Critiques de films Films français

[Critique] La french- Cedric Jimenez- Critique du film

Que se passe-t-il quand on a devant soit, deux bons acteurs qui s’en donnent à cœur joie, un réalisateur qui aime ses acteurs, son film et son sujet et un tout qui repose sur un scénario solide ? Hein, je vous le demande. La réponse est simple, il se produit un petit miracle.. Polar à l’ancienne, la French donne envie de repenser à des vieux films avec Belmondo ou Ventura. Le duo d’acteurs que forment Gilles Lelouche et Jean Dujardin est le ciment du film. Mais la vraie surprise du lot est bien Gilles Lelouche. Pas que je pensais qu’il soit mauvais, mais avec ce rôle de Gaetan Zampa, il trouve une certaine forme de maturité. La vieillesse lui va bien. Dujardin fils illégitime de Jean Paul Belmondo dans ce film porte l’aura de ce monstre sacré en bandoulière. Mais dans son cas, on connaît son capital de sympathie et sa façon de jongler entre le profond et le drôle. On s’attend à du très bon de sa part et c’est ce qu’il nous offre. Mais encore une fois, ma préférence va à Gilles Lelouche. Dans l’affrontement qui oppose Zampa au juge Michel, Gilles Lelouche et Jean Dujardin m’ont très vite fait penser même si cela fera hurler les puristes à Pacino et de Niro dans Heat. La loi et le chaos qui s’affronte, se poursuivent et au fil de la route nous laissent voir des bouts de ceux qu’ils sont.

PHO136a2b12-73f0-11e4-9411-b5fde02841e8-805x453
Le juge Michel est un aventurier, un junkie du risque accroc à ses idées de grandeur, quitte à ce que cela lui coûte la vie. Imparfait, il est aussi dangereux pour lui-même que pour ses proches de par son comportement. Ce qui d’une certaine façon est identique pour Zampa. Caïd, sans pitié contre ses rivaux, l’homme a un grand sens de la famille. Le genre de ceux qui dans son job n’est pas pour arranger ses affaires. La montée en puissance de l’un et la déchéance de l’autre suite à sa perte de stature ou de proches créent une sorte de caisse de résonnance entre les deux personnages. Ils n’ont pas les mêmes aspirations, mais partagent pourtant bien des failles. C’est l’une des forces du scénario : celle de nuancer les approches. Oui Gilles Lelouche cabotine un peu parfois, oui Jean Dujardin devient un Belmondo plus criant de vérité que l’original dans d’autres. Mais cela n’est pas a imputer a une porte ouverte à la roue libre dans le scénario, non ce dernier est tiré au couteau. Le rythme est son carburant et le spectateur y est gagnant. Pendant français du film la french connection, La french agit comme un presque spin of étendant un peu plus les limites de l’univers du classique américain. On découvre les petites mains, les magouilles et coup de sang le tout avec une approche radicale, mais loin des codes modernes. Belmondo et Ventura auraient eu les rôles et le film aurait été mise en scène par Melville ou un Verneuil que le charme désuet du polar frenchy a l’ancienne n’aurait pas disparu.

La force de « La french » et son scénario est que là où tant d’autres réalisateurs singe les codes du cinéma de genre US, Cedric Jimenez lui se nourrit de ce qui a fait l’histoire du genre en France. C’est un temps révolu où la qualité ne dépendait pas forcément du budget, mais bien de la vision qu’avait le réalisateur, la confiance sans failles du producteur et du scénario a qui donnait vie les acteurs. La french c’est un peu tout cela. À la fois drôle, humain dans la façon d’aborder cette lutte entre deux hommes qui par certaines facettes se ressemblent, le film de Cedric Jimenez est un retour en arrière dans le genre. Mais pas de la famille de ceux qui vous laissent pantois devant le ratage. C’est tout le contraire. À la fois ludique et intéressant dans sa façon de librement interprété les faits pour offrir encore plus de poids au drame humain qui se joue, la French est sans nul doute une des très belles réussites de cette fin d’année pour le cinéma français. C’est aussi le coup d’éclat de Gilles Lelouche qui dans la peau de ce parrain mythique vole la vedette à Jean Dujardin, rivalité saine et émulation profitant au film, on sort de là en rêvant de voir à nouveau très vite le duo rejouer soit dans un film de genre ou quelque chose de plus grave, tant La french comment à l’écran comme à la ville, les deux sont comme cul et chemise. Ce pour le pire et le meilleur et dans le cas de la French, on parle bien du meilleur.

No Comments

Leave a Reply