Critiques de films

[Critique] John Carter – Andrew Stanton – Critique du film

John Carter partait dans mon esprit avec un a priori négatif. J’avoue pour des mauvaises raisons. La plus proéminente était son acteur principal. Je n’ai jamais été fan du monsieur et j’avais peur que le film ne fasse que concrétiser ce que je pensais. La vérité au final est beaucoup plus différente que je ne le pensais. Non John Carter n’est pas le ratage que je pensais. Loin d’être mauvais, le film surprend par son potentiel sur le long terme. Oui une véritable franchise pointe le bout de son nez et même si le film n’est pas forcément novateur dans sa structure, il ouvre la porte à pas ma de choses pour le futur. Le gros problème dans l’inconscient collectif sera que vu l’époque de création de John Carter ( le roman) beaucoup vont passer à côté de l’impact créatif que cette saga aura eu sur une génération d’auteurs et de scénaristes. Du coup l’ombre de cette saga plane sur une tonne de films et d’histoire sans qu’on le sache vraiment. Le résultat est qu’au final le film en pâtit un peu en termes de fraicheur, le gros souci réside dans le scénario qui sans forcément être mauvais ne surprend pas une seule seconde. C’est un fait qui tuera dans l’œuf l’empathie de certains. Mais si comme d’autres vous êtes capable de passer au-delà de ce point noir, vous verrez assez vite que le film a bien plus à offrir qu’il n’y paraît.

Ouvrant la porte à une évidente saga, le film rattrape assez vite ses faiblesses via deux points importants : le soin maniaque  appliqué envers l’univers qui défile devant nos yeux et grâce aux personnages. Certes ce sont des archétypes, mais cela n’empêche qu’à la surprise générale, la mayonnaise prend bien. Le personnage principal de Carter ou celui de la princesse, tout comme ceux des Aliens de la planète Mars, laissent le spectateur avec un léger sourire aux lèvres pendant la projection. L’idée est simple faire du neuf avec du vieux et le réalisateur Andrew Stanton réussit en partie son pari. On regrette un détail majeur pourtant,celui que les scènes de batailles ou d’actions simples manquent parfois de « longueurs ». John Carter subit un problème de rythme. À trop vouloir être dans l’exposition et mettre en place de façon correcte un univers aussi dense, il se prend parfois les pieds dans le tapis en terme de rythme. Ce n’est pas catastrophique, car cela laisse plus de temps aux personnages pour exister, mais cela ne sera pas forcément du goût de tout le monde quand l’action prendra le dessus. Et quand c’est le cas, il faut reconnaître à cette dernière en terme de construction narrative, un défaut, celui de ne jamais forcément sortir des clous. Certes le réalisateur fait ce qu’il faut pour que l’on s’amuse et que le voyage soit agréable, mais si l’on a déjà vu des productions du même type, il sera difficile d’être totalement surpris. C’est le point négatif majeur.

John Carter sonne donc en effet plus comme un long et nécessaire épisode d’exposition. Les enjeux et personnages principaux se retrouvent clairement mis sur le devant de la scène. Disney prend un risque qui au final et avec un peu de recul au bout des 2h20 de films paye. On se retrouve pris dans l’histoire et ces personnages qui sur le papier et lors de bandes-annonces pas forcément brillantes semblaient mauvais, se retrouvent bien plus sympathique que prévu. Mais au de ces considérations narratives le film n’échappe pas à un effet de mode assez exaspérant, l’apport de la 3D. Est-ce que cela sert le film ? Pas une seule seconde. En terme de beauté plastique, le film se suffit à lui-même et la 3D agace plus qu’autre chose par moment. Peut-être qu’un jour les producteurs comprendront qu’au-delà d’une manne potentielle pour amortir les recettes du film, la 3D est souvent tellement inutile à l’écran qu’artistiquement parlant, elle finit par desservir le film. John Carter survit très bien sans. Ne tombez pas dans le panneau. Un film imparfait, parfois un peu trop long, mais diablement sympathique et respectant largement son quota et promesse d’aventures et de grands spectacles. À voir!

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