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[Critique] I’m Still Here- Joaquin Phoenix- Critique du film

Au fond de moi, je n’ai rien contre les impostures ou les canulars à grande échelle au cinéma. Parfois cela s’avère très drôle et divertissant, chose qui se fait de plus en plus rare chez nous. Alors, quand on peut en profiter pourquoi s’en priver. C’est donc pour cela que le film « I’m still here » m’intéressait. Précédé d’une réputation sulfureuse, je voulais voir jusqu’à quel point Joaquin Phoenix et Casey Affleck avait poussé la plaisanterie. Maintenant que j’ai vu le film, je dois bien reconnaître que la déception est à la hauteur de l’attente crée par le projet. I’m still here après un démarrage pourtant prometteur où l’ombre du doute plane encore se vautre dans la plus grande bérézina possible. Laissant du coup le spectateur dans une incompréhension quasi complète où il ne se posera plus qu’une seule question : mais pourquoi ? Je ne fais pas partie des groupies de Joaquin Phoenix, je pense qu’il est un bon acteur, mais qu’a son niveau ou âge, il en existe des bien plus brillants que lui. C’est donc pour cela qu’au final un film aussi narcissique et égocentrique sur le talent et sa performance d’acteur dans cette grosse gaudriole n’avait aucune chance de faire effet sur moi.

I’m Still Here est une énigme. Il part d’emblée avec un point négatif : Joaquin Phoenix lui-même. Pour que le film est eu un impact intéressant, il aurait fallu que l’acteur faisant cette imposture est une vraie carrière derrière lui et un nom assis au panthéon d’Hollywood. Là le doute aurait été concret, on aurait eu ce malaise réel en regardant ce que l’on aurait imaginé comme étant la chute d’une idole. Le problème ici est que le film n’est pas fait pour le grand public, juste pour une frange aimant ce genre de cinéma un peu nombriliste aimant brasser du vent. Dès le départ rien n’est fait pour asseoir le nom de Joaquin Phoenix, Casey Affleck part du point de départ que tout le monde même le spectateur lambda est capable de savoir qui est Joaquin Phoenix. Si ce n’est pas le cas, vous serez donc d’emblée à la porte. S’ajoute aussi à cela qu’au final quel est l’intérêt de la vie de Joaquin Phoenix. On ne nous présente ici qu’un connard, arrogant auto destructeur, ne supportant plus sa vie devant les caméras. Un peu comme si le personnage du dernier film de Sofia Coppola, partait en sucettes. Cela brasse autant de vent et l’indifférence du spectateur reste la même dans les deux cas.

Mais très vite le duo se retrouve pris à son propre piège et là où par intermittence quelques séquences avec Joaquin Phoenix et Pdiddy par exemple éveillent un intérêt le reste sombre très vite dans le ridicule le plus absolu. Le duo semblant combler ses indécisions ou errances de propos par des délires scatologiques, des gros plans de Joaquin se droguant et s’amusant avec des prostitués, ou encore jouant au pervers pathétique sur un site d’escort girl a qu’il promet une soirée mémorable. Très vite le spectateur se retrouve dans une position bizarre, on sait que tout cela est faux, mais l’on ne comprend pas l’intérêt de se donner autant de mal pour nous faire croire que c’est du vrai. Est-ce que Casey Affleck était à l’affût d’un gros coup ? Est-ce que Joaquin Phoenix est aussi désespéré de prouver au plus grand nombre qu’il est un acteur de talent capable de tout faire, même l’impensable ? Je n’en sais rien, tout ce que je vois est que le résultat final fleure bon le ridicule.

N’est pas Sacha Baron Cohen qui veut. L’imposture nécessite un talent monstre. Celui de voir le projet sous différents angles. Casey Affleck trop occupé ici à accumuler les performances de Joaquin Phoenix en roue libre et Phoenix trop libre de toutes contraintes s’enfonce dans un puits de narcissisme malsain. Le film I’m still here est un peu l’histoire d’un réalisateur regardant un acteur fou qui ne l’écoute pas et de ce dernier qui par intermittence tente de crier à l’autre que derrière le masque il existe encore. Le pire dans l’histoire est que le spectateur en est conscient, mais que les deux principaux instigateurs du projet se posent encore la question. En résulte donc un film qui se suicident créativement, narrativement et qui au-delà de tout a manqué de flinguer la carrière de son acteur principal. Tout cela pour quoi au final ? Et bien franchement pas grand-chose. C’est sûrement le plus navrant. Un film totalement dispensable.

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