Critiques de films

[Critique] La chute de la maison blanche- Critique du film

Quand le film « La chute de la maison blanche » a fait son apparition sur mes radars, il faut bien reconnaître que la réputation le précédant ( un sous Die Hard à la maison blanche) n’allait pas forcément dans le sens d’un gage de qualité. Puis avec le temps et les premières images apparaissant au gré de la promo sur le web, j’ai pris confiance, me disant que la chose ne pouvait pas être catastrophique. De plus, le fait de voir Antoine Fuqua à la réalisation  avait de quoi au minimum m’assurer d’un certain grand spectacle. Après avoir désormais vu le film, un constat s’impose, celui qu’en fin de compte « La chute de la maison blanche » est bien meilleure que je ne le pensais. Pas de quoi révolutionner l’univers du 7e art certes, mais définitivement de quoi faire passer un excellent moment aux spectateurs s’aventurant dans une salle obscure pour le découvrir.

Comme beaucoup donc j’avais peur de voir un sous Die Hard et un film étalant dès la première occasion un ultra patriotisme puant ou juste ridicule. La chose est qu’au final, Antoine Fuqua choisit de couper la poire en deux, mais réussit à garder une sorte de recul suffisant pour ne pas faire que son film s’écroule de l’intérieur dès le premier tiers. Car là où Die Hard premier du nom avait un côté certes spectaculaire, mais avant tout divertissant par le second degré du héros la chose est différente avec le personnage de Banning ( Gerard Butler) et surtout le choix de tonalité réaliste qu’emprunte le scénario. Certes l’action est là, mais la façon dont elle est utilisée la fait tendre du côté d’un Jack Bauer en mode encore plus sanguinaire que sa version TV. La chute de la maison blanche n’y va pas avec le dos de la cuillère en ce qui concerne la violence et c’est ce qui rend le film aussi « tendu ». L’attaque contre la maison blanche de par sa stratégie et l’impressionnant nombre de cadavres qu’elle provoque, met tout de suite en place une tension qui perdure pendant tout le film. Pas d’espace pour l’humour et les vannes. Le film a bien quelques one liner et refuse de se prendre trop au premier degré, mais les ¾ du temps quand le personnage de Butler fait parler la poudre ou interroge quelqu’un, la chose se fait sans la moindre pitié. Le danger et la mort sont omniprésents. Voir l’équipe de production choisir d’adopter un ton « adulte » dans la façon de dealer avec le malaise de l’attaque et de l’exécution des otages changent la donne. Fuqua connu pour son approche très rentre-dedans de l’action et l’ambiance qui la précède ne fait pas mentir sa réputation. Tant mieux !

Faire un film de ce genre de nos jours est comme marcher sur des œufs mis sur une plaque de verre déjà en mauvaise état. Tout a été fait et l’œil du public sera d’emblée biaisé. En évitant l’humour trop frontal et en gardant au milieu des clichés un sérieux assez salvateur, Antoine Fuqua réussit son pari de survivre à une commande pour le moins casse-gueule. Même si les personnages secondaires comme celui du président ou du vice-président « Aaron Eckhart et Morgan Freeman » pâtissent de passage d’héroïsme obligé pour l’un et de dialogues bâtards pour l’autre », il faut reconnaître que la chose aurait facilement pu devenir un bien plus grand désastre. Pris dans la course au box office et dans l’obligation de sortir le premier avant le film de Roland Emmerich avec Jamie Foxx et Channing Tatum « White house Down » qui arbore le même sujet, le long métrage d’Antoine Fuqua réussit à éviter la casse en assurant le spectacle au-delà du minimum syndical. Gerard Butler en cousin pas si éloigné que cela de Jack Bauer s’avère excessivement convaincant et même presque aussi glaçant que l’original lors d’une scène d’interrogatoire pour le moins…expéditive. La chute de la maison blanche n’est pas forcément le genre de divertissement fait pour cartonner en dehors des frontières de l’oncle Sam, mais si on le prend pour ce qu’il est à savoir un gros film d’action alternant le ridicule et le salement jouissif avec un timing assez bien orchestré, on en vient alors à prendre en bout de course son pied. Ce n’était pas gagné dès le départ et pourtant en prenant l’option Call of Duty en live et sur grand écran, Antoine Fuqua réussit son pari. A votre tour maintenant monsieur Emmerich !

olympus has fallen

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