sans cohérence de ton, de fond et de style en passant par l’impression horrible que les acteurs conscient de la catastrophe errent en pilote automatique, il faut bien reconnaître que l’on comprend pourquoi Grangé n’a pas mis son nom sur ce projet pour le scénario. C’est de loin et de près d’ailleurs, l’insulte la plus parfaite existante envers son œuvre.

Les romans de Jean Christophe Grangé suivent souvent la même structure, deux enquêtes se recoupant au bout d’un instant. Le tout servi par deux personnes aux caractères sans rapports qui finissent par faire alliance pour explorer leur démons et survivre à l’enquête. Etude de caractère forte balayant au fil des pages les ténébres de ses héros, Grangé captive le lecteur avec des personnages solides pour ce genre d’histoire. Ici nous avons un fantôme dans le cas de Depardieu et une caricature dans le cadre de Joey Starr. Sentiment encore plus appuyé par le côté toc et les horribles effets de styles excité pour Starr ou passeiste et plan plan pour Depardieu. Sylvain White n’imprime aucune unité à son film et au final ce dernier donne l’impression d’être une masse proteiforme d’idées hurlant à haute voix pour qu’on l’abatte. C’est triste et un peu consternant quand on voit que le matériel de base n’est pas mauvais du tout et offrait la possibilité de faire quelque chose de véritablement noir. Mais, il n’en sera jamais rien et l’on voyage au bout de la nuit avec ces deux flics en machouillant du Doliprane. Le réalisateur désireux de faire peur, se prend les pieds dans le tapis en incluant des séquences avec les enfants faites dans l’optique de créer une tension ou peur palpable, mais encore aurait-il fallu pour cela que le scénario tienne la route dès le départ. Malheureusement et là encore sur ce point le château de carte s’écroule sur lui-même.

Les histoires de Grangé ont besoin de reposer sur la véracité des failles habitant les deux personnages principaux et dans le cadre d’une adaptation, il faut que ces dits acteurs offrent quelques chose d’émotionnel aux spectateurs. Abattus en plein vol par la pauvreté du développement du scénario, Depardieu et Starr s’enfoncent lentement dans le ridicule le plus complet avec ce qu’il leur reste pour « faire les acteurs ». Un constat triste quand on sait ce que valent ces deux monsieur quand ils ont un véritable scénario comme support. Scénario pour l’échaffaud… la sentence finit par tomber et la qualité s’effondre aussi vite que l’attention du spectateur. Dans l’univers des films de Grangé, La Marque des anges – Miserere est sans nul doute le plus calamiteux du lot. Il n’y a pas une seule chose à sauver. C’est aussi magnifique que totalement déstabilisant. Un véritable ratage biblique. A éviter.

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