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[Critique] Kick-Ass 2- Jeff Wadlow – Critique du film

Kick-Ass, Hit Girl et Red Mist sont de retour pour le second volet de l’irrévérencieux pastiche de film de super-héros Kick-Ass 2. L’audace insensée de Kick-Ass a inspiré une pléthore de vengeurs masqués autodidactes, le Colonel Stars & Stripes en tête, auxquels notre héros va s’allier pour patrouiller les rues de la ville et assurer la sécurité générale. Mais quand Red Mist, réincarné en Mother F%&*^r, décide de s’attaquer à ces super-héros amateurs, seuls les sabres acérés de Hit Girl sauront les sauver de la destruction.

Kick Ass 2 est une énigme et surtout une sorte de gigantesque pied de nez à l’intelligence. Chose qui avec le temps a tendance à devenir de plus en plus courant dans le domaine des productions ciblant un public très jeune. En effet Kick Ass 2 oublie le peu de finesse que présentait le premier et cette dernière n’était déjà pas énorme. Mais à sa décharge avec Matthew Vaughn derrière la caméra, le 1er film avait pour lui d’avoir un vrai réalisateur aux manettes. Malheureusement ici, il n’en va pas de même pour Jeff Wadlow qui affiche une sorte de renoncement assez dramatique en terme de mise en scène, se rangeant d’emblée derrière la médiocrité affligeante du script. Oui on peut ouvertement le dire Kick Ass 2 est une véritable catastrophe pensant que vulgarité et ultra violence en cascade suffiront à faire passer la pilule. Le hic est que pas du tout.

Je n’ai pas de problèmes avec l’utilisation de l’ultra violence au cinéma, mais pour autant qu’elle est un minimum de fond et que le tout ne soit pas un simple effet de genre. Kick Ass en ciblant un public ado et en transposant le mythe des super héros sans pouvoirs au monde des teens fait très vite comme la plupart des pitchs de Mark Millar un coup du serpent qui se mord la queue. Filmé comme un téléfilm et écrit comme un délire d’ado venant de lire sa première vingtaine de comics, l’histoire empile les poncifs et ne fait pas le moindre effort pour aller plus loin. Recentrant son histoire sur Hit Girl bien plus que Kick- Ass le film navigue sur un terrain salement glissant. À mi-chemin entre la parodie d’un Gossip Girl quand l’héroïne tente de vivre sa vie normale, et une ultra violence flattant les instincts les plus basiques du spectateur quand cette ado défouraille du gangsters, le film n’affiche aucun message, au contraire, il se moque de ces derniers et les piètine. Manier l’ultra violence et une certaine forme de vulgarité demande du talent d’écriture et de mise en scène voir de directions d’acteurs pour que l’ensemble se fonde dans une « pseudo cohérence », enfin quelque chose qui ne donne pas envie de vomir. Les bases de Kick- Ass et son envie de jeter du sang frais dans le mythe peut se comprendre, mais dès le premier film il était visible que les fondations de l’histoire reposaient sur une boite d’allumettes, le 2 fait mieux en reposant désormais sur de la merde.

Là où le comics allait très loin dans le glauque, le film pris d’une soudaine crise de moral cherche des solutions de traverses pour certaines séquences de meurtres ou viols, rendant d’emblée encore plus idiot l’ensemble. Mais surtout de par ses modifications faites avec l’aval de l’auteur, le studio comme l’artiste ( Millar) démontre bien à quel point, la cible du film est tout simplement prise pour une bande de cons capable de se repaître dans une ultra violence ridicule pour mieux trouver un semblant de plaisir. Génération de l’image en instantané, le public jeune consomme sans réfléchir, Kick-Ass 2 n’est certes pas fait pour réfléchir, mais quand on fait du cinéma, la moindre des politesses envers le spectateur est de faire l’effort de ne pas se foutre de sa gueule. Consternant du début à la fin, n’affichant aucune autre ambition que de faire du fric facile, surfant sur une approche de la violence avec les jeunes qui surtout venant d’Américains s’avère irresponsable de nos jours, Kick Ass 2 fait mieux que de n’être qu’un mauvais film, c’est un véritable cri du cœur au démon de la médiocrité. Difficile de ne pas abonder dans le sens de Jim Carrey qui dès le début de la promotion a pris la décision en son âme et conscience de se désolidariser de ce ratage biblique et profondément irresponsable. Consternant.

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