Critiques de films

[Critique] La malédiction de Chucky- Don Mancini- Critique du film

Quand on parle de Chucky, l’idée même de revoir dans sa tête cette poupée serial killer aura de quoi faire rire. Il s’agit en effet d’une autre époque du cinéma d’horreur. Celle où la créativité et les bouts de ficelles flirtaient allègrement avec le ridicule. Cela a ouvert la voie à un genre particulier sur lequel s’est construite la cinéphilie déviante de toute une génération. La mienne s’inclut dans le lot. Donc oui, à l’époque, Chucky premier du nom m’avait fait rire. Je n’ai jamais vu l’innombrable paquet de suite arrivant après, mais je gardais un souvenir sympathique de ce film. C’est donc avec une certaine curiosité que j’ai vu arriver du coin de l’oeil cette remise à jour du mythe par son créateur. Au final, il ne s’agit pas véritablement de reboot, mais bel et bien d’une sorte de suite et en quelque sorte de prequelle explicative. Ce qui plombe un peu le final du film en le transformant en un objet de fan service aussi ridicule que poussif. Oui le mot est lancé pour venir s’écraser en plein milieu de vos visages attendris « ridicule », car ce qui avait un charme à l’époque avec ces effets en animatroniques et ce côté « cheap » ne fonctionne plus aujourd’hui. Certes, la nouvelle poupée de Chucky garde l’esprit d’antan, mais le ridicule tolérable de l’époque ne fonctionne plus. Pire encore, on peut clairement dire qu’il tue tout sur son passage. Des zygomatiques du spectateur jusqu’au personnage du film en passant par l’intérêt de ce dernier.

J’entends déjà venir l’argument du film de vidéo club et le fait qu’il ne faut pas trop le prendre au sérieux. Certes, mais comment appliquer cela à un film qui à tous les niveaux tente de créer un effet de peur, de tensions, de suspens et de lien avec le passé historique de la saga et qui se plante à chaque fois. Non ce nouveau Chucky n’est pas intolérable, il est juste un vestige du passé qui en terme de mise en scène n’a pas évolué d’un iota. Les standards ne sont plus les mêmes, les attentes du public et ses connaissances non plus. Il devient dans ce domaine en particulier excessivement difficile de se réinventer ou de surprendre. L’overdose de gore n’est qu’un cache-misère artistique dans la plupart de ces productions et encore ici ce n’est pas vraiment le cas niveau hémoglobine. Le scénariste préférant sombrer dans d’autres clichés ( scène lesbienne, meurtre à coup de chaises roulantes, hache dans la jambe d’une paralysée qui ne sent rien et du coup assomme son agresseur à coup de chaise… ) Oui le film se moque de sa crédibilité. Mais l’ennui est qu’il le fait sans avoir le talent nécessaire d’afficher une certaine forme de distance. On est en face d’un film se prenant un tout petit peu au premier degré assez souvent ( trop) et se rendant compte trop tard qu’il faut balancer une vanne pour désamorcer et ne pas passer pour un idiot. Malheureusement, il est déjà bien souvent trop tard.

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Avare en sang, cheap en humour, généreux en clichés, le film a un véritable problème de dosage. Le final réutilisant en grande partie des images du 1er (dans une narration en flash-back beaucoup trop tardive pour être effective), enquille les mauvaises idées. Le jeu très aléatoire des acteurs finit clairement de rendre l’expérience pour le moins chaotique. Monstre sacré du passé, Chucky ressort aujourd’hui du placard en ayant perdu de sa splendeur. Prisonnier du domaine du direct to video et ne faisant à vrai dire pas grand-chose pour s’en échapper, il est bizarre de voir que le coup de grâce à la carrière de ce serial killer vient directement…de son propre créateur. Divertissant (et encore) si l’on décide de regarder le film avec une main dans le paquet de chips et l’autre tenant une bière, le métrage de Don Mancini devient par contre totalement risible dès que l’on enclenche un poil de sens critique. Du coup, on en vient à se dire qu’il y a des serials killer mythiques qu’il ne faut pas ressortir du placard.Ou de sa boite dans le cas de Chucky. Totalement inutile en bout de course.

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